Changement surprise à la direction générale de Sanofi : Paul Hudson débarqué, Belén Garijo, patronne de Merck, lui succédera au printemps

Le laboratoire français Sanofi sera dirigé à partir du 29 avril par Belén Garijo, l’actuelle directrice générale du groupe pharmaceutique allemand Merck. Paul Hudson, nommé directeur général en 2019, cessera ses fonctions le 17 février, avec un intérim assuré par Olivier Charmeil, actuel vice-président exécutif de la division Médecine générale.
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Paul Hudson nouveau DG sanofi
Paul Hudson, directeur général de Sanofi depuis septembre 2019, cessera son mandat dès le 17 février 2026, débarqué soudainement malgré une stratégie claire et des avancées qui semblent positives.

Sanofi change de capitaine. Très soudainement. Dans un communiqué assez lapidaire, le groupe explique que «le conseil d’administration de Sanofi s’est réuni le 11 février 2026 et a décidé de ne pas renouveler le mandat d’administrateur de Paul Hudson». Lequel «quittera ses fonctions de directeur général le 17 février 2026 au soir». Il sera remplacé provisoirement par Olivier Charmeil, l’actuel vice-président exécutif Médecine générale de Sanofi, qui passera le relais à partir du 29 avril prochain à Belén Garijo, laquelle dirige actuellement le laboratoire allemand Merck.

Il est impossible à ce stade d’expliquer pourquoi Paul Hudson est débarqué. Selon nos informations, cela pourrait résulter d’une entente compliquée avec Frédéric Oudéa, président du conseil d’administration depuis 2023. Mais aucun signe extérieur ne laissait présager un changement, surtout aussi brutal, en particulier dans un contexte complexe pour l’industrie pharmaceutique et alors que le groupe français venait de publier un bilan positif pour le dernier exercice. Arrivé en septembre 2019 à la tête de Sanofi, ce Britannique qui dirigeait avant Novartis Pharmaceuticals, menait depuis une stratégie plutôt claire et cohérente pour faire du groupe français un fleuron mondial de la biopharma.

Six ans avec la volonté de «jouer pour gagner»

En six ans, et motivé par une volonté de «jouer pour gagner», Paul Hudson a assumé des choix forts. Dès le début de son mandat, il réoriente drastiquement la stratégie de R&D du groupe. Exit les recherches en cardiovasculaire et diabète, deux aires thérapeutiques phares de Sanofi, mais dans lesquelles le dirigeant ne voit plus d’opportunités d’aller trouver des médicaments révolutionnaires. Il préfère tout axer sur l’oncologie et l’immunologie – en plus des vaccins - des domaines dans lesquels les différences et les innovations peuvent être bien plus spectaculaires, faire progresser davantage la médecine dans des pathologies graves et/ou rares, et qui sont aussi bien plus rentables.

Sanofi cède les contrôles de sa chimie fine et du Doliprane

Sous sa gouvernance, le portefeuille de Sanofi entame une mue prononcée, avec des centaines de médicaments à moins de 1 million d’euros de ventes par an qui sont cédés. Le laboratoire cède le contrôle de sa branche d’une grande partie de sa chimie fine et de principes actifs chimiques, EuroAPI, puis la majorité du capital d’Opella, sa division santé grand public et sa marque totem Doliprane. Des choix qui réduisent l’empreinte industrielle de Sanofi en France en particulier, où le groupe investit toutefois massivement tant en R&D, avec les projets ARNm, qu’en capitaux industriels avec notamment l’usine ultra-modulaire de vaccins et d’anticorps monoclonaux de Neuville-sur-Saône (Rhône) ou dans un doublement des capacités du site de bioproduction de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Un focus sur le marché américain

En parallèle, Paul Hudson avait suivi de près les évolutions de l’administration américaine et ses pressions sur les laboratoires pharmaceutiques et les prix des médicaments. Sanofi a engagé au printemps 2025 un plan d’investissements de 20 milliards de dollars sur le territoire américain, qui reste son premier marché mondial et fait partie de la quinzaine de grands acteurs de la big pharma à avoir signé des accords avec le président Trump pour réduire le prix de certains médicaments aux Etats-Unis.

Désormais, hors de Sanofi, Paul Hudson prendra un profil bien plus américain puisqu’il avait annoncé ces derniers mois qu’il succéderait en 2026 à Albert Bourla, le patron de Pfizer, à la tête de PhRMA, la fédération américaine de la recherche et des producteurs pharmaceutiques aux Etats-Unis. Mais il n’avait toutefois pas prévu de lâcher les rênes de Sanofi en endossant ce rôle.

Belén Garijo, un profil déjà rompu à Sanofi

La future directrice générale ne va pas débarquer en terrain inconnu. Dirigeant Merck depuis 2021, après avoir rejoint le laboratoire allemand en 2011, cette médecin de nationalité espagnole a passé une quinzaine d’années au sein de Sanofi et de ses entités précédentes. Elle avait démarré en 1996 au sein de Rhône-Poulenc en Espagne comme directrice de division Oncologie, avant d’assumer cette fonction au niveau monde pour Aventis dès 2000. Devenue directrice générale de Sanofi Espagne en 2003, elle avait ensuite assumé la direction des opérations du groupe en Europe de 2006 à fin 2010. Le communiqué de Sanofi explique quelle «apportera une rigueur accrue à la mise en œuvre de la stratégie» et «accélérera la préparation de l’avenir», avec comme priorités «renforcer la productivité, la gouvernance et la capacité d’innovation de la R&D».

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