De stagiaire à Responsable: Karima, ingénieure qui a grandi avec Etandex
Elle est arrivée à 22 ans, diplôme d’ingénieure tout juste en poche et jeune maman depuis peu. 11 ans plus tard, Karima Bancarel est Responsable de la formation de plus de 300 profils par ans chez Etandex, spécialiste des travaux spéciaux. Elle a gravi chaque échelon en se confrontant au terrain, aux procédés les plus exigeants, aux chantiers, tout en élevant trois garçons. Un parcours qui dit autant sur une femme que sur une entreprise qui fait le pari de la confiance.
La technicité, une exigence sans raccourci
Quel est concrètement votre rôle chez Etandex aujourd’hui ?
J’accompagne les équipes vers l’excellence opérationnelle. Les travaux spéciaux qu’Etandex réalise (étanchéité, renforcement de structures, revêtements composites) ne tolèrent pas l’approximation. Chaque année, ce sont environ 300 personnes formées : des compagnons jusqu’aux directeurs, en passant par les ingénieurs travaux et les équipes commerciales. Tout le monde, à son niveau, doit comprendre les enjeux techniques.
Sur quels procédés portent concrètement vos formations ? Qu’est-ce qui les rend aussi exigeants ?
Je dois maîtriser un large éventail de techniques. Cela va de la mise en œuvre de résines et systèmes stratifiés, où la préparation du support est absolument critique, à la projection de résines et de produits hydrauliques, en passant par la réparation structurale des bétons, l’injection de résines pour l’étanchéité ou la consolidation, et la préparation de supports béton et métalliques. Chaque technique a ses propres exigences de mise en œuvre : conditions de température, hygrométrie, temps d’application, dosages, compatibilité des matériaux. Former là-dessus, c’est former sur des procédés où une erreur d’exécution peut compromettre l’ensemble d’un chantier.
Comment se sentir légitime sur des sujets aussi pointus, face à des profils aussi différents ?
J’ai pratiqué tous les procédés que je présente. Et quand je dis pratiqué, je parle de couler du béton, de réaliser des essais en laboratoire, de manipuler les machines moi-même, en conditions réelles. Aujourd’hui encore, je continue d’aller sur les chantiers.
La formation, ce n’est pas une simple transmission d’informations, c’est un échange vivant. Et parfois, ce sont des compagnons avec 20 ou 30 ans de métier qui remettent au goût du jour des méthodes qu’on avait presque oubliées. C’est ça aussi, la richesse de ces sessions.
Qu’est-ce qui est le plus exigeant dans ce rôle de formatrice terrain ?
Il y a quelque chose auquel j’ai été confronté très tôt : pour certains compagnons, il y a parfois une vraie hétérogénéité dans les niveaux de lecture dû à la barrière de la langue. J’ai dû rendre la formation accessible à tous, y compris à eux. Quand vous devez expliquer la réactivité d’une résine époxy ou les conditions de durcissement d’un mortier de réparation à quelqu’un qui ne lit pas parfaitement le français, vous repensez intégralement vos supports et modules. Les miens ont rencontré un franc succès, y compris auprès d’autres structures.
Il y a eu un autre déclic : quand j’ai commencé à expliquer aux équipes pourquoi elles faisaient ce qu’elles faisaient, pas seulement comment, j’ai vu quelque chose changer. Comprendre ce que ça change structurellement : ça ne répond plus seulement à une procédure, ça responsabilise et ça permet de mesurer les conséquences.
Et quand une question dépasse ce que je sais à l’instant T, je reviens avec une réponse claire et argumentée. Savoir dire « je ne sais pas », sans jamais s’en contenter, ce n’est pas un aveu de faiblesse. C’est de la rigueur.
« Si je forme sur un procédé, c’est que je l’ai pratiqué, compris et testé dans des conditions réelles. Du coulage du béton jusqu’aux essais en laboratoire. Pas de raccourci. »
En Août 2024, Karima a co-rédigé un ouvrage de référence pour le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment). Un travail de fond (normalisation, caractérisation des procédés, recommandations de mise en œuvre) qui témoigne d’une expertise reconnue.
La force du terrain
Pourquoi l’entreprise vous a-t-elle fait confiance ?
En faisant, pas en parlant. J’ai réalisé moi-même toutes les étapes, du chantier jusqu’aux essais en laboratoire. À chaque nouvelle responsabilité, je me suis donnée à 100 %. Je pense que cette constance a compté.
Mon père était ouvrier. J’ai grandi avec beaucoup de respect pour le terrain. Alors même lorsque mettre les mains dans le cambouis n’avait pas d’impact direct sur le résultat, je le faisais quand même, parce que ça envoie un message fort. Vous ne pouvez pas comprendre vraiment un métier sans l’avoir pratiqué de l’intérieur.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de tant vous investir ?
La perspective. Des gens qui ont 20 ou 30 ans de maison, ça dit quelque chose sur une entreprise. Le Président est visionnaire, il tient le cap de la croissance, c’est un terrain de jeu pour évoluer. Aussi, on vous responsabilise très vite. On apprend l’équivalent de cinq ans en deux ans. Je suis arrivée quand Etandex comptait environ 300 personnes. Nous sommes aujourd’hui plus de 1 000. J’ai grandi en même temps que l’entreprise.
Face aux leaders mondiaux : l’expertise au niveau international
Racontez-nous un beau projet dont vous êtes fière ?
Récemment, un partenariat a été initié entre Structural Technologies et Etandex. Structural Technologies est une référence mondiale : fondée par Peter Emmons, l’un des ingénieurs les plus influents dans le domaine de la réparation structurale béton aux États-Unis.
Etandex a engagé plusieurs rencontres d’échanges stratégiques, financiers et techniques en vue de futurs développements communs, en France et à l’international. J’ai eu la chance d’être intégrée à ces échanges, nous n’étions que trois : notre Président Stéphane Engel, Erik Vimond, Directeur Méthodes, et moi.
Sur la table : les procédés, les systèmes de renforcement, les approches de formation, les références de chantier. J’ai pu partager notre méthodologie, nos supports pédagogiques, notre façon d’aborder la montée en compétences sur des procédés complexes. Ce que j’ai construit ici depuis des années avait une vraie valeur pour eux aussi.
La suite possible ? Je serai probablement amenée à former des équipes de Structural Technologies. Former des Américains sur des procédés français, dans une entreprise qui a grandi avec moi. C’est une reconnaissance à la fois de l’expertise d’Etandex et du travail concret que j’ai mené depuis onze ans.
« Nous n’étions que trois autour de la table avec Structural Technologies : notre PDG, le Directeur Méthodes, et moi. Ce que j’ai construit ici avait une valeur pour eux aussi. »
Femme, mère et ingénieure
Vous êtes arrivée à 22 ans, jeune maman, dans un univers très masculin. Comment avez-vous appréhendé ça ?
Au début, ça surprenait. Mais cela ne m’a jamais découragée. Il y avait un décalage avec les collègues, impossible de faire du lien social le soir après le travail, pas de présentéisme pour compenser non plus, il fallait que je rentre auprès de ma famille. Je n’avais aucune des cartes « bonus » habituelles.
Mais j’ai réalisé que tout ce que le rôle de maman m’avait appris m’était directement utile au travail : la polyvalence, la rapidité, la prise de décision, le leadership. Ce que je ne pouvais pas compenser par la disponibilité, je le compensais par l’efficacité. C’était une force, finalement.
Mon premier fils est arrivé pendant mes études. Quand j’ai rejoint Etandex, il était encore bébé. Le deuxième est né après ma première promotion en 2017, le troisième après ma deuxième en 2020. L’entreprise m’a donné des responsabilités tout au long de mon parcours, c’est ce qui m’a permis d’avancer.
La question du syndrome de l’imposteur, vous l’avez connue ?
Oui, comme beaucoup de femmes. Cette idée que je devrais faire plus que les autres pour être légitime. J’ai voulu faire mes preuves par le terrain, pas par le bruit. Ça prend parfois plus de temps à arriver, mais c’est plus solide.
Quelle idée reçue combattez-vous le plus ?
Qu’une femme n’est pas à sa place sur un chantier. En réalité, j’ai connu plus de rapport de force dans les bureaux que là-bas. Sur un chantier, on se serre les coudes, pas de faux-semblants, pas de stratégie. On prend soin les uns des autres. Je m’y suis toujours sentie à ma place.
Votre conseil à une jeune femme qui hésite à rejoindre le secteur ?
Écoute d’abord. Pose des questions. Cherche à comprendre avant d’affirmer. Valorise l’expertise des gens, même celle que la société ne valorise pas toujours. On te testera, il faut savoir poser ses limites sans perdre son calme. Mais ce qui fait la différence dans ce métier, ce n’est pas le genre. C’est la compétence.
Ce qui reste
J’ai récemment présenté ma carrière d’ingénieure dans un collège de ma ville natale à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. Voir des collégien.ne.s s’identifier à un parcours comme le mien, c’est une vraie reconnaissance.
Et mes trois fils, aujourd’hui, veulent devenir ingénieurs du BTP comme leur maman. Je crois que c’est ma plus belle fierté.
« Détermination. Travail. Transmission. » les trois mots qui résument 11 ans de parcours.
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