La croissance d’EssilorLuxottica semble inarrêtable. Le 11 février, l’industriel franco-italien de la lunetterie a annoncé un chiffre d’affaires de 28,49 milliards d’euros, en croissance de 11,2% par rapport à l’année précédente. Son résultat net a lui aussi augmenté de 7,2%, s’établissant à 3,16 milliards d’euros, surpassant les prévisions des analystes, avec une nette accélération au quatrième trimestre.
Entre santé, technologie et mode
Malgré un environnement international perturbé, le groupe enregistre une augmentation de 11,6% de son chiffre d’affaires en Amérique du Nord, grâce à une augmentation de sa production aux États-Unis, et à une légère augmentation des prix, expliquait Paul du Saillant, directeur général délégué d’EssilorLuxottica, à l’Usine Nouvelle en novembre 2025. La marge opérationnelle du groupe a toutefois un peu souffert des droits de douane.
Le géant franco-italien, dont l’activité se situe au croisement de la santé, la mode et la tech, développe ses activités sur tous les fronts. En septembre 2025, l’entreprise a obtenu l’accord de la Food & Drug Administration (FDA) pour mettre sur le marché ses verres Stellest, fabriqués au laboratoire d’excellence du groupe à Wissous (Essonne), qui peuvent ralentir la progression de la myopie chez l’enfant, une première pour le secteur de l’optique.
Une concurrence future qui inquiète
L’augmentation du chiffre d’affaires du groupe s’explique toutefois en majorité par les lunettes connectées, développées en partenariat avec Meta, qui ont dépassé les 7 millions de paires vendues en 2025. Une augmentation de la demande telle que le groupe a décidé d’accroître la production, concentrée à Guangdong, en Chine, et en Asie du Sud-Est, et vise une production de dix millions d’unités en 2026. «Nous sommes de plus en plus convaincus que cette technologie a le potentiel de remplacer le téléphone portable, dans ses usages personnels et professionnels», assure Francesco Milleri, directeur général d’EssilorLuxottica, lors d’une conférence devant les analystes. La direction planche d’ores et déjà sur des applications professionnelles dans les activités bancaires, médicales, ou encore le conseil.
Cependant, les lunettes Meta, si elles boostent les ventes, rognent sur les marges, et les analystes s’inquiètent de la concurrence. Mais l’industriel dispose d’une empreinte industrielle très importante, de bonnes capacités de R&D et d’un portfolio de marques diversifié, comme l’a illustré le lancement des lunettes Oakley Meta en juillet 2025. «Il y aura sûrement d’autres marques dans notre catégorie Meta, mais nous gardons des surprises pour le futur», déclarait Paul du Saillant à L’Usine Nouvelle en novembre 2025. Parmi ces surprises, de futures acquisitions sont attendues, dont des startups dans la medtech.





