La croissance, bien que faible, aura finalement été au rendez-vous en 2025 pour le marché automobile européen. Contrairement à la Chine, la tendance est globalement à la stagnation des volumes sur la plaque continentale européenne et aucun industriel ne s’attend à retrouver les niveaux d’avant-pandémie (12,8 millions de voitures vendues en 2018). Les patrons étaient d’ailleurs très prudents en début d’année 2025. Ils n’avaient pas tort.
À l’échelle de l’Union européenne, 10,8 millions de voitures particulières ont été immatriculées en 2025, soit une hausse de 1,8%. Un mouvement de bascule s’est opéré sur le segment des voitures, qui était en zone négative jusqu’en août. A titre de comparaison, 10,6 millions de voitures particulières avaient été immatriculées en 2024, soit une très légère hausse de 0,82% par rapport à un an plus tôt.
La France n’est pas représentative de cette hausse, même légère. Au contraire, l’Hexagone reflète l’incertitude qui pèse sur les marchés et les entreprises du secteur. «Pour 2025, le marché français devrait progresser modestement, à environ 1,75 million de voitures particulières (+1,8%)», prédisait le cabinet Inovev en début d’année. Il n’en a rien été. Selon les données définitives de la Plateforme automobile (PFA), la France enregistre sur les douze mois de l’année 2025 un recul des immatriculations de 5,02%, avec 1 632 154 voitures particulières neuves.
Le segment des véhicules utilitaires légers (- de 5,1 tonnes) n’est lui non plus pas en très grande forme, en recul de 5,59% (360 505 vans immatriculés). Sur ce segment des vans, la tendance au déclin est encore pire au niveau européen : le marché a chuté de 8,8%, à 1 447 273 immatriculations.

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Janvier 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
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Décembre 2025
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
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Décembre 2025
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Après un millésime 2024 chahuté par des alertes sur résultats tous azimuts, 2025 s’est donc confirmé être très mouvementé pour l’industrie automobile européenne. Les premières semaines de l’année ont été marquées par les cris d’alerte des dirigeants (notamment de sous-traitants) sur la perte compétitivité de l’Europe et les lourdeurs administratives auxquelles ils font face. Mais ce ne sont pas les seuls signaux négatifs. «Les tarifs douaniers, la conformité aux normes européennes en matière de CO2, l’érosion du pool de bénéfices en Chine et la normalisation du mix-prix restent des thèmes clés d’intérêt général pour tous les acteurs», résumaient les analystes de la banque Barclays à l’entame de l’année civile.
L’électrique représente 15% des ventes en janvier
Aux yeux des groupes automobiles, la plus urgente des difficultés listées était sans doute la norme CAFE. Cette réglementation européenne encadre les émissions de CO2 des véhicules neufs avec un objectif : pousser les constructeurs à progressivement vendre davantage de véhicules électriques pour atteindre le 100% batterie en 2035. Pour cette année 2025, l’objectif initial était de vendre 25% des véhicules en électrique. La marche était importante, trop importante... ?
Face aux inquiétudes du secteur, le législateur a consenti dès mars à un «lissage» des objectifs sur trois ans. La motorisation électrique n’a représenté que 17,4% des immatriculations, malgré une progression de 3,8 points en un an. Après cette première victoire, les constructeurs (soutenus par le gouvernement allemand) se sont attaqués à l’obligation du tout-électrique en 2035. Sans totalement obtenir gain de cause, ils ont fait plier Bruxelles sur ce totem... mais pas sur ses objectifs climatiques. Les discussions promettent de se poursuivre en 2026. L’adoption du paquet de mesures sur l’automobile est listé parmi les priorités de l’Union européenne.





