Arkema casse sa tirelire pour les adhésifs de Total

Annonce spectaculaire d’Arkema : le premier chimiste français va s’offrir pour 1,74 milliard d’euros Bostik, le numéro trois mondial des adhésifs. Une filiale de Total dont il va devoir redresser les marges.

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Arkema casse sa tirelire pour les adhésifs de Total

Il y a dix jours, des rumeurs faisaient état de la volonté de Total, sous la pression de ses actionnaires, de céder sa filiale Bostik, numéro trois mondial des adhésifs. C’est désormais confirmé. Le groupe pétrolier, qui réorganise ses filières raffinage et chimie depuis 2011, devrait céder Bostik à Arkema, son ancienne branche chimie qui avait pris son indépendance en 2006. Il devrait en obtenir 1,74 milliard d’euros, soit 11 fois l’Ebitda de Bostik, dont le chiffre d’affaires était de 1,53 milliard d’euros en 2013.

La dernière acquisition d’Arkema d’ici à 2016

Une opération historique pour Arkema, le premier chimiste français avec 6,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2013. Elle devrait aussi être la dernière de son plan d’acquisitions engagé entre 2013 et 2016, a expliqué son PDG Thierry Le Hénaff, lors d’une conférence de presse le 19 septembre. Le rachat de Bostik concrétise son ambition de poursuivre son recentrage dans la chimie de spécialités et de renforcer, au sein de ses trois divisions, le pôle Matériaux haute performance qui représentera désormais 42% du chiffre d’affaires, contre 30% auparavant.

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Une concurrence mondiale qui pèse sur les marges

Avec Bostik, Arkema se lance dans les adhésifs, "une activité peu cyclique et peu capitalistique", dont le marché "croît chaque année à un rythme supérieur à celui du PIB mondial", assure Thierry Le Hénaff. Il s’offre ainsi les compétences d’un formulateur qui conçoit des solutions de collage et d’étanchéité pour les secteurs du non-tissé, de l’industrie, de la construction et du grand public, avec des marques réputées comme Sader. Mais Bostik "a beaucoup souffert de la crise économique et est confronté à une forte concurrence", reconnaissait en 2011 un de ses dirigeants. Ce qu’illustre la fermeture de son usine d’Ibos, dans les Hautes-Pyrénées, sur sa cinquantaine de sites de production à travers le monde.

Redresser l’Ebitda de 30% en trois ans

Total et Arkema ne communiquent pas sur le résultat net de Bostik. Avec un Ebitda de 10%, les marges sont encore inférieures à la moyenne du secteur des adhésifs, située entre 14 et 15%. Du côté d’Arkema, on dit vouloir augmenter l’Ebitda de 30% sur les trois prochaines années, "grâce aux bénéfices du travail récent du management de Bostik et à la mise en place de synergies".

Deux nouveaux centres de R&D, dont un en France

Bostik mise en effet sur deux nouveaux centres de R&D, un en Chine et un à Venette, près de Compiègne (Oise), qui devrait être inauguré d’ici la fin de l’année, mais aussi sur des investissements industriels importants réalisés en Chine et en Inde et sur des acquisitions récentes au Brésil et aux Etats-Unis pour générer de la croissance. Arkema promet également des synergies entre les deux sociétés comme la globalisation des achats…

Mais il n’y aura aucun impact sur l’emploi, assure le futur repreneur. Bostik compte 900 employés en France. Il dispose de six sites de production : Avelin (Nord), Colmar (Haut-Rhin), Coubert (Seine-et-Marne), Privas (Ardèche), Sainville (Eure) et Ribécourt (Oise), qu’il avait renforcé en 2011. Mais aussi de deux centres de R&D, à Coubert et Ribécourt, et de son siège francilien de La Plaine Saint-Denis.

Gaëlle Fleitour

De nouvelles cessions à venir chez Arkema

Le rachat de Bostik sera financé par une augmentation de capital d'environ 350 millions d’euros, une émission de titres hybrides comprise entre 600 et 700 millions d’euros et une émission obligataire senior entre 500 et 600 millions d’euros. En parallèle, Arkema indique qu’il va renforcer son plan de cessions d’activités non-stratégiques pour générer environ 500 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires dans les années à venir. Des cessions de petite taille, entre 20 et 100 millions d’euros, mais "il est trop tôt pour les citer", indique le PDG d’Arkema. In fine, le groupe peut réviser légérement à la hausse son objectif 2017 d’Ebitda à 1,31 milliard d’euros, soit 30 millions d’euros de plus que prévu.

 

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