Après la réussite de la première mission pour la constellation LEO, Arianespace et Amazon envisagent 4 à 5 tirs supplémentaires d’Ariane 6 dès 2026

Succès majeur pour Arianespace qui a mis sur orbite les 32 satellites de la constellation Amazon LEO, le 12 février. Il s’agissait du premier tir du lanceur européen dans sa version la plus puissante, équipée de quatre boosters.
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Une fusée Ariane 6 transportant 32 satellites pour la constellation Amazon Leo est lancée depuis le Centre spatial guyanais à Kourou, dans le département français d'outre-mer de Guyane, le 12 février 2026. L'Ariane 6 a été améliorée avec quatre propulseurs d'appoint, au lieu des deux utilisés lors des cinq premiers vols, afin de transporter le réseau de 32 satellites d'Amazon Leo, qui vise à rivaliser avec Starlink d'Elon Musk.
Une fusée Ariane 6 transportant 32 satellites pour la constellation Amazon Leo est lancée depuis le Centre spatial guyanais à Kourou, dans le département français d'outre-mer de Guyane, le 12 février 2026.

C’est un coup de foudre spatial entre Amazon et Ariane 6. Il faut dire que l’idylle a démarré sous les meilleurs auspices entre les deux partenaires. Ce jeudi 12 février, la fusée européenne a décollé à l’heure prévue soit 13h45 heure locale, (17h45 heure de Paris) pour mettre sur orbite les 32 satellites pour la constellation Amazon LEO (ex-Kuiper) du géant américain.

Arianespace n’avait rien négligé pour séduire son client : son lanceur était équipé pour la première fois de quatre boosters contre deux habituellement. «Cette version lourde remplit une partie importante de notre carnet de commandes. Elle est très attendue de la part de nos clients commerciaux, au-delà d’Amazon», précise Caroline Arnoux, directrice de la division Ariane 6 pour Arianespace. Mais Amazon est clairement le partenaire qui a montré le plus d’intérêt en commandant 18 fusées dès 2022 !

Pour la mission VA267, le ciel guyanais a favorisé ce rapprochement. Malgré un ciel couvert en début de matinée et des pluies la veille, la météo a changé pour laisser place à un ciel lumineux qui a permis de voir les boosters dégager leurs flammes pendant de longues secondes lors de leur ascension.

Après l’envol, le reste du vol s’est déroulé comme sur des roulettes. Pour conquérir son client, la fusée européenne a fait valoir tous ses atouts dans cette mission. Après avoir atteint une altitude de près de 90km en moins de 2 minutes 30, les boosters se sont détachés du corps central de la fusée. Moins d’une minute plus tard, ayant joué son rôle de protection des satellites, c’était au tour de la coiffe géante (20 mètres de hauteur) de la fusée de s’ouvrir en deux et de se détacher. L’étage principal s’est lui séparé de l’étage supérieur après moins de 8 minutes de vol, ce qui a permis d’emmener les satellites à une altitude de 265km. Le moteur Vinci, nouvel attrait d’Ariane 6 par rapport à Ariane 5, a ensuite pris le relais. Il a emmené ses précieux passagers à 465 km d’altitude, n’hésitant pas à rallumer sa flamme deux fois au cours de la mission. Il a bénéficié du soutien d’un petit moteur auxiliaire APU permettant de stabiliser la trajectoire de l’étage supérieur. A cette altitude, les 32 satellites d’Amazon ont enfin pris congés de leur transporteur se détachant successivement. Un au-revoir qui a pris tout de même 25 minutes.

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Un ramp-up plus rapide que celui de Space X

Cette mission accomplie, les deux partenaires espèrent s’engager pour le meilleur. ArianeGroup n’hésite à jouer de la comparaison pour se mettre en avant. «On vise une cadence entre 9 et 10 tirs par an dès l’année prochaine. On fait le ramp-up industriel le plus marquant de tous les développements récents de lanceurs lourds. On va plus vite que SpaceX au moment de la mise en œuvre du Falcon9 », précise Philippe Clar, directeur des lanceurs civils pour ArianeGroup. Pour cela, l’industriel s’appuie sur une supply chain qui mobilise 13000 salariés au sein de 600 entreprises dans 13 pays européens. «C’est un puzzle industriel pour synchroniser l’arrivée de toutes les pièces de différents pays. C’est une bagarre de tous les jours pour fiabiliser notre montée en puissance».

Grâce à cette mission, Amazon compte 207 satellites en orbite, les concurrents d’Arianespace, SpaceX et ULA qui courtisent également Amazon, ayant déjà réalisé 8 missions pour leur client.

Partie loin derrière la constellation Starlink de son concurrent SpaceX, la direction d’Amazon est pressée de compléter sa constellation qui doit atteindre plus de 3200 satellites pour sa première génération. Avec l’ensemble de ses partenaires, le géant américain veut réaliser une vingtaine de missions en 2026 et une trentaine en 2027. «Les cadences augmentent très vite. Nous avons des centaines de satellites en Floride qui attendent d’être lancés et beaucoup d’autres qui se préparent à être transportés ici», précise un dirigeant d’Amazon LEO venu assister au lancement.

Depuis Kourou, ses dirigeants ont annoncé que la fusée européenne à quatre boosters aurait une place de choix : Amazon veut remettre le couvert… 4 à 5 fois avec Ariane 6 dès cette année. Un élan qui sera peut-être difficile d’assumer pour Arianespace qui vise 7 à 8 lancements cette année de sa fusée en version 2 et 4 boosters pour l’ensemble de ses clients.

Ariane 6 va évoluer rapidement pour continuer de séduire son client. ArianeGroup prépare une version encore plus puissante de son lanceur. Cette version dite «block 2» sera équipée de boosters agrandis capables d’emporter 160 tonnes de propergols. De quoi augmenter leur performance de 20%. Le moteur Vinci de l’étage supérieur gagnera également 10% de puissance. Au total, la capacité d’emport du lanceur lourd européen passera d’ici la fin de l’année de 20 à 24 tonnes en orbite basse. «Cela va permettre un accroissement de l’ordre de 20% de la performance d’Ariane 6 pour le même prix», avance Ralf Stuecker, en charge des opérations pour Ariane 6 chez ArianeGroup. Décidément, quand on aime, on ne compte pas.

Dans la foulée du lancement, le président exécutif dArianespace, David Cavaillolès, a précisé que le prochain tir d’Ariane 6 serait réalisé pour le compte d’Amazon. La lune de miel entre le géant de tech américaine et l’opérateur spatial européen ne fait que commencer.

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