Comment décarboner le transport maritime d’ici à 2050, alors que les technologies à base de batteries ou d’hydrogène paraissent encore lointaines et pour l'instant inadaptées à la propulsion des monstres des mers que sont les paquebots et les porte-conteneurs capables de transporter plus de 20 000 conteneurs ?
Une idée ressurgit, déjà utilisée pour des porte-avions et sous-marins militaires, mais aussi par plusieurs brise-glaces russes : la propulsion nucléaire. Ces derniers mois, plusieurs annonces ont été faites dans ce domaine à propos des porte-conteneurs. En décembre 2023, le chantier naval de Jiangnan Shipyard (Chine) a présenté KUN-24AP, un concept de porte-conteneur à propulsion nucléaire capable de transporter 24000 conteneurs, à la Conférence internationale Marintec China à Shanghai rapporte Interesting Engineering. La propulsion de ce bâtiment d'un nouveau genre serait alimentée par un réacteur à sels fondus de thorium.
En Corée du Sud, Samsung se lance dans la course
Auparavant, c’est le chantier naval italien Fincantieri qui avait annoncé un accord avec la start-up britannique Newcleo pour développer un navire utilisant le nucléaire. Le bateau utiliserait la technologie LFR, pour réacteur rapide refroidi au plomb.
En Corée du Sud, plusieurs accords ont été signés. Selon un communiqué de Core Power, en date du 6 février 2024, «HD Korea Shipbuilding & Offshore Engineering (KSOE), une société du groupe HD Hyundai, a développé un partenariat de recherche et d'échange technologique avec TerraPower et Core Power pour développer de petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) destinés à être utilisés sur de nouvelles constructions. Le réacteur, qui sera développé conjointement par KSOE et d’autres partenaires, dont TerraPower et Core Power, est centré sur la conception du réacteur rapide à chlorure fondu (MCFR) de TerraPower […]. » D’autres Coréens se lancent dans la course à l’armement nucléaire pour leur flotte : Samsung Heavy industries et Hanwha Ocean Co.
En France, CMA-CGM est plutôt dans l’observation et la prospection. Et les Chantiers de l’Atlantique rappellent qu’ils travaillent avec Naval Group sur le militaire. Pour les paquebots, le sujet n'est pas d'actualité pour le moment.





