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L'Usine Agro

[Reportage] A Montpellier, un "Mas Numérique" pour connecter la viticulture

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Reportage Pour imaginer la viticulture de demain, l’école d’ingénieurs Montpellier SupAgro a inauguré un "Mas numérique", domaine viticole où coexistent les solutions d’entreprises françaises. Avec l’ambition d’apporter à ces dernières un retour d’expérience, tout en formant étudiants et professionnels à la révolution numérique en cours.

A Montpellier, un Mas Numérique pour connecter la viticulture

Dans les vignes, on le sait, l’innovation met souvent plus de temps à se diffuser que dans les grandes cultures, plus propices à l’expérimentation avec leurs grandes parcelles et sans contrainte de millésime. A Montpellier SupAgro, on a donc décidé de renverser la tendance. L’école d’ingénieurs agro, reconnue pour son expertise dans la vigne et le vin, a inauguré jeudi 12 octobre son « mas numérique ». Une première en France, car le domaine du Chapitre, propriété de l’école pour y mener des expérimentations mais exploitation viticole à part entière (avec 450 000 euros de chiffre d’affaires l’an dernier), accueille les outils numériques de quatorze entreprises partenaires.

Station météo, logiciels, capteurs et pressoirs connectés

Sur ces 35 hectares de vignobles situés à Villeneuve-lès-Maguelone, à quelques kilomètres de Palavas-les-flots, station météo, logiciels de modélisation des risques de maladies et logiciel parcellaire de l’exploitation, mais aussi capteurs placés sur le pulvérisateur permettent depuis janvier au responsable du domaine Christophe Clipet et son équipe de six personnes, d’avoir un usage plus raisonné des pesticides.

Pour cette première campagne, c’est ainsi l’équivalent en doses de trois des sept traitements de l’année qui ont pu être économisés. Tandis que des outils de cartographie des sols et d’aide à la décision doivent l’aider à anticiper la meilleure date pour vendanger afin d’améliorer ses rendements. Et, dans la cave du domaine, des pressoirs intelligents et des cuves de fermentation connectées à obtenir le type de vin désiré avec une meilleure fiabilité et reproductibilité.

Rendre les solutions plus interopérables

Ces solutions, déjà commercialisées par les entreprises Smag, Vivelys, Perra Pellenc (groupe Pellenc) et ITK (qui ont financé près de la moitié du projet, en apportant 350 000 euros sur trois ans) et dix autres partenaires, ne sont donc pas des prototypes en phase R&D. L’objectif, ici, est de "construire la vision de la viticulture de demain", raconte Thomas Crestey, ancien étudiant de Montpellier SupAgro recruté à la tête du projet. En testant les solutions pour en tirer un maximum d’ergonomie pour l’utilisateur, faciliter son bien-être et l’efficacité de son travail, mais aussi voir comment ces technologies peuvent s’imbriquer les unes aux autres.

Faire émerger un écosystème made in France pour la viticulture

Car le frein à l’adoption du numérique et des outils connectés est encore trop souvent que ces technologies sont complexes à appréhender, notamment pour des vendangeurs saisonniers ou des techniciens, et pas assez interopérables, reconnaissent les partenaires industriels. Pour eux, il s’agit donc d’un lieu unique pour disposer de retours d’expérience et mieux travailler ensemble sur un écosystème made in France d’innovations à proposer, demain, aux viticulteurs… Avec l’espoir de contrer ainsi l’appétit de géants américain de l’agrochimie et de l’équipement agricole, qui tendent à étendre leur mainmise sur toute la chaine de valeur.

Quid du retour sur investissement

L’originalité du projet est qu’il combine une dimension pédagogique. Enseignants-chercheurs, étudiants de l’école - qui deviendront les ingénieurs, viticulteurs ou conseillers agricoles de demain -, professionnels en formation continue pourront ainsi être initiés au numérique et l’intégrer demain dans leurs métiers en pleine transformation. Avec une vitrine pour le grand public, puisque le Mas lui ouvrira ses portes à l’occasion de la fête des vignes, le 26 novembre.

Prochaine étape, encore manquante, mesurer l’impact de l’utilisation de ces données sur la gestion des risques et les performances économiques de l’exploitation, reconnaît le président de SupAgro Fondation, Michel Penet. Car la preuve d’un retour rapide sur investissement, que cherche d’ailleurs à démontrer le groupe InVivo (propriétaire de Smag) à travers son projet 1000 Fermes Numériques, reste cruciale pour convaincre agriculteurs et viticulteurs de s’équiper.

Gaëlle Fleitour

 

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