Les coulisses d'une intervention en milieu nucléaire, par Christine Roux, Directrice de l’agence Nucléaire & Énergies - ÉTANDEX
En 2025, ÉTANDEX est intervenue sur le CNPE (Centre Nucléaire de Production d'Électricité) de Gravelines pour réaliser un revêtement d’étanchéité sur un réservoir d’appoint ultime en eau, un ouvrage essentiel à la sûreté de l’installation.
Un chantier sous fortes contraintes, où chaque intervention engage bien plus que la seule performance technique. Préparation, maîtrise des risques, capacité à mobiliser rapidement : dans le nucléaire, l’exécution ne laisse aucune place à l’approximation.
1. Un ouvrage au cœur de la sûreté nucléaire
La centrale nucléaire de Gravelines dans le Nord, est l'un des sites les plus emblématiques du programme de renforcement de la sûreté engagé par EDF après la catastrophe de Fukushima en 2011. C'est aussi la plus puissante de France et d'Europe de l'Ouest, avec ses 6 réacteurs à eau pressurisée.
Chaque réacteur dispose d’une source d’eau ultime dédiée exclusivement aux situations accidentelles graves : elle permet d’assurer le refroidissement du réacteur en situation extrême, en cas de perte des systèmes habituels. « Ce sont des ouvrages dont l'intégrité conditionne directement la sûreté du réacteur », souligne Christine Roux. « Ces équipements sont classés importants pour la sûreté. Toute intervention fait l’objet d’une traçabilité complète, chaque étape est préparée, formalisée et enregistrée selon les exigences de qualité spécifiques au domaine nucléaire.»
A Gravelines, la Source d’Eau Ultime est un réservoir en béton, d’une contenance de 4 000 m3. Cet ouvrage a été confié à ÉTANDEX lors de l’arrêt de la tranche 1 dans le cadre d’une Visite Partielle : la mise en œuvre du revêtement d’étanchéité constituait l’un des critères de redémarrage du réacteur.
2. Une agilité de préparation et d’exécution
Trois semaines seulement séparent la commande d'EDF du coup d’envoi d’ETANDEX. Dans le nucléaire, il faut en plus instruire les dossiers de qualification du personnel (formations nucléaires, habilitations, autorisations d’accès), préparer les procédures d'intervention conformes aux référentiels qualité de l'exploitant, et anticiper une logistique de chantier hors normes.
«Le timing était serré, mais faisable parce que nous avons anticipé ce type de scénario», explique Christine Roux. «Nos équipes sont maintenues en qualification continue. Les procédures de base sont préexistantes et adaptables. Ce qui prend du temps dans ce genre de mobilisation, c'est la personnalisation aux contraintes spécifiques du site. C'est là que se joue la vraie préparation.»
En 3 semaines, ÉTANDEX a mobilisé son équipe méthodes pour bâtir une solution sur mesure, a constitué et briefé des équipes organisées en rotations 2×8, et sécurisé des approvisionnements et dispositif logistique adaptés aux contraintes du site.
3. Un chantier en espace confiné, accessible uniquement par le haut
L'ouvrage n'est accessible que par le haut, à 9 mètres de hauteur. Toute la logistique d'approvisionnement en matériaux et matériels doit transiter par une trémie aménagée en tête de réservoir. Le montage d'un échafaudage circulaire intérieur a été nécessaire pour permettre l’intervention sur l’ensemble des voiles périphériques, soit près de 900 m².
«On ne peut rien improviser dans ce type de configuration», précise Christine Roux qui a piloté ce projet. «La trémie est le seul point d'entrée pour les hommes et le matériel. Ceci implique que le séquençage des approvisionnements doit être pensé en amont avec précision. Nos conducteurs de travaux ont travaillé sur un planning de flux très détaillé dès la phase de préparation.»
L’intervention en espace confiné introduit des contraintes spécifiques en matière de sécurité. Conformément aux exigences réglementaires et à l’analyse de risques réalisée en amont, plusieurs mesures ont été mises en place afin de garantir la qualité de l’air à l’intérieur du réservoir. Une ventilation mécanique a été maintenue pour assurer un renouvellement d’air adapté, tandis que l’atmosphère était surveillée à l’aide de détecteurs de gaz portatifs, permettant de contrôler en continu le taux d’oxygène et d’alerter en cas de franchissement de seuils. Un surveillant extérieur était présent en permanence pour assurer le suivi des conditions d’intervention et déclencher les actions nécessaires en cas d’anomalie. « Les équipes d’ÉTANDEX sont rodées aux interventions en espace confiné et en maîtrisent les risques comme les mesures de prévention associées. Le travail en espace fermé constitue par ailleurs l’un des risques vitaux identifiés dans notre métier », souligne Christine Roux.
4. Sept semaines, deux équipes, zéro retard
Le chantier a été mené en organisation 2×8 pendant sept semaines consécutives. Deux équipes se relayaient pour maintenir un rythme de production soutenu, sans jamais compromettre les exigences qualité inhérentes aux travaux d'étanchéité en milieu nucléaire.
«Chaque équipe remet un compte-rendu d'avancement documenté, avec l'état des supports, les paramètres d'application mesurés, les éventuels aléas rencontrés. L'équipe qui prend le relais repart sur une base fiable. C'est ce niveau de rigueur qui permet de tenir le planning sans dégrader la qualité.», insiste Christine Roux.
Le planning était serré, sans marge : Une intervention en arrêt de tranche impose une maîtrise fine des délais : tout dépassement se traduit directement par un décalage du redémarrage du réacteur.
Le chantier a été livré dans les délais, sans accident, ni écart en matière de qualité, de sûreté ou d’environnement.
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