L’organisation industrielle autour du porte-avions français de nouvelle génération (PANG ) se met en place. En décembre dernier, le président de la République, Emmanuel Macron, avait lancé le chantier du successeur du Charles de Gaulle en rendant public son choix pour une propulsion nucléaire.
A l’occasion de la visite de la ministre des armées Florence Parly, prévue à Lorient (Morbihan) le 29 mars prochain, Naval Group et les Chantiers de l’Atlantique devraient annoncer la création d’une société commune. "C’est un accélérateur d’efficacité au service du projet" se félicite-t-on du côté du ministère des Armées, qui a validé cette opération sur proposition des industriels. Si la nouvelle entreprise sera détenue à 65% par Naval Group et 35% par son partenaire, elle sera co-présidée par les dirigeants des deux groupes, à savoir le PDG de Naval Group Pierre-Eric Pommellet et le directeur général des Chantiers de l’Atlantique Laurent Castaing. Cette JV, qui se fera sans apport de cash des partenaires, a pour périmètre d’activités le programme du futur porte-avions.
200 millions d'euros sur deux ans
Cette annonce ne doit rien au hasard en termes de timing. Durant sa visite, la ministre devrait annoncer le lancement de la phase dite "d’avant-projet sommaire" du programme de porte-avions d’une durée de deux ans et dotée d’un budget de l’ordre de 200 millions d’euros. Elle doit permettre aux deux partenaires de la coentreprise ainsi qu’à Technicatome, qui réalisera et intégrera les chaufferies nucléaires, de définir les grandes caractéristiques techniques du futur bâtiment.

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Au sein de la JV, les rôles sont clairement répartis. Les Chantiers de l’Atlantique seront en charge de la construction de l’immense coque du PANG. 400 personnes seront mobilisées pour cette opération. Le chantier de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) est le seul en France disposant des infrastructures nécessaires à la construction d’un navire avec de telles dimensions. Pour rappel, avec ses 75 000 tonnes, 300 mètres de long et 80 de large, il sera nettement plus imposant que le Charles de Gaulle (42 000 tonnes, 261 m de long et 31 m de large). Pour sa part, Naval Group sera en charge de la conception et de l’intégration du système de combat et des systèmes aviation.
Eviter les déboires des sous-marins Barracuda
Pourquoi une telle JV alors que les deux entreprises ont déjà travaillé ensemble ? Il s’agit de limiter les risques de dérive industrielle et de mauvaise maîtrise technique trop fréquents dans de tels programmes. Le ministère des Armées veut éviter les déboires rencontrés lors du programme des sous-marins Barracuda assez similaire dans le sens où il intègre également des chaufferies nucléaires.
La JV aura autorité sur les équipes de conception de deux entreprises dédiées à ce programme, soit plusieurs centaines de collaborateurs. Son but est aussi de fluidifier les échanges en réduisant les interfaces entre les deux entreprises. "Elles n’ont pas forcément les mêmes méthodes de travail car elles ne sont pas sur les même segments de marché, ni le même système informatique", explique-t-on également au ministère des Armées.
Au total, le développement et la construction du porte-avions mobiliseront 2 100 emplois dont 1 400 personnes pour Naval Group et ses partenaires, et 300 personnes sur la partie nucléaire. Le coût du projet jusqu’en 2025 pour le développement du bateau et de la chaufferie sont estimés à environ 900 millions d’euros. Le futur porte-avions qui doit prendre le relais du Charles de Gaulle en 2038 sera capable d’emporter 2 000 marins et une trentaine d’avions de combat.





