L’événement était attendu. Global Industrie 2022, qui se tient jusqu’au 20 mai à Paris Nord-Villepinte, sera peut-être celui de l’après crise sanitaire. Après une édition 2020 entièrement digitale et une édition 2021 lyonnaise en mode hybride qui a réuni 1500 exposants (-40% par rapport à l’édition 2019 !), ce 4ème rendez-vous rassemble 2300 exposants. Et avec près de 40 000 visiteurs prévus, le salon devrait se repositionner en tant que rendez-vous majeur pour l'industrie européenne.
Cette année les roboticiens sont venus nombreux afin de présenter de nouvelles solutions, dont quelques une en avant-première européenne. En fil conducteur de ces nouveaux produits : diversifier les applications et favoriser l’accessibilité de la robotique aux PME. Des enjeux qui trouvent un écho dans la réindustrialisation responsable que les organisateurs du salon ont choisi de mettre en avant pour cette édition de Global Industrie.
« La crise sanitaire a apporté une nouvelle vision de l’industrie, notamment sur le besoin de relocaliser certaines production. Les petites industries ont besoin de robots faciles à intégrer pour leur permettre de gagner en compétitivité », explique Jacques Dupenloup, directeur de Stäubli Robotique France.
Un transfert de savoir-faire vers les robots
Ce besoin d’automatisation est d’autant plus fort que les PME peinent souvent à recruter dans certains métiers. « Les petits industriels cherchent souvent à effectuer un transfert de savoir-faire du spécialiste vers le robot collaboratif pour accompagner des montées en production. Le spécialiste supervise la tâche accomplie par le robot », pointe David Montgilbert, de la société Voestalpine Böhler Welding, qui présente sur le stand de son partenaire Universal Robot un cobot de soudage. « Il est aujourd’hui très difficile de recruter des soudeurs. Le cobot répond à une vraie attente dans les usines ».
Sur son stand le spécialiste de la cobotique Universal Robots (UR) met en avant cette approche. Douze applications allant du soudage, au ponçage, en passant par le contrôle qualité ou la palettisation illustrent la polyvalence des bras collaboratif (UR), dont la gamme va d’une charge utile de 5 kg à 16,5 kg. « C’est grâce à notre écosystème UR+ et à nos partenaires dans le domaine des préhenseurs et des softwares que nos cobots peuvent répondre à ce large champ de besoins », explique-t-on du côté d’UR.
Alexandre Couto Application de ponçage sur le stand d'Universal Robots
Faciliter l’intégration
La diversification des applications est également dans l’ADN du fabricant de préhenseurs OnRobot. La société dévoile sur le salon sa nouvelle solution de palettisation, la 2FGP20. Il s’agit d’un effecteur double usage, avec d’un côté une pince capable de saisir des cartons, qu’ils soient ouvert ou fermés, ainsi qu’un système de ventouses positionné sur le côté de la pince. Celui-ci est utilisé pour saisir les plaques intercalaires et les placer entre les cartons.
« Outre notre préhenseur, nous avons également développé un logiciel dédié pour faciliter les opérations, sans avoir besoin de programmer les opérations », précise Cyril Griotier, responsable des ventes d’On Robot pour la France. « Il suffit donner au logiciel le point de départ des cartons et leur points d’arriver, et il se charge de calculer les trajectoires pour optimiser la palettisation ».
Cette recherche d’une robotique simple d’accès, sans longue étape de programmation, se retrouve chez le roboticien allemand Kuka, il présente en avant-première sur Global Industrie un petit cobot, le LBR iisy. Sa spécificité : il est basé sur le système d’exploitation de Kuka, le iiQK.OS, qui lui permet d’être prêt à l’emploi en quelques minutes dans des processus de fabrication définis.
Il peut être facilement programmé au moyen de commandes se présentant sous formes d’icônes. Un système d’apprentissage manuel est également intégré pour faciliter le positionnement du bras dans l’espace avant d’en enregistrer les coordonnées en appuyant sur un simple bouton situé près de l’effecteur. LBR iisy sera commercialisé à partir du mois d’octobre.
Alexandre Couto Le robot LBR iisy sur le stand de Kuka, conçu pour être facilement intégré sur les chaînes de production.
Diversifier les applications
Du côté du japonais Fanuc, la gamme de robots collaboratifs CRX s’étoffe avec deux nouveaux modèles, présentés pour la première fois en Europe : le CRX-5iA et le CRX-25iA. Ces deux robots repoussent les limites de la gamme en termes de charge utile. Le premier, très compact, est capable de porter des charge allant jusqu’à 5 kilos – soit la plus petite charge de la gamme – tandis que le second porte jusqu’à 25 kg, soit 5 kilos de plus que le précédent modèle haut de gamme. « Nous voulons proposer un robot adapté à tous les types d’applications », explique Loïc Wanlin, responsable produit de la gamme CRX en France.
Alexandre Couto La gamme de cobots CRX de Fanuc
Plus impressionnant, Fanuc a également dévoilé son nouveau robot M-1000iA, dédié à des applications dans l’aéronautique, le ferroviaire ou encore le spatial. Sa particularité : un axe J3 pouvant se retourner, facilitant les opérations en avant et en arrière du robot, sans nécessiter un grand périmètre de sécurité. Ce robot est capable de porter une charge de plus d’une tonne et possède un rayon d’action de plus de 3 mètres.
Rechercher de nouvelles briques technologiques
Autre société japonaise, Yaskawa présentait son robot compact MOTOMAN GP4. Sorti il y a tout juste un an, ce petit robot de manipulation 6 axes dispose d’une charge utile de 4 kg et d’une répétabilité de 0,01 mm. « Son faible encombrement et ses performances en font un robot adapté aux petites entreprises qui souhaitent se robotiser », appuie Samuel Segalen strategic account manager pour la France chez Yaskawa.
Sur le stand du Suisse Stäubli, si aucune nouveauté n’est particulièrement mise en avant sur Global Industrie, la société réaffirme son intention de se positionner en tant que leader sur des marchés clés, comme la robotique médical ou encore l’agroalimentaire. « Nous avons un plan d’investissement important sur notre site de Faverges (Haute-Savoie), pour accroître notre capacité de production et d’innovation », rappelle Jacques Dupenloup, « Nous discutons avec des start-ups pour faire émerger de nouvelles applications en robotiques et apporter de nouvelles briques technologiques. »





