Le gouvernement progresse sur le bien-être animal

Fin du broyage des poussins et de la castration à vif des porcelets, présence d'un responsable bien-être animal dans les abattoirs ou encore sanction pour les propriétaires de chats non identifiés... figurent parmi la liste des mesures annoncées, le 28 janvier par le ministère de l'Agriculture en faveur du bien-être animal.

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Le gouvernement vient d'annoncer 15 mesures pour le bien être animal.

Images de porcs qui s'entassent dans des étables insalubres, de poulets qui meurent écrasés dans leurs cages...Depuis quelques années, alertés par les images de l'association L 214, les Français sont de plus en plus sensibilisés à la cause du bien-être animal. En 2017, 80% d'entre eux jugeaient d'ailleurs la cause animale importante, selon un sondage IFOP pour le Collectif AnimalPolitique.

C'est pour répondre à cette nouvelle demande des consommateurs que le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a annoncé, ce mardi 28 janvier, un plan pour l'amélioration du bien-être animal.

Fin du broyage des poussins et de la castration à vif

Au programme une quinzaine de mesures qui traitent aussi bien des bêtes d'élevage que des animaux domestiques. Parmi les mesures phares, le ministre a confirmé l'arrêt du broyage de poussins à compter de la fin de l'année 2021. La mesure avait déjà été dévoilée le 14 janvier dernier à la suite d'une rencontre avec son homologue allemand Julia Klöckner.

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Didier Guillaume a également annoncé l'interdiction de la castration à vif des porcelets. Cette pratique, qui concerne plus de 85% des porcs mâles, permet d'éviter les mauvaises odeurs lors de la cuisson. Déjà interdite dans plusieurs pays européens, cette technique sera également bannie de l'hexagone dès la fin d'année 2021 a annoncé le ministre.

Des mesures peu ambitieuses pour les ONG

Ces deux mesures, bien qu'attendues, ont été saluées par les associations dites "welfaristes" à l'image de Welfarm. Pour sa porte-parole, Pauline di Nicolantonio, "l’interdiction de la castration à vif des porcelets est une grande nouvelle à condition que le ministre prenne dès aujourd’hui les mesures réglementaires qui obligeront sa mise en oeuvre".

L'association met toutefois en garde contre le potentiel recours à d'autres techniques de castration: "attention également à ce que les éleveurs ne se ruent pas sur la castration sous anesthésie. La seule alternative viable, aussi bien pour les animaux que pour les éleveurs, est l’arrêt pur et simple de la castration, autrement dit l’élevage de mâles entiers ou l’immunocastration".

Pas de cadre réglementaire

Une préoccupation également exprimée par le CIWF. Cette ONG qui travaille notamment avec les industriels à la mise en place d'un étiquetage spécifique dénonce des "mesures peu ambitieuses" : "la véritable annonce serait de fixer une échéance pour l’arrêt de la castration", explique Agathe Gignoux, responsable des affaires publiques pour CIWF France.

Autre point noir souligné par les associations : l'absence d'engagement réglementaire. Le ministre n'a, en effet, pas indiqué la suite qui serait donnée à ses annonces. "Il n'y a actuellement aucun cadre réglementaire acté. Or, c'est le seul moyen de responsabiliser les filières pour que l’objectif 2021 soit atteint", ajoute la responsable.

Pas d'évolution dans les abattoirs

La question de la présence d'un contrôle vidéo dans les abattoirs, qui avait pourtant été largement débattue pendant les débats sur la loi Alimentation n'a pas été retenue par le ministre. Sur le sujet, Didier Guillaume a toutefois demandé un meilleur encadrement du transport des animaux vers les abattoirs. Bien qu'il se soit déclaré favorable, à titre personnel, à la généralisation des abattoirs mobiles ou à la ferme, la mesure n'a pas non plus été inscrite dans le plan.

De quoi provoquer la déception de l'association L214: "Ce plan ne s'attaque pas aux problèmes de fond, notamment au modèle agricole intensif et aux conditions d'abattage" déplore Brigitte Gothière, cofondatrice de L214. 

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