L'Usine Nouvelle. - Pourquoi l’hydrogène fait-il désormais partie des priorités pour Airbus ?
Jean-Brice Dumont. - L’aviation est victime d’une critique caractérisée sur son empreinte environnementale que nous trouvons injuste, pour ne pas dire injustifiée. Cette annonce est une façon de répéter que l’enjeu environnemental fait partie de nos préoccupations et que nous préparons l’avenir.
La crise liée au Covid-19 nous a poussés à nous tourner vers les gouvernements pour leur proposer notre vision de l’aviation de demain. Nous avons désormais à la fois le soutien étatique et l’assurance technologique nécessaire pour nous lancer dans ces projets fondés sur l’hydrogène. La pression politique et sociétale a servi d’accélérateur.
Sera-t-il utilisé dans des turbines ou alimentera-t-il des piles à combustibles pour fournir en énergie des moteurs électriques ?
Il faudra une cohabitation des deux, selon un principe d’hybridation. Si l’hydrogène est le carburant qui a la meilleure densité énergétique, la densité de puissance d’une pile à combustible ne permet pas de l’envisager comme source d’énergie primaire pour faire voler un avion. La pile à combustible peut en revanche être intéressante en complément d’une source primaire et alimenter d’autres équipements de l’appareil. Ce qui pourrait permettre de dimensionner de manière optimale les moteurs principaux.
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Vous n’envisagez pas de vous passer des motoristes...
Non, absolument pas. Nous avons besoin de leur savoir-faire en matière de moteurs thermiques, toujours incontournables dans les projets d’avions commerciaux à hydrogène.
Y aurait-il un intérêt à se rapprocher des acteurs de l’automobile ?
Oui, il peut y avoir beaucoup de partages, car nous avons de nombreuses problématiques en commun. Nous avons déjà des échanges avec l’équipementier Faurecia. Il faut en particulier que nous nous assurions avec eux que la filière de l’hydrogène prenne bien forme.





