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L'Usine de l'Energie

Total défie EDF et Engie en acquérant Eren RE et GreenFlex

Aurélie Barbaux , , ,

Publié le , mis à jour le 20/09/2017 À 15H56

En prenant 23 % du capital du producteur d’énergie éolienne, solaire et hydraulique Eren Renewable Energy et en s’offrant le spécialiste de l’efficacité énergétique GreenFlex, Total avance dans sa stratégie, afin de devenir une major de l’énergie responsable. Il vient aussi défier EDF et Engie sur les deux marchés au cœur de la transition énergétique.

Total défie EDF et Engie en acquérant Eren RE et GreenFlex
Patrick Pouyanné, PDG de Total, veut transformer son groupe en major de l'énergie responsable.
© Total tower, La Défense R/DV/RS

Sur les marchés porteurs de la transition énergétique, les deux grands énergéticiens français EDF et Engie doivent désormais compter avec un nouveau concurrent, et pas des moindres : Total. Ce dernier veut devenir une "major de l’énergie responsable". Et il accélère.

Le groupe était déjà significativement présent dans le solaire, depuis la fusion en 2011 de sa filiale Tenesol avec le fabricant de panneaux photovoltaïques californien SunPower, dont il a pris une participation majoritaire. En 2017, il a annoncé la création de Total Solar, pour déployer des centrales solaires dans les pays développés et des systèmes photovoltaïques décentralisés sur les sites de clients industriels ou commerciaux (B2B). En 2016, la major s’était aussi offert l'un des leaders des batteries, le français Saft, une brique indispensable à la mobilité électrique.

Après les équipements, la production d’ENR

Ces deux investissements dans les équipements clés de la transition énergétique n’étaient qu’un début. Total investit maintenant dans l’aval, notamment la production d’électricité. Il vient de prendre une participation directe de 23 % dans Eren Renewable Energy. Celle-ci interviendra par le biais d'une augmentation du capital, pour un montant de 237,5 millions d’euros, avec un accord visant à une prise de contrôle total d’ici à cinq ans.

Créée en 2012 par les deux fondateurs d’EDF Energies nouvelles, Pâris Mouratoglou et David Corchia, Eren RE dispose déjà de 650 MW de capacités de production d’énergies solaire, éolienne et hydraulique dans le monde. Avec l’ambition d’atteindre les 3 GW d’ici à cinq ans. Les capitaux de Total devraient lui permettre d’atteindre cet objectif.

Pour Bpifrance, qui avait investi 100 millions d‘euros au capital de l’entreprise lors de deux tours de table, cette augmentation de capital est une bonne nouvelle. "Non seulement Eren RE va être repris par une entreprise de dimension internationale qui peut l’‘accompagner dans son développement, mais c’est aussi un groupe français, ce qui est important pour Bpifrance", rappelle José Gonzalo, directeur exécutif mid and large cap de Bpifrance. La banque d’investissement devrait d’ailleurs continuer à investir dans Eren RE. "Car l’une de ses qualités, outre la qualité de l’équipe managériale, réside dans sa volonté de toujours contrôler les actifs et de mettre des fonds propres dans les projets", observe José Gonzalo.

La tentation de l’électricité

"Le dynamisme d’Eren RE va permettre au groupe d’accélérer son développement dans le solaire et de faire son entrée sur le marché de l’éolien. La production d’électricité renouvelable de Total va ainsi croître significativement en vue d’atteindre une capacité de 5 GW d’ici à cinq ans", commente Philippe Sauquet, directeur général Gas Renewables & Power, dans un communiqué. 5GW, c’est encore peu comparé aux 28 GW dont disposaient déjà EDF EN en 2014, et qu’il veut porter à 50 GW en 2030, où aux 23 GW d’Engie dans les renouvelables. Mais c’est un début, qui n’est pas pris à la légère. "Le marché de l’électricité fait envie. On voit notamment les groupes pétroliers qui entrent sur ce marché, il faut que l’on reste toujours en avance", observait Jean-Bernard Levy, PDG d’EDF, le matin même de l’annonce de Total lors d’une rencontre avec la presse. Total ne va pas se contenter d’investir en production. Patrick Pouyanné, son PDG, a annoncé en juin dernier son projet de fournir de l’électricité aux particuliers en France et en Belgique.

Optimiser les consommations

Outre l’offre d’installation solaire de Total Solar, c’est par le biais de l’efficacité énergétique que Total veut conquérir le marché de la transition énergétique des entreprises, défiant directement les filiales Dalkia d’EDF et Ineo d’Engie. Pour ce faire, il a aussi annoncé l’acquisition, pour un montant non dévoilé, de la société française GreenFlex. Créée en 2009, GreenFlex s’est déjà constitué un portefeuille de 600 clients en Europe et prévoit un chiffre d’affaires de plus de 350 millions d’euros en 2017 avec 230 collaborateurs.

Complémentaire des filiales de Total, BHC en France et Tenag en Allemagne, Greenflex devrait lui permette de proposer des solutions intégrées d’efficacité énergétique.

Ces deux nouvelles acquisitions ne sont probablement qu’un début. Car avec la fin annoncée des voitures à moteur thermique d’ici à 2040 en France, au Royaume-Uni et en Chine, l’avenir des majors du pétrole est à l’électricité et à la réduction de la consommation d’énergie. Un récent rapport du cabinet Wood Mackenzie expliquait que les majors devront investir 350 milliards de dollars dans les énergies renouvelables d’ici à 2035… sous peine de perdre leur place de major. Total est sur la voie.

 

 

 

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