L'accélération du PIB de 0,5% au deuxième trimestre était un accident. Selon l'Insee, la croissance devrait progresser de 0,1% puis 0,2% aux troisième et dernier trimestre 2023. Au final, la bonne tenue surprise de l'économie au printemps, tirée par les bonnes performances à l'exportation, permet à l'Insee de réviser la hausse du PIB attendu pour 2023 à 0,9%. De quoi conforter le 1% attendu par le gouvernement.
Mais l'économie française a globalement perdu tout élan. Pour le dernier semestre, il «existe peu de ressort» pour soutenir l’activité, reconnaît l'Insee dans ses dernières prévisions publiées le 7 septembre, alors que l’inflation reste élevée. Du côté des entreprises, la hausse des taux d’intérêt devrait commencer à mordre sur les projets d’investissement. Les fabricants de biens d’équipement pointent déjà dans les enquêtes de conjoncture une baisse de la demande qui leur est adressée. Quant aux exportations, elles devraient retomber en fin d’année, pénalisées par le ralentissement chinois et la faiblesse allemande.
Ne reste plus que le très fragile moteur de la consommation des ménages. Au troisième trimestre, ce moteur traditionnel de l'économie française devrait à nouveau connaître un rebond «très modéré», anticipe l'institut de statistique. «Le ralentissement des prix apporte un peu d’air pour les entreprises et les ménages», reprend Julien Pouget, le chef du département conjoncture de l'Insee.
Les coûts de l'énergie en hausse
Le mouvement est lent, surtout pour le gouvernement qui a promis de redonner du pouvoir d’achat. Reste qu'il se poursuit. Mais l’Insee confirme le reflux de l’inflation. Après avoir rebondi à 4,8% en août, l’indice des prix à la consommation devrait se stabiliser en septembre, puis de reculer encore pour atteindre 4,2% en décembre. Des prévisions en ligne avec le précédent exercice réalisé par l’Institut de statistique en juin, qui envisageait une inflation de 4,4% en décembre.

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C’est en soi une bonne nouvelle. Car plusieurs facteurs viennent depuis l’été compliquer le reflux de l’inflation. Le premier concerne les prix de l’énergie. La hausse des tarifs de l’électricité de 10% au premier août pour les ménages expliquant en grande partie le rebond d’inflation enregistré par l’Insee au cœur de l’été. Les prix du pétrole, surtout, sont repartis à la hausse sur les marchés mondiaux et sont désormais proches des 90 dollars pour le Brent. Pour limiter l’effet sur les carburants, Bruno Le Maire a appelé TotalEnergie à maintenir après la fin 2023 le plafonnement des prix dans ses stations. Par ailleurs, «en 2022, la remise à la pompe atténuait la hausse du pétrole ; elle n’est plus là», souligne Julien Pouget. De quoi pousser mécaniquement à hausse l’inflation.
Autre front sur lequel le gouvernement s’agite beaucoup ces derniers temps, en poussant à de nouvelles négociations commerciales entre industriels et distributeurs : l’inflation des prix agroalimentaire refluerait aussi lentement. Fin décembre, la hausse des prix devrait revenir à 7,2% sur un an, contre 11,1% en août. «Il n’y a pas de baisse en moyenne à ce stade des prix, mais un ralentissement de la hausse», remarque Julien Pouget. Ces derniers mois, devant les hausses de prix, les ménages se sont serré ceinture. D’après les enquête menées par l’Insee, 47% d’entre eux ont changé d’habitudes de consommation dans les rayons alimentaires et 14% ont moins consommé en quantité. Ils pourraient s'y remettre... timidement.





