[Podcast] Rejoindre Tractebel, c’est "s’ouvrir au monde" dans un environnement qui promeut la parité homme femme !
Chez Tractebel, nous avons aujourd'hui environ 1/3 des employés qui sont des femmes. Et nous visons à avoir 40% de femmes dans le management d'ici 2030. Dans cet épisode du podcast « Engineering Angles », Daphné Charleton, responsable communication pour le département nucléaire interview Karen Plamont, responsable sûreté nucléaire sur le thème de la parité homme/femme.
Daphné : Tu as eu une carrière professionnelle, assez atypique. Tu as fait une grande partie de ta carrière dans l'armée dans la Marine plus particulièrement, et ensuite tu as décidé de te former en tant qu'ingénieur nucléaire. Ce sont généralement des domaines où les femmes sont plutôt minoritaires. Qu'est-ce qui t'a motivé à faire ces choix de carrière?
Karen : Je dirais que c'est le destin. Toute petite, je rêvais d’être vétérinaire, ce qui n’a rien à voir avec le nucléaire. Je faisais de la voile chaque été avec mon père et mon frère est rentré dans la Marine nationale également. Donc petit à petit, cela m'a intrigué et ce choix de carrière est venu assez naturellement. En 26 ans dans la Marine nationale, j'ai connu finalement à la fois cet aspect opérationnel et technologique. J’ai pu associer cette fonction de militaire avec l'ingénierie nucléaire très rapidement. Quand je suis rentrée dans la Marine, je voulais servir sur le porte-avions Charles De Gaulle et mon rêve était aussi à l'époque d’embarquer sur les sous-marins nucléaires, ce qui a pu se réaliser en 2016. Donc voilà, cela permet aussi de montrer que le nucléaire est en fait un domaine très ouvert et varié puisqu'on pense souvent seulement à l'industrie nucléaire qui produit de l’électricité. Et finalement on peut faire une carrière dans le nucléaire sans être dans l'industrie mais dans la Défense ou la recherche. Aujourd'hui j’ai rejoint l'industrie et peut-être que si je n’avais pas travaillé dans la Défense, je ne travaillerais pas aujourd'hui chez Tractebel.
Daphné : Oui, effectivement le domaine nucléaire est bien plus varié qu’on peut se l'imaginer généralement. Quels sont les moments forts qui ont marqué ta carrière?
Karen : Il y a des moments à la fois personnels et professionnels. Personnellement ce qui a vraiment marqué ma carrière c'est quand je suis devenue maman et que je suis partie en mission opérationnelle alors que mon fils avait deux ans. Ce sont des moments particuliers puisque je suis partie 6 mois à l'époque et après j'ai enchaîné d'autres missions. Et ça, ça m'a énormément marqué. Mais ce qui marque en fait, c'est le retour, c'est notre fils qui nous attend sur le quai, qui voit le bateau et à qui on fait visiter le bateau, tout ça.
Et au niveau professionnel, c'est d'avoir pu rejoindre les sous-marins nucléaires. C'était un rêve que j'avais depuis mon entrée dans la Marine. Avoir pu en fait toucher du doigt ce monde très masculin pour le coup, parce que je faisais partie du premier équipage féminisé. J'étais première chef de service réacteur sur un sous-marin nucléaire lanceur d'engins qui est un pilier de la dissuasion nucléaire française. Ce qui m’a marqué, c’est également l'esprit d'équipage. Et aujourd’hui, dans l’industrie, c'est le travail en équipe.
Je l'ai vu tout au long de ma carrière, on peut être Chef ou Manager et donc donner des ordres et prendre des décisions, prioriser, s'entretenir avec nos équipes. Mais en fait, cela marche dans les deux sens. Il faut une confiance mutuelle entre l’équipe et son chef. Les moments forts, ce sont les échanges que j'ai pu avoir avec mon équipage parce qu’on était dans un milieu clos pendant des mois, que ce soit sur un bateau ou un sous-marin, telle une famille qui se crée. Les liens hiérarchiques existent, bien-sûr, comme dans l'industrie. Mais ces liens, en fait, se créent par le relationnel.
Daphné : Et justement, en tant que femme avec une position de management, je suppose que tu as eu l'occasion de de diriger des hommes plus expérimentés. Comment cela s'est-il passé?
Karen : Oui, j'ai eu de nombreuses occasions de diriger des hommes plus expérimentés que moi. Dans tous mes postes d'officier, c'était le cas. Parce qu’étant dans le domaine de l'énergie, forcément, c'est un milieu très masculin. Dans mon premier poste, j'étais jeune lieutenant dans le secteur de la vapeur classique. Mes adjoints directs étaient rentrés dans la Marine nationale l'année de ma naissance, en 1976. Donc forcément une petite jeune femme qui arrive pour prendre le rôle de chef est un peu regardée de travers. J'ai occupé beaucoup de fonctions dans lesquelles j’ai été la première femme?: première chef d'un groupe d'atelier Chaudronnerie, première chef machine d'un pétrolier-ravitailleur, première femme chef de service sur un sous-marin nucléaire et en vapeur classique. Le premier contact a toujours été très dur, il ne faut pas se mentir.
Il faut, je pense, faire davantage ses preuves qu'un homme. Lors de mes premiers quarts de nuit sur un bateau (où l’activité ne s’arrête jamais), j'étais responsable de l’équipe de conduite des installations de propulsion et mon adjoint ne me parlait pas pendant 4 h, aucun mot. Je me suis donc dit « Soit je reste comme ça, je ne vais rien apprendre, je ne vais pas créer de lien, je vais m'ennuyer et je vais rentrer triste et déçue ; soit je me prends en main ». C’est ce que j’ai fait. J’ai échangé avec l'équipe, je suis descendue en bleu de travail dans la salle des machines et j'ai appris petit à petit. Mes anciens ont commencé à échanger avec moi et m'ont pris un peu sous leur aile. Lorsqu’il y avait des décisions à prendre j'étais là pour les prendre. En fait, il faut forcer le dialogue, forcer sa position.
Par contre, ce n'est pas parce qu'on est une femme qu'il faut jouer un rôle particulier.
Un chef est là pour décider, mais il décide à partir des éléments que va lui remonter son équipe et de la confiance réciproque au sein de l’équipe. C'est cet apprentissage qui m’a servi tout au long de ma carrière. M'intéresser au travail de mon équipe, ça c'est très important. C’est ainsi qu’on gagne en compétences, en savoir-faire mais aussi en savoir-être parce que tout cela nous forge. Dans tous les postes, j'ai donc appliqué cette méthode.
Et aujourd’hui, cela fonctionne toujours. J'ai encore des contacts réguliers avec mes anciens et mes plus jeunes d'ailleurs. Le rôle du chef, c'est aussi de décider. Même si on se trompe, ça fait partie de notre rôle. En revanche, ne pas décider, pour moi, c'est un échec patent.
Daphné : Je vois que tu as su rester fidèle à toi-même et faire tes preuves. Et justement, qu'est-ce qui après cette carrière assez fascinante dans l'armée t'a motivé à rejoindre Tractebel?
Karen : Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, sortir de la Défense. Je n’avais plus envie de forcément travailler sur des sujets « Défense ». Le fait de travailler pour les centrales en Belgique me permet de changer complètement de domaine, d'environnement et de pays avec une réglementation différente. Il y avait donc ce premier défi. L'autre raison, qui m'a vraiment donné envie de venir, c'est la diversité des cultures. Lorsque je servais dans la Marine j’ai pu échanger avec des Marines étrangères et visiter de nombreux pays. On se rend compte que quand on voyage et qu’on rencontre des personnes de nationalités différentes, on comprend beaucoup mieux le monde qui nous entoure. Il faut s'ouvrir au monde, partager, échanger avec des cultures différentes.
Et quand j'ai eu la possibilité de rejoindre Tractebel, je me suis dit, que c'était exactement ce que j'avais fait dans la Marine car j'ai aujourd’hui des ingénieurs dans mon équipe qui viennent de pays très différents, avec qui je peux échanger sur leur parcours de formation… Ça me donne des idées pour mon fils. Je me dis qu’il faut qu'il s'ouvre au monde. En fait, c'est comme ça qu'on progresse. Au-delà de l'aspect diplôme, c'est tellement enrichissant et donc je me suis dit que c'était une façon pour moi de trouver encore un moyen de m'enrichir en savoir-faire bien sûr, mais aussi en savoir-être. Il s’agit donc d'une continuité.
Je peux transposer mon expérience dans la Marine chez Tractebel et ça c'est vraiment important pour moi. C'est pour ça que j'ai rejoint Tractebel sans aucune appréhension. C'était « allons-y », une nouvelle mission qui me permettait de m’ouvrir au monde, et en plus, sans partir trop loin.
Daphné : S’ouvrir au monde, voici une belle raison de rejoindre Tractebel. C'est vrai que Tractebel est une société qui regroupe beaucoup de nationalités et qui a des bureaux dans plusieurs pays dans le monde. J'aurais une dernière question à poser, quels conseils donnerais-tu à une jeune femme qui envisagerait de rejoindre l'industrie nucléaire?
Karen : On dit dans la Marine « Si tu te demandes s’il faut poser la question, c'est que tu aurais déjà dû le faire ! ». Donc une femme qui se demande si elle doit rejoindre l'industrie devrait y aller. C’est cet esprit qui m'a animé tout au long de ma carrière.
Dès que j’ai eu une opportunité, je l’ai saisie pour avancer. C'est pour ça que j'ai travaillé dans des domaines très variés. Je n’ai pas fait que du nucléaire. J'ai travaillé dans les ressources humaines, dans la chaudronnerie, dans la formation. J'ai terminé mon parcours militaire à l'État-major de la Marine, à travailler en liaison avec le cabinet du ministre des Armées. Dès l'instant où on se pose la question, il faut foncer. Comme je le dis souvent, « il faut oser ». Dans ma vie, j'ai observé ce qui m'entourait, ce qui me plaisait et ne me plaisait pas et je me suis dit que je voulais apprendre.
La routine, je déteste ça. Je veux apprendre pour progresser. J’ai écouté les conseils de nos anciens, mais aussi des jeunes parce qu’ils ont une autre vision du monde. Quand j'étais petite fille, j'étais un peu une rêveuse. Et je me suis dit, rêver, résister, rire. Qu'est ce qui est important en fait, c'est de se faire plaisir, c'est de rire. Alors bien sûr, beaucoup diront qu’on n'est pas au travail pour rire. Cependant, je crois que si quand on veut avancer dans la vie, il faut être heureux. Le rire permet de donner de l'énergie. C'est pour ça qu’il faut oser ! Ce qui nous empêche d'avancer, c'est moins la société ou les idées préconçues que nous-même en fait.
Personne n'a toutes les compétences.
La seule chose, c'est avancer pour progresser. Voilà. Et c'est Nelson Mandela qui disait toujours: «On n’échoue jamais. Soit on gagne, soit on apprend.» Et ça, c’est une leçon que j'ai retenue.
Daphné : Une belle leçon de vie en tous les cas. A toutes celles qui nous écoutent aujourd'hui, comme dit Karen, «Osez», toutes les portes vous sont ouvertes. Merci beaucoup Karen d'avoir pris le temps de partager ton expérience avec nous. Je pense que cette expérience sera très inspirante pour beaucoup de celles et de ceux qui nous écoutent.
Je vais te laisser retourner à ton poste qui est vraiment vital à la fois pour l'industrie nucléaire mais aussi, pour la transition énergétique et le futur de notre société. N'hésitez surtout pas à postuler chez Tractebel si vous souhaitez travailler sur des projets stimulants et variés et dans un environnement qui respecte la parité homme / femme.
Ce podcast vous a plu ? Retrouvez sa version longue : https://www.youtube.com/watch?v=QO9lHOXReYQ
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