Malgré des résultats en retrait, le chimiste Arkema signe la deuxième meilleure performance de son histoire

Le chimiste français Arkema a enregistré des résultats en léger retrait pour son exercice 2019. Lequel se place toutefois comme le deuxième meilleur bilan financier du groupe depuis sa création en 2005 et depuis son record atteint en 2018. Arkema prévoit un environnement économique volatil, rendu d’autant plus incertain par le coronavirus.

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Arkema Feuchy
En 2019, Arkema a enregistré le deuxième meilleur résultat de son histoire, juste derrière le record de 2018.

A la première lecture, l’exercice 2019 peut paraître décevant. L’an dernier, après plusieurs bilans consécutifs en hausse, Arkema a vu l’ensemble de ses indicateurs se contracter, de 0,9% sur un an pour le chiffre d’affaires, à 8,74 milliards d’euros, de 1,2% pour l’Ebitda, à 1,46 milliard d’euros et de 13,8% pour le résultat net, à 625 millions d’euros. Toutefois, ces résultats marquent la deuxième meilleure performance financière du chimiste tricolore depuis sa sortie de Total en 2005 et surtout depuis son année record datant de l’année précédente, en 2018.

Thierry Le Hénaff, le PDG du groupe, s’est ainsi dit "très fier" de cette performance intervenue dans un "climat économique plus contrasté en 2019, surtout en deuxième partie d’année avec un déclin de la demande dans les secteurs de l’automobile et de l’électronique". Malgré ce léger retrait sur un an, Arkema est parvenu à maintenir sa marge d’Ebitda, à 16,7%, son indicateur privilégié.

Lors de la présentation de ses résultats annuels le 26 février, son concurrent belge Solvay a fait état d’un Ebitda et d’un résultat net en légère diminution en 2019, tandis que son chiffre d'affaires stagnait (-0,1%) à 10,244 milliards d'euros... avant d'annoncer à l’échelle mondiale, la suppression de 500 postes, dont 100 en France, tandis qu’en parallèle 150 postes seront créés dans sa division "matériaux avancés".

75% de spécialités

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Le recul de l’Ebitda d'Arkema l’an dernier a été en grande partie dû aux dommages liés aux importations illégales en Europe de gaz HFC, un événement que le groupe n’avait pu prévoir alors que le segment des gaz fluorés demeure important dans son périmètre. Arkema estime que cet impact représente l’essentiel de la baisse de rentabilité de ses intermédiaires chimiques, ce qui a pu être contrebalancé par la meilleure performance de ses spécialités, branche prioritaire du groupe et qui atteint désormais presque 75% de ses ventes.

Pour 2020, Arkema anticipe un environnement qui devrait rester volatil. Le groupe n’envisage pas d’embellie particulière sur la demande des marchés de l’électronique et de l’automobile et table sur un segment des gaz fluorés encore en recul. Mais "l’environnement devrait être favorable pour le développement de nos spécialités", assure Thierry Le Hénaff, notamment pour sa division Bostik (colles et adhésifs). Le groupe mise ainsi sur un niveau comparable d’Ebitda entre 2019 et 2020.

L'inconnue du coronavirus

Cette prévision reste en revanche détachée de l’inconnue de l’impact du Covid-19. A fin février, Arkema estime que l’épidémie de coronavirus a déjà entraîné un impact d’environ 20 millions d’euros sur son Ebitda. Sur le plan opérationnel en Chine, où le groupe dénombre neuf usines dont sa très vaste plateforme de Changshu, près de Shanghai, la production a repris sur tous les sites. Arkema, qui n’a dénombré aucun malade parmi ses 3 000 salariés en Chine, a dû composer avec des mises en quarantaine de collaborateurs dont un peu moins de 10% n’ont pas pu encore reprendre leurs postes, ce qui ne permet pas aux unités de tourner encore à plein régime pour des raisons de sécurité.

Thierry Le Hénaff estime que "le vrai sujet ce n’est pas nous mais nos clients, notamment dans l’automobile", en raison des baisses de production en Chine à cause des mesures contre le coronavirus et donc d’un certain impact sur la demande pour les produits Arkema. Grâce au système industriel du groupe, qui dispose de réseaux de production presque similaires en Europe, Amérique du Nord et Asie, l’impact reste local. D’ailleurs, ses productions en Chine sont destinées à environ deux tiers pour la Chine et un tiers pour l’Asie.

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