Innorobo, sobriété énergétique et cybersécurité : focus sur les sujets marquants du Sido 2025

Le salon Sido vient de s’achever à Lyon, avec pour fait saillant le retour aux affaires d’Innorobo, l’évènement historique consacré à la robotique. La sobriété énergétique et la cybersécurité appliquées à l'Internet des objets, le cœur du salon, ont été des thèmes transversaux importants.

Réservé aux abonnés
Sido 2025
La 12e édition du salon Sido a eu lieu à Lyon les 17 et 18 septembre 2025. Il a réuni près de 400 exposants.

La douzième édition du Sido, qui a pris ses quartiers à Lyon les 17 et 18 septembre, a été le théâtre d’une renaissance : celle d’Innorobo, autrefois point de ralliement français de l’innovation en robotique et cobotique. C’est aussi un retour aux sources, puisque qu’Innorobo a vu le jour dans la capitale des Gaules il y a une douzaine d’années, avant de partir à Paris… puis de disparaître à la fin des années 2010. Le Sido, qui avait assumé une partie de son héritage, remet donc la « marque » Innorobo sur les rails. Les systèmes robotiques, majoritairement des bras poly-articulés et des robots de service, occupaient une bonne partie de l’aile ouest du Centre de Congrès.

D’une décennie à l’autre, certains sujets sont immuables, en particulier la simplification de la robotique en vue de la démocratiser. Les moyens, eux, changent, l’IA ayant fait son arrivée. Fondée en 2023, la start-up Neuronaix en témoigne. « On utilise l’apprentissage par imitation, explique le cofondateur Jean-Philippe Bétoin, côtoyant un bras robotique et un écran montrant le fonctionnement du dispositif. L’opérateur se saisit d’une pince, équipée d’une caméra et de capteurs d’orientation, et exécute les gestes, par exemple le dépôt de cylindres d’aluminium dans un bac. A partir de cette démonstration, l’IA générative, qui repose sur un algorithme de diffusion, va pouvoir généraliser, s’adaptant à des processus variables ou des cas d’usage plus complexes, comme le dévracage. On peut ainsi reprogrammer une ligne robotique en une demi-journée.»

Image d'illustration de l'articleFrédéric Monflier
neuronaix neuronaix

Le stand de la start-up Neuronaix, au Sido 2025.

Le projet est piloté par les Arts et Métiers et le technocentre d’Airbus à Marignane. « Des preuves de concept sont en cours chez de gros industriels », complète-t-il. L’idée serait de les valider pour convaincre aussi les PME. Une dizaine de mètres plus loin, le suisse Aica prône de même la facilité d’usage, en mobilisant l’apprentissage par renforcement pour ajuster les trajectoires de son bras robotique.

Le nordiste Niryo poursuit le même objectif, mais adopte une approche orientée coût, que sa nouvelle plateforme Nate, présentée pour la première fois, doit concrétiser. « On conçoit et on fabrique des briques hard et soft qui se destinent à des cas d’usage qui ne sont pas pris en compte, détaille Julien Perrin, directeur de l’exploitation. C’est par exemple la dépose de tôles métalliques, avant leur ébavurage, puis la dépose de ces mêmes tôles devant une machine de pliage… Il y a plusieurs applications de ce type dans une usine. Mais l’industriel, notamment une PME, ne va pas mettre en œuvre une cellule robotique pour chaque situation. Notre objectif est de lui proposer un robot sur étagère qu’il pourra amortir sur plusieurs cas d’usage. Ce sera une plateforme robotique complète moins onéreuse, que l’industriel pourra paramétrer sans appeler l’intégrateur. » Sur le stand étaient exposés une première série d’actionneurs, Julien Perrin insistant sur leur certification, dont certains modèles très économiques en provenance de Chine ne bénéficient pas toujours selon lui. Ils seront suivis par un bras robotique puis des briques logicielles.

Une centaine de milliwatts pour l'IA en périphérie

Le Sido a beau s’être diversifié pour se placer au carrefour de nombreuses technologies – IA, réalité virtuelle, robotique… -, l’Internet des objets demeure son centre névralgique. Parmi les nombreuses problématiques mises en lumière par les exposants et les diverses conférences, l'accent est mis sur la sobriété énergétique et la cybersécurité – objet du salon Lyon Cyber Expo se déroulant en parallèle.

ST Microelectronics s’occupe de la première avec son microcontrôleur STM32N6, dévoilée en décembre dernier, le premier de l’industriel franco-italien à intégrer un accélérateur neuronal pour les applications IA à la périphérie (on edge). « On peut exécuter en temps réel un algorithme de vision par ordinateur pour de l’inspection visuelle ou de la détection de défauts avec une consommation de 100 à 300 milliwatts, au lieu de 4 watts auparavant, estime Vincent Richard, responsable marketing des produits IA. On atteint les performances en IA d’une puce graphique de Nvidia d’il y a trois ans mais la consommation est sans commune mesure. »

L'écoconception en quête de valorisation

L’écoconception est un autre angle d’attaque majeur. Invité à une table ronde sur le sujet, Erwan Fangeat, coordinateur technique Sobriété numérique à l’Ademe, rappelle les enjeux : « Les objets connectés représentent 330 millions d’équipements en France pour 1 million de tonnes d’équivalent CO2. Si la tendance se poursuit, ils seront 2,5 milliards en 2050 et pèseront 25% des émissions CO2 du numérique, au lieu de 3% aujourd’hui. »

Dirigeant associé d’Altyor, une PME qui fabrique des produits électroniques en marque blanche, Thomas Gauthier souligne l’impact positif de petites modifications du cahier des charges transmis par le client : « Une épaisseur moindre de plastique peut suffire pour respecter les contraintes mécaniques données, certaines fonctions électroniques ne sont pas nécessaires parfois, au même titre que la remontée très fréquente d’informations… La baisse de l'impact environnemental est significative pour une production en volume. L’écoconception n’est pas encore assez valorisée, surtout au regard du temps de réflexion qu’elle mobilise. Mais les grands acteurs nous sollicitent davantage sur le sujet depuis 5 ans ».

La directive Red actualisée avec un volet cyber

Concernant la cybersécurité, la modification en août dernier de la directive européenne Red (Radio equipment directive), appliquée depuis 2014 aux équipements radioélectriques, comporte désormais un volet cybersécurité obligatoire. « Celui-ci demande de réaliser une analyse de risques, notamment pour le stockage et le traitement des données dans les objets connectés, et promeut des bonnes pratiques, détaille Charly Hamy, directeur du bureau d’études Rtone. L’électronique doit rarement être modifiée, au contraire du logiciel. Les mises à jour doivent sécuriser les communications. Côté organisationnel, un référent, semblable au référent RGPD, doit également être mis en place. » Déjà en vigueur, le Cyber Resilience Act couvre quant à lui à toute la chaîne du numérique. « Mais il n’y aura pas de pénalités avant 2027 », signale Charly Hamy.

Un délai pour que les entreprises se mettent à jour. Et préparent leur trésorerie, car les certifications par les organismes notifiés ont un coût non négligeable. « Le prix de la prestation a été multiplié par trois depuis 15 ans, ce qui n’est pas justifiée techniquement, dénonce Pierre Cherel, président de RF Track, qui développe des balises de géolocalisation. Cela peut freiner l’innovation, notamment pour une start-up ». Difficile de faire sans, toutefois, alors que les menaces cyber se multiplient et gagnent en sophistication, dans un climat géopolitique de plus en plus tendu.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Ils recrutent des talents
Chez Framatome, façonnons les réacteurs nucléaires de demain !

Un avenir énergétique 100% électrique et bas carbone ? Tout le monde en rêve, mais le défi est bien vaste ! Entreprise industrielle de la métallurgie, au service de la filière nucléaire, chez Framatome, chaque innovation, chaque calcul d’ingénierie, chaque soudure, contribue à cet objectif.

Le témoignage
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
Trouvez des produits et des fournisseurs