[Eolien en mer] Les Chantiers de l’Atlantique ont parié très tôt sur les sous-stations

On l’ignore, mais les Chantiers de l’Atlantique sont à la fois un pionnier et l'un des piliers de la nouvelle filière industrielle française pour l’éolien en mer. A Saint-Nazaire, ils ont investi 20 millions d’euros dès 2014.

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sortie du hall de construction de la Sous-station électrique parc éolien en mer d'EDF Saint-Nazaire le 6 septmebre 2020
La sous-station électrique du parc éolien en mer d'EDF et Endbridge est sortie du hall de construction de la division énergies marines des Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire le 6 septembre 2020.

Il n’y en a qu’une par parc éolien en mer, mais c’est une pièce majeure. La sous-station électrique, installée en pleine mer, est reliée à toutes les éoliennes et à la terre par deux câbles sous-marins, jusqu’à une station terrestre, installée par RTE en France. La sous-station du parc éolien de Saint-Nazaire d’EDF et Endbridge, le premier en France, est sortie de l’alvéole de peinture dédiée des Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, en novembre 2020. L’installation des équipements électrique intérieurs, notamment fournis par GE Grid, se déroulera en 2021 pour une mise est prévue en 2022.

Déjà trois sous-stations installées en Europe

Ce n’est ni la première, ni la dernière sous-station que construira le chantier naval. L’entreprise a aussi été retenue pour les sous-stations des deux autres parcs français gagnés par EDF, Endbridge et WDP, soit Fécamp et Courseulles, en Normandie. Les Chantiers ont aussi construit et installé trois sous-stations en mer du Nord et Baltique pour un total de 1 gigawatt (GW). La première est entrée en service dès 2014 sur le parc de Westermost Rough au Royaume-Uni pour Dong Energy, devenu ORSTED. Deux autres ont été installées en 2018 pour les parcs d’Arkona en Allemagne pour Otary et de Rentel en Belgique pour le consortium Eon Statoil, respectivement devenu RWE et Equinor.

L’éolien offshore, les Chantiers de l’Atlantique ont été les parmi les premiers à y croire. "On a commencé à s’y intéresser en 2009, alors que personne n’en parlait", se souvient Frédéric Grizaud, directeur Énergies marines des Chantiers de l'Atlantique. Sur ce nouveau marché, l’entreprise ne partait pas de zéro. "On avait travaillé un peu en ingénierie pour le pétrole offshore et on avait réalisé des plates-formes à la fin des années 1990. Mais cela faisait vingt ans que l’on ne faisait plus que des navires."

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Un outil industriel ad hoc

Après l’expérience réussie de de Westermost Rough, l’entreprise décide de créer une unité business dédiée et de se doter d’un outil industriel ad hoc. "En 2014, alors que nous n’avions pas de nouvelle commande, nous avons pris la décision d’investir 20 millions d’euros dans une usine dédiée aux énergies marines renouvelables, ainsi qu’en recherche et développement pour de nouveaux concepts de sous-stations électriques, avec des solutions techniques dérivées de la construction navale qui amenaient des économies significatives", explique Frédéric Grizaud.

À côté des chantiers navals, sont montés un hall de construction de 120 x 30 mètres au sol pour 20 mètres de haut avec deux ponts de 60 tonnes, une aire d’assemblage de 6000 m2 ainsi que la plus grande alvéole de peinture du chantier, aux dimensions de cathédrale (soit 55 x 35 mètres pour 35 mètres de haut). De quoi construire de 2 à 4 sous-stations par an, sachant qu’entre la phase d’études "qui peut durer huit mois en ingénierie simultanée" et la mise en service, "il faut compter trois ans".

200 emplois et une nouvelle école

L’activité emploie 200 personnes en CDI, dont 60 salariés des chantiers de l’Atlantique en production et 30 à 40 sous-traitants pour la partie métallurgie. En 2019, une école des Chantiers de l’Atlantique spécialisée dans les métiers de soudure et de métallurgie, compétences de base aussi des sous-stations, a été ouverte. Une première promotion est sortie cette année. À terme, entre 40 et 50 personnes seront diplômées chaque année.

Reste que près de la moitié de la valeur d’un contrat, qui se situe dans une fourchette "de 50 à 100 millions d’euros", revient à la sous-traitance. "Sur les contrats à l’export, on a dénombré plus de 200 entreprises, dont la moitié est basée dans l’ouest de la France. Pour la sous-station dans la mer Baltique, on a aussi travaillé avec des entreprises en Auvergne-Rhône-Alpes", observe Frédéric Grizaud. Ce dernier reconnaît néanmoins qu’en matière d’offshore, il y a "des compétences qu’on ne trouve pas en France".

Le directeur Énergies marines des Chantiers de l'Atlantique reste malgré tout confiant sur l'avenir de cette activité. "L’Europe vise les 300 GW en posés en 2050 et 40 GW en flottant ", pour lesquels les Chantiers proposent également une solution innovante. Mais la concurrence s’avère déjà rude. Si ses deux premiers concurrents sont belge et danois, "les non-européens contrôlent déjà 20 % du marché des sous-stations".

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