L’année 2022 aura été celle des records financiers pour Arkema. Le groupe chimique français a publié un chiffre d’affaires de 11,55 milliards d’euros, en progression de 21% sur un an, un Ebitda de 2,1 milliards d’euros (+22%) et un résultat net de 1,17 milliard d’euros (+30%). Des niveaux inédits obtenus lors d’une année complexe, durant laquelle la flambée des prix de l'énergie et des matières premières ont eu un impact de «plusieurs centaines de millions d’euros», note Thierry Le Hénaff, le PDG.
Le groupe a toutefois pu s’appuyer sur ses hausses de prix, sa croissance organique, la forte croissance de l’ensemble de ses activités de matériaux de spécialités, ou encore sur l’arrivée des adhésifs d’Ashland dans son périmètre. L’année 2023 promet, pour le moment, d'être moins fastueuse, selon les perspectives annoncées par le groupe. Mais elle s’annonce riche sur le plan industriel avec pas moins de sept démarrages d’envergure attendus cette année, pour des projets dont les investissements cumulés représentent environ 750 millions d’euros.
Ces projets sont répartis aux Etats-Unis, en Asie (Chine et Singapour), et en France, les trois plus grandes bases industrielles d’Arkema. Thierry Le Hénaff reconnaît qu’en termes de «montants, c’est quand même beaucoup côté Asie et Etats-Unis. Nous sommes plus sélectifs en Europe, car c’est moins compétitif, que la croissance est plus faible, et que nous sommes déjà bien outillés en termes industriels ». Ces investissements se concentrent sur « des matériaux et des produits à forte valeur ajoutée », reprend le patron d’Arkema, avec la caractéristiques d’être « tous orientés sur le développement durable ». Certains projets sont également liés à des matériaux biosourcés et/ou recyclables.
Singapour, plus grand investissement industriel d’Arkema
L’investissement phare reste celui de Singapour, un effort à lui seul de 350 millions d’euros, le plus important jamais entrepris par Arkema. Actuellement en phase de démarrage, l’usine produira le monomère amino 11 puis du polyamide 11 entièrement biosourcé, produit à partir d’huile de ricin. Ce polyamide 11 est un polymère qui trouve une multitude d’applications dans des marchés comme l’automobile, l’impression 3D, les articles de sport, le médical ou encore les bio-textiles. Ce projet en a nourri un autre, cette fois en Chine, sur l’énorme complexe d’Arkema à Changshu, près de Shanghai, pour construire une unité de poudres de polyamide 11. Poudres qui sont utilisées pour l’impression 3D, les transports ou des appareils électroménagers.

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Décembre 2025
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
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Décembre 2025
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
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Novembre 2025
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Cette unité chinoise ne sera pas la seule à démarrer cette année sur la plateforme de Changshu puisque le groupe mettra aussi en service de nouvelles capacités de polyfluorure de vinylidène (PVDF). Arkema prévoit ainsi d’augmenter de 50% ses capacités chinoises pour ces polymères fluorés employés dans les batteries lithium-ion, la filtration de l’eau, les revêtements et les semi-conducteurs. Enfin, la filiale Sartomer du groupe démarrera aussi en Chine, à Nansha dans le sud-est du pays, de nouvelles capacités de résines photoréticulables. Ces résines de performance, dont la capacité d’Arkema sera ainsi doublée en Asie, trouvent des débouchés principalement dans l’électronique et les énergies renouvelables. Cet investissement permettra par ailleurs d’améliorer l’empreinte carbone de l’usine via l’installation de panneaux solaires, des achats d’électricité verte et un programme d’efficience énergétique.
Un projet en symbiose aux Etats-Unis pour de l’acide fluorhydrique
Sur l’autre rive du Pacifique, Arkema prévoit la mise en service d’une usine d’acide fluorhydrique. Le projet est mené dans le cadre d’un partenariat avec l’agrochimiste Nutrien. C’est sur l’un des sites américains de ce dernier, à Aurora, en Caroline du Nord, qu’Arkema finalise la construction de cette unité qui sera alimentée par un sous-produit qui n’était jusqu’à présent pas valorisé par l’usine de Nutrien. L’unité d’acide fluorhydrique, d’une capacité de 40 000 tonnes par an et qui nécessite un investissement de 150 millions de dollars (142 millions d’euros au cours actuel) viendra alimenter l’usine d’Arkema de Calvert City, dans le Kentucky, pour ses productions de polymères et dérivés fluorés, ainsi que pour celles de gaz fluorés.
Deux projets d’Arkema de plusieurs dizaines de millions d’euros en Normandie et dans le Rhône
Enfin, en France, deux démarrages sont prévus en 2023. A Serquigny, dans l’Eure, Arkema mettra en service, en deux phases, 40% de capacités supplémentaires de ses élastomères thermoplastiques Pebax. L’usine normande pourra produire des grades en partie biosourcés, grâce à l’emploi de polyamide 11, pour ces matériaux utilisés dans les articles de sport (chaussures, raquettes de badminton, putters de golf), les équipements médicaux, le textile, les ordinateurs et téléphones portables ou encore les écrans flexibles. Le groupe injecte plusieurs millions d’euros dans ce projet. Plus au sud, sur son site de Pierre-Bénite (Rhône), Arkema finalise un investissement de 50 millions d’euros pour du PVDF. L’objectif est d’augmenter de 50% les capacités pour suivre principalement la demande dans les batteries automobiles, et également d’ajouter une version renouvelable.





