Le retour sur la Lune d’astronautes n'aura finalement pas lieu avant... 2025 au plus tôt. Bill Nelson, le patron de la Nasa, a présenté à l’occasion d’une conférence de presse mardi 9 novembre, le nouveau calendrier du programme Artemis qui prévoit de faire revenir des équipages américains sur le satellite naturel de la Terre. L’annonce n’est pas véritablement une surprise, sachant que le précédent calendrier établi sous l’administration Trump paraissait très optimiste, voire carrément irréaliste.
L’agence n’a pas caché qu’une partie de ses retards était liée à la complexité des développements technologiques d’un nouveau genre à réaliser. La pandémie du Covid a aussi freiné le travail des équipes et partenaires impliqués sur ce programme. La Nasa a surtout précisé que le recours en justice intenté par Blue Origin - qui conteste le choix de SpaceX comme fournisseur du module d’atterrissage lunaire - lui a fait perdre sept mois. Début novembre, le tribunal fédéral des Etats-Unis en charge du traitement des litiges financiers contre le gouvernement a rejeté la plainte de la société de Jeff Bezos, également fondateur d’Amazon.
Premier vol habité vers 2024
Lors de son intervention, Bill Nelson a aussi rappelé l’enchaînement et l’enjeu des missions qui aboutiront à Artemis III, la troisième mission prévoyant l’atterrissage d’un équipage sur la Lune. Avant cela, SpaceX aura dû faire poser à la surface de la Lune son système d’atterrissage (sans personne à bord). Artemis I prévoit un premier vol non-habité de la fusée SLS (Space Launch System) et surtout, le test du bouclier thermique de la capsule Orion. Elle sera soumise à des températures de plus de 2 700°C lors de son retour dans l’atmosphère terrestre.
Prévue avant mai 2024, Artemis II embarquera pour la première fois un équipage pour un vol aller-retour d’une dizaine de jours, à une distance estimée de 65 000 km au-delà de la Lune. Selon la Nasa, il s’agira du vol habité le plus long jamais réalisé. Ce vol permettra de tester le fonctionnement des moyens de communications et de navigation dans l’espace lointain.
Une dizaine d'alunissages prévus
Le programme Artemis sera également plus cher que prévu. Le patron de la Nasa a évoqué un surcoût significatif lié au développement de la capsule Orion, qui doit transporter les astronautes jusqu’à la future station spatiale en orbite autour de la Lune. Son développement est désormais estimé à 9,3 milliards de dollars (8 milliards d'euros), contre 6,7 milliards de dollars (5,8 milliards d'euros) auparavant.
« A l’avenir, nous prévoyons au moins une dizaine d’alunissages et l’agence a besoin d’une augmentation significative de ses financements pour préparer les futures mises en compétition concernant l’atterrisseur, et ce dès le budget 2023 », a averti Bill Nelson. Selon le dirigeant, l’agence est déjà engagée dans une démarche en vue de réduire ses coûts. Elle a notamment demandé aux industriels en charge de la fabrication du lanceur SLS de maximiser les synergies possibles.





