Des dirigeants de terrain qui reprennent (timidement) confiance

Au siège du CJD, le centre des jeunes dirigeants, le 15 janvier, après la conférence de presse de François Hollande, on débat à bâtons rompus des annonces de la veille. L’optimisme est au rendez-vous-même si la confiance est encore fragile.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Des dirigeants de terrain qui reprennent (timidement) confiance

"Supprimer la ligne de cotisations familiales, ça c’est net, c’est simple. Le CICE, c’était plus compliqué. Les dirigeants ne réaménagent pas leurs coûts de production dans la perspective d’un chèque à la fin de l’année. Avec l’instabilité que l’on connaît en France, certains se disaient 'et si ça ne tient pas'… Du coup, pas question d’investir ou de changer sa grille de tarif, mieux vaut attendre l’argent par principe de précaution" explique Christophe Praud, président du CJD (centre des jeunes dirigeants) qui réunissait ce 15 janvier au matin son bureau national.

instabilité fiscale et complexité administrative

Au lendemain de la conférence du président de la République, avenue Georges V, la discussion était animée dans les bureaux de l’association. Le "coming out" présidentiel sur une politique économique de l’offre est salué, son volontarisme les a heureusement surpris. Mais il faudra des preuves rapides pour rapiécer une confiance en lambeaux sur deux sujets qui font de la vie quotidienne des dirigeants, un enfer : l’instabilité fiscale et la complexité administrative. Pour Louis-Xavier Fourest, directeur général de la fédération du bâtiment Champagne-Ardenne : "une trajectoire de baisse des charges à 2017 c’est bien mais il faudrait des engagements concrets qui l’accompagnent comme la non-rétroactivité des dispositifs. Cette année, on a dû refaire en janvier toutes les déclarations annuelles de revenus des salariés. Celles de décembre étaient fausses car entre-temps il a fallu intégrer l’imposition des salariés sur la part patronale de la complémentaire santé."

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Tous espèrent un timing serré pour mettre en œuvre les changements qu’ils soient d’ordre financier ou administratif. Brice Collier, PDG de Plastic 2005, une PME de la plasturgie de Tours a déjà fait ses comptes : "je touche cette année 90 000 euros de CICE. Si demain on m’enlève 5 % de cotisations famille sur ma masse salariale de 3 millions d’euros, là on ne parle plus d’une paille". De son côté Laurent Bazin qui dirige un bureau d’expertise-comptable à Villeneuve d’Ascq souligne l’intérêt "d’une baisse de cotisation qui toucherait tous les salaires, au-delà de 2,5 Smic et l’intérêt pour les trésoreries".

Des contreparties pas très menaçantes

La manière dont a été abordée la question des contreparties est aussi de nature à rassurer ces chefs d’entreprise. L’idée d’un "observatoire" est pour eux le gage d’un système qui ne sera pas très contraignant. "Il y a déjà tellement d’observatoires, on sait que cela ne sert pas à grand-chose, éventuellement à constater. Et le Medef ne peut pas signer un chèque sur des emplois, ça n’a pas de sens", signale l’un d’entre eux. Les emplois ? Peu y croient pour tout de suite. "Le jeu c’est : des baisses de charges qui ramènent le coût du travail à un coût compétitif pour nous permettre de prendre des business et des parts de marchés. Et là, avec des commandes : on embauche", explique Christophe Praud.

Maintenant que la ligne est claire à l’Elysée, ces chefs d’entreprise espèrent que l’appareil de l’Etat va suivre. Car c’est souvent à ce niveau que se nouent les complications pour eux : transcriptions complexes par Bercy, lenteur de l’administration… "La hausse de TVA c’était une idée simple au départ mais avec tous ses taux maintenant, un entrepreneur du bâtiment peut avoir 4 taux différents sur une seule et même facture", témoigne Laurent Bazin. A ce compte-là, tous applaudissent à l’idée d’intégrer des entrepreneurs de terrain dans les groupes de travail sur la simplification menée par un autre homme d’entreprise Guillaume Poitrinal.

Anne-Sophie Bellaiche

Anne-Sophie Bellaiche Cheffe du service Economie et Social
Anne-Sophie Bellaiche

Partager

NEWSLETTER Economie Social et management
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS