Le plan de relance octroie 7 milliards au numérique, dont 2,2 milliards pour les technologies de rupture

Selon les calculs de Bercy, le plan de relance présenté jeudi 3 septembre par le gouvernement devrait consacrer “près de 7 milliards d’euros” au numérique. Une somme dédiée à l'innovation, aux start-up et à la numérisation de la société et des entreprises, mais dont une partie avait déjà été annoncée.

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Bruno Le Maire et Cédric O  France Digitale Day 2019
Le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O, avec le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, lors de l'événement France Digitale Day, en 2019.

Sans surprise, après des mois de confinement à fixer des écrans d’ordinateurs, le plan de relance inclut le secteur du numérique et des start-up. Si la communication globale s'est concentrée sur l’écologie et la compétitivité, “le numérique est un pilier majeur du plan de relance présenté aujourd’hui”, a considéré le secrétaire d’Etat chargé du numérique, Cédric O. Il évalue à "près de 7 milliards" les fonds du plan de relance dédié au numérique, qui ne sont pas tous nouveaux.

Selon le ministère de l'Economie, 3,7 milliards seront consacrés au développement des start-up et de la souveraineté technologique française. Le reste sera dédié à l’accessibilité du numérique, la formation et la transition numérique des entreprises et de l’Etat.

Financer la start-up nation

Pour “accélérer la croissance de l’écosystème de la French Tech et renforcer notre souveraineté numérique”, selon les mots du secrétaire d’Etat qui détaille son action dans un post publié sur Medium, la start-up nation et l'innovation obtiennent des fonds spécifiques. Dans le détail, la prochaine édition du programme d’investissements d’avenir (PIA4) devrait inclure une augmentation de 60% des aides à l’innovation destinées à la French Tech. Elles devraient atteindre 400 millions d'euros par an au cours des deux prochaines années.

Pour protéger les start-up tricolores dans cette période de turbulences, le plan de relance inclut aussi 500 millions pour soutenir leurs levées de fonds. Une somme importante mais déjà été annoncée au début de l’été.

Enfin, toujours selon Bercy, 2,4 milliards seront consacrés aux technologies numériques de rupture. Une appellation encore floue mais qui devrait notamment recouvrir différentes technologies numériques, du quantique à l’intelligence artificielle. Autre incertitude : difficile de connaître la nature de cette somme qui, investie via le programme d’investissements d’avenir, peut recouvrir des fonds propres, des prêts ou des subventions.

385 millions pour la transformation numérique des petites entreprises

Concernant la transformation numérique, le plan de relance prévoit de consacrer 1,7 milliard à celle de l’Etat et des collectivités, notamment en déployant une identité numérique solide et en numérisant le système de santé.

Les industriels ne sont pas en reste puisque 385 millions sont prévus pour accélérer la digitalisation des petites entreprises, des PME aux ETI. L’objectif étant notamment “d’accompagner les entreprises les plus éloignées vers les opportunités du numérique ou d’accélérer l’adoption de technologies liées à l’industrie du futur et à l’intelligence artificielle”. Le cabinet du secrétaire d’Etat note par ailleurs que près de 200 millions d’euros avaient déjà été annoncés pour la numérisation des filières aéronautiques et automobiles durant l’été.

Dernière priorité du plan pour le secteur : déployer le numérique dans la société. Pour cela, le gouvernement prévoit de dédier 300 millions d’euros pour la formation aux métiers du numérique, 500 millions devraient aussi venir développer le “numérique du quotidien”, que ce soit en appuyant le déploiement de la fibre ou pour lutter contre l’illectronisme.

Les start-up demandent d'aller plus loin

Pour l'association de start-up France Digitale, le bilan est néanmoins mitigé. Si elle salue "la volonté du Gouvernement de poser la souveraineté technologique comme axe prioritaire du Plan France Relance" et les mesures d'urgences prises durant la crise et pérennisées avec le plan de relance, l'association représentante de la French Tech demande d'aller plus loin. Parmi ses propositions : privilégier les entreprises européennes dans la commande publique afin de leur attribuer "au moins 50% des marchés publics technologiques" ; encourager la sobriété numérique via une "TVA seconde vie" réduite ; et accentuer les efforts budgétaires sur les marchés stratégiques que l'IA, le quantique ou la e-santé.

De leur côté, les industriels de la fibre, représentés par Infranum, saluent l'ambition du plan d'accentuer le déploiement de la connectivité filaire très haut débit sur tout le territoire, rapporte le site spécialisé ZDNet. Reste maintenant à canaliser les milliards pour que la relance prenne forme sur le terrain.

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