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«Il y aura d'autres mauvaises nouvelles» dans l'auto, prévient le ministre de l'Industrie Antoine Armand

Invité en ouverture des Assises de l'industrie de L'Usine Nouvelle, mercredi 6 novembre, le ministre de l'Economie Antoine Armand s'est inquiété de la «situation extrêmement difficile» du secteur auto français. «Plus que jamais, on a besoin d’être soudés», estime le locataire de Bercy, qui prévient que le futur ne sera pas tendre.

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Antoine Armand Les Assises de l'Industrie 2024
Antoine Armand, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie était l'invité des Assises de l'industrie de L'Usine Nouvelle, le 6 novembre 2024.

Le secteur français de l'auto n'est pas près de sortir de sa spirale infernale. «Il va y avoir des transformations et il y aura d'autres mauvaises nouvelles», a prévenu le ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie Antoine Armand, invité aux Assises de l'industrie de L'Usine Nouvelle, ce mercredi 6 novembre. «L'ensemble du secteur industriel fait face à une situation extrêmement difficile, rappelle-t-il. Dans l'automobile, on est dans un moment de conjoncture qui pourrait balayer les efforts faits par les constructeurs et les équipementiers pour transformer la filière.»

Et pour cause : faute de volumes de production et face à une concurrence mondiale qui s'intensifie, les équipementiers automobiles multiplient les fermetures d'usines, restructurations et suppressions d'emplois. Prenant l'exemple de la vallée de l'Arve, le ministre, ex-député de Haute-Savoie, souligne que «les signaux faibles, on les pressent et on les craint depuis longtemps». La faute aux «coûts de l’énergie, du travail et des matières premières», entre autres. L'une des réponses, selon lui : la diversification, qui rend «moins vulnérable» et pour laquelle «parmi les soutiens publics et privés, il doit y avoir un encouragement». De nombreux sous-traitants l'envisagent, mais transformer les produits et l'outil de production n'est pas chose aisée.

«Une balle dans le pied»

A brève échéance, l'auto française se rapproche à grande vitesse d'un mur réglementaire : l'interdiction de commercialiser des véhicules thermiques en Europe en 2035. Avec un nouveau palier d'émissions de CO2 en 2025, potentiellement synonyme d'amendes massives à venir pour les constructeurs. «Est-ce que ce règlement est une bonne chose ? A mon sens – et car nous sommes dans course de vitesse – oui, estime Antoine Armand. Mais si cela implique des milliards d'euros d’amendes pour nos constructeurs, qui le répercuteront partiellement ou totalement sur les équipementiers, ce serait se mettre une balle dans le pied.»

«Je pense que nos concurrents nous regarderaient d'un drôle d'oeil si l’on imposait des amendes à nos constructeurs alors que l’ensemble du secteur va mal, ajoute-t-il. On ne s’est pas fixé cet objectif pour le plaisir de créer des normes, mais parce qu'on est dans une course de vitesse avec des partenaires asiatiques qui vont plus vite que nous, notamment car ils utilisent des outils contraires aux pratiques de marché et aux pratiques commerciales.» Un sujet sur lequel l'Union européenne a frappé fort, imposant jusqu'à 35% de droits de douanes supplémentaires à l'entrée des véhicules électriques chinois sur son marché.

«La guerre commerciale détruit de la valeur de manière générale, pour les industries européennes comme pour ceux qui mettent en place des mesures protectionnistes», estime encore le ministre. Dresser plus de barrières finira pas affaiblir tout le monde. Et dans un monde où tout le monde est dur et crispé, on ne peut pas être souple, on doit être fermes et durs, sinon nous serons balayés.» Une mise en garde des plus claires et d'actualité, alors que Donald Trump vient d'être à nouveau élu président des Etats-Unis. Notamment sur la promesse de dresser de nouvelles barrières douanières.

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