Le 3D Experience Lab de Dassault Systèmes continue de se développer. Le spécialiste des logiciels de conception et de simulation 3D a inauguré ce jeudi 19 septembre 2024 l’extension de ce laboratoire dédié à l’innovation et à l’accélération de start-up, dont la création remonte à 2015.
Le laboratoire initial étant hébergé dans un autre bâtiment, il s’agit même d’un lieu à part entière, plutôt que d’une extension. Quelque 1000 m² lui ont été réservés au rez-de-chaussée de locaux tout neufs, au siège social du groupe à Vélizy-Villacoublay (Yvelines).
A l’origine du 3D Experience Lab, le directeur de l’innovation de Dassault Systèmes, Frédéric Vacher, justifie cet espace supplémentaire par « la demande croissante des start-up et la volonté de montrer (notre) investissement ».
Digne d'une petite usine
Fournis par des partenaires tels qu’Omron, Fanuc ou encore Formlabs, les moyens matériels à disposition des start-ups pour fabriquer leurs prototypes semblent en effet conséquents. On découvre un centre d’usinage numérique à 5 axes, entouré de bras robotiques, d’imprimantes 3D et d’outils électroportatifs, plus communs dans les ateliers.
Le showroom annexe permet quant à lui l’utilisation de serveurs de calcul, d’écrans et de casques de réalité virtuelle. L’environnement logiciel est bien entendu centré sur la plateforme 3D Experience, fournie par Dassault Systèmes.
L’aménagement serait moins improvisé que par le passé. « Quand j’ai commencé il y a dix ans, j’ai un peu poussé la machine à café, car c’était des bureaux, qui n’étaient pas prévus à cet effet, raconte Frédéric Vacher. Là, j’ai profité d’un nouveau bâtiment pour travailler le projet en amont et faire une usine, avec un sol qui tient la charge, un réseau électrique à part, un système de filtration… »
Plus de 70 start-up accompagnées
Quelque 70 start-up, sans être hébergées sur place, bénéficient du programme d’accélération 3D Experience Lab. L’accompagnement dure de deux à cinq ans, car « dans la deeptech, il faut du temps », fait remarquer Frédéric Vacher. Parmi les critères d’éligibilité, il cite l’innovation de rupture et le fort impact sociétal.
En témoigne Lattice Medical, qui fait la démonstration sur place de la fabrication d’un implant en biomatériaux pour la reconstruction mammaire. Frédéric Vacher mentionne aussi les drones solaires de XSun ou encore la fusion nucléaire que souhaite mettre en œuvre, un jour, Marvel Fusion.
Dans le hall juste à côté, Graphdeal, présente pour l’occasion, expose sur son stand les capteurs RFID médicaux ou environnementaux, à base de graphène, qu’elle compte commercialiser en 2025. Quand on l’interroge sur l'apport du 3D Experience Lab, le PDG, Vincent Bouchiat, met en avant « l’aide dédiée et l’accès facilité au logiciel ».
Un intérêt pour la R&D de Dassault Systèmes
« Notre particularité, c’est surtout d’amener des experts, lui fait écho Frédéric Vacher un peu plus tard. On couvre 11 secteurs industriels et nos ingénieurs sont compétents sur à peu près tous les sujets. Grâce au cloud, nos ingénieurs peuvent être mobilisés de façon temporaire et travailler sur un jumeau numérique à distance. » Le concept du 3D Experience Lab est du reste international, avec des implantations aux Etats-Unis, en Allemagne et en Inde.
Dassault Systèmes récolte aussi les fruits de ce genre de coopération entre start-up et grand groupe. « Notre logiciel Catia n’était pas fait pour la reconstruction 3D d’organes à partir d’imagerie médicale ou l’impression 3D composite avec plusieurs matériaux simultanés, note Frédéric Vacher. Cela donne à notre R&D des éléments pour comprendre ces évolutions et être prête quand ces techniques sont en production. »





