Depuis sa séparation d’avec Total et sa création en 2006, Arkema a toujours orienté sa stratégie vers les spécialités. En 15 ans, le chimiste français a cédé 40% de son portefeuille, en se séparant essentiellement de lignes de commodités, et acquis pour deux fois plus mais avec une focalisation sur les spécialités chimiques et les matériaux de spécialités, des domaines à bien plus forte valeur ajoutée et technicité.
Depuis 2006, leur part est passée de 50% à 79% aujourd’hui dans le chiffre d’affaires, établi au total à 8,74 milliards d’euros en 2019, et l’objectif est d’atteindre 100% d’ici à 2024. En visant, au passage des ventes entre 10 et 11 milliards d’euros.
Pure player des spécialités
Dans cette optique, et bien que profitables mais plus soumis à une volatilité des prix et à la cyclicité de leurs marchés, les intermédiaires chimiques n’entrent plus vraiment dans le cadre stratégique du groupe. "Nous avons décidé d’aligner notre structure d’activités avec notre vision stratégique. Ce sont les derniers pas de notre transformation en pure player des spécialités", précise Thierry Le Hénaff.

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Le PDG d’Arkema souligne que les intermédiaires ne sont pas "des activités que nous n’aimons pas, nous avons d’ailleurs des positions fortes sur tous ces segments. Mais notre projet est très clair : devenir un leader des matériaux de spécialités". Ajoutant qu’un profil de pure player aujourd’hui dans l’industrie chimique "peut avoir une incidence forte sur la valorisation".
Projet de cession du verre acrylique
La division Intermédiaires d’Arkema regroupe aujourd’hui trois segments pesant au total environ 1,6 milliard d’euros de ventes, selon les données 2019. La première concernée par ce recentrage stratégique est la branche MMA/PMMA (verre acrylique), qui a représenté environ 600 millions d’euros de ventes l’an passé. Le projet privilégié par Arkema est une cession pour cette activité qui ne rentre plus dans ses ambitions de développement. Sur le plan industriel, ce projet pourrait concerner des actifs du groupe sur la plateforme de Carling/Saint-Avold, en Moselle, ainsi que des sites en Italie et aux Etats-Unis.
Fluides réfrigérants en partenariat...
La branche des gaz fluorés, qui a compté pour des ventes de l’ordre de 700 millions d’euros en 2019, n’entre pas dans le même schéma. Comptant parmi les leaders mondiaux des spécialités et polymères fluorés, Arkema n’entend pas se couper d’une production essentielle en amont. En revanche, les fluides réfrigérants pour la réfrigération et l'air conditionné pourraient à l’avenir être gérés dans le cadre d’un partenariat. En plus de ne pas s’inscrire dans les spécialités, ces deux segments (environ 500 millions d’euros de ventes) souffrent aussi d’un profil émissif peu raccord avec les ambitions de développement durable du groupe.
...Comme les monomères acryliques en Asie
Enfin, Arkema réfléchit à des options pour ses activités acryliques en Asie, qui ont compté pour 300 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier. Le projet se décline en deux parties. D’une part, le groupe voudrait réduire son engagement dans la partie amont, celle de la production de monomères acryliques. En quelques années, Arkema s’est doté à Taixing, en Chine, d’un des plus grands complexes de monomères acryliques en Asie en rejoignant d’abord un partenaire chinois au sein du site, en investissant à ses côtés pour augmenter les capacités, puis en reprenant l’ensemble à son seul compte. Sauf qu’Arkema estime trop importante son exposition aux monomères acryliques et envisagerait un partenaire pour l’épauler dans cette activité. En revanche, en aval, dans les spécialités acryliques, le chimiste tricolore veut se renforcer. Que ce soit avec des acquisitions ciblées et avec de la croissance organique.
Impact du coronavirus
Tous ces projets sont encore à l’étude et ne seront pas enclenchés tout de suite. Arkema attend d’abord la fin de cette crise mondiale du coronavirus, ce qui, en termes de calendrier, est impossible à établir. Le groupe français pâtit de la situation comme de nombreuses entreprises, à des degrés divers.
Sur le plan financier, pour le moment, il estime l’impact sur son Ebidta de l’ordre de 40 à 50 millions d’euros. Sur le plan industriel, les sites ne sont pas logés à la même enseigne en raison de la demande des marchés et aussi des mesures de confinement plus ou moins strictes selon les pays. En France, l’activité se situerait autour de 70% d’une situation normale, alors que dans le reste de l’Europe les sites tournent normalement. Comme en Chine où l’activité a repris. Mais aux Etats-Unis, l’activité serait réduite de moitié, et les sites sont totalement fermés en Inde en raison des mesures drastiques de confinement.





