Sept ans après sa plus grande acquisition, en l’occurrence la reprise de Bostik, l’ancienne division adhésifs de Total, pour 1,74 milliard d’euros, Arkema s’engage dans une nouvelle opération importante de croissance externe. Le chimiste français a signé ce 31 août un accord définitif pour s’emparer de la division adhésifs de performance de l’américain Ashland. L’opération est valorisée à hauteur de 1,65 milliard de dollars, soit près de 1,4 milliard d’euros et devrait être finalisée "dans les 4 à 6 mois", précise un porte-parole d’Arkema.
Une présence concentrée en Amérique du Nord
L’acquisition porte sur un ensemble d’activités qui devrait générer des ventes estimées à 360 millions de dollars (environ 304 millions d’euros) pour l’année 2021. Le projet emballe le marché boursier, le titre Arkema gagnant environ 6% à la mi-journée, en particulier grâce au profil de haute rentabilité de cette activité d’Ashland, qui affiche une marge d’Ebitda d’un peu plus de 26%. L’activité, qui mobilise environ 330 salariés et 6 usines, dont 5 aux Etats-Unis et une au Royaume-Uni, est très centrée aujourd’hui sur le marché nord-américain, qui pèse environ 80% de ses ventes. Lors d’une conférence avec des analystes le 31 août, Thierry Le Hénaff, PDG d’Arkema, a d’ailleurs souligné la "présence limitée hors des Etats-Unis" de cette division et a estimé qu’elle bénéficierait ainsi d’une "forte complémentarité géographique" pour son développement "en Europe et en Asie, où Arkema et Bostik disposent d’une plus solide implantation".
Complémentarité de gammes

- 708.25-6.07
Novembre 2025
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
- 68.8-0.35
10 Février 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
- 52.7-4.18
Décembre 2025
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
L’intérêt de l’opération réside aussi dans la complémentarité de gammes de produits. Aux Etats-Unis, Bostik est très orienté sur les applications de ses colles et adhésifs pour le marché de la construction. L’activité d’Ashland lui permettra de renforcer ce segment, avec des adhésifs structuraux pour le collage du bois et des composites, mais aussi du transport. Surtout, l’acquisition permettra à Bostik, et donc à Arkema, de faire un grand bond outre-Atlantique pour les applications adhésives sur les marchés industriels. Qu’il s’agisse du domaine des adhésifs pour l’emballage flexible ou du segment des adhésifs sensibles à la pression, comme par exemple les films de protection, de protection et de signalisation, en particulier dans les secteurs de l’automobile et du bâtiment.
Accélération de la spécialisation d’Arkema
Adepte des petites et moyennes acquisitions ciblées, en particulier dans le domaine des adhésifs qui demeure un marché mondial encore très fragmenté avec une multitude d’acteurs, Arkema ne "change pas de stratégie", assure un porte-parole, car il s’agit là encore d’une acquisition ciblée, même si son ampleur est nettement plus importante. Elle lui permet de consolider encore un peu plus la position de Bostik parmi le top 3 mondial des adhésifs. L’opération va aussi, et à nouveau, accélérer le recentrage du chimiste français sur les matériaux de spécialité, alors que le groupe poursuit son désengagement des intermédiaires chimiques. Fin 2020, Arkema avait ainsi cédé sa branche polyméthacrylate de méthyle (PMMA) à l’américain Trinseo pour 1,14 milliard d’euros. Ce qui a fourni au chimiste tricolore des ressources en liquidités pour mener aujourd’hui, en cash et sans vraiment peser sur sa dette, cette acquisition auprès d’Ashland.





