Les annonces de François Hollande, du 14 janvier 2014, ont été accueillies de manière plutôt favorable du côté de l’industrie textile. "Je vois un point positif, c’est que le président de la République s’est engagé à une baisse des dépenses publiques et à une reprise économique par l’offre", confie Yves Dubief, le président de l’Union des industries textiles et PDG de Tenthorey, dans les Vosges.
L’engagement pris par François Hollande de réduire les charges sociales de 35 milliards d’euros est ainsi accueilli à bras ouverts par ce secteur qui emploie près de 65 000 personnes en France. "Mais il y a les effets d’annonce, puis le détail des mesures…", prévient néanmoins Yves Dubief.
La manière dont la réduction des charges sociales sera mise en œuvre laisse le président de l’UIT dubitatif, notamment si elle conduit à la suppression du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). "Les 20 milliards d’euros du CICE sont calculés après impôts. Tandis qu’une baisse des charges sociales s’effectue avant impôt, remarque Yves Dubief. Donc sur les 35 milliards d’euros prévus, on en retire environ un tiers pour l’impôt sur les sociétés. Au final, la différence avec le CICE ne sera donc pas si élevée…"
Difficile de s’engager sur une augmentation des effectifs

- 1784.36+3.25
2024
Smic brut mensuel - moyenne annuelleen €/mois
- 0.3-40
Trim 3 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
- 144+0.28
Septembre 2025
Indice mensuel du coût horaire du travail révisé - Salaires et charges - Tous salariés - Industrie manufacturière (NAF rév. 2 section C)base 100 en décembre 2008
Autre point de méfiance du président de l’UIT, les contreparties qui seront demandées aux entreprises. "Nous sommes favorables à une amélioration du dialogue social et à la formation, reprend Yves Dubief. En revanche, prendre un engagement sur une augmentation du nombre d’emploi dans la branche textile est très difficile."
Selon lui, le secteur est parvenu à stabiliser l’érosion du nombre d’emplois global. Mais tout juste… Une grande partie de l’industrie textile, positionnée sur l’habillement ou le textile de maison, demeure soumise à une forte concurrence des pays à bas coûts. Et ces entreprises ont plutôt tendance à réduire leurs effectifs.
La dynamique du textile technique, qui fait d’ailleurs l’objet d’un des 34 plans industriels présentés par Arnaud Montebourg en octobre dernier, a permis de redonner des couleurs à une industrie moribonde. Le secteur du textile technique représente aujourd’hui 40 % des effectifs et de la valeur ajoutée de l’industrie textile globale, contre 25 % il y a huit ans. "Mais cette croissance en nombre d’entreprises et en chiffre d’affaires du textile technique, compense à peine la réduction des effectifs du reste de l’industrie", explique le président de l’UIT.
Pour Yves Dubief, l’engagement du patronat sur une augmentation de l’emploi ne pourra donc se faire que de manière globale, et non par branches.
Arnaud Dumas





