Après la taxe Gafam, que la France n’a pas réussi à faire passer au niveau européen, place à la loi anti-Google. Sauf que cette fois-ci, les irréductibles Gaulois n’y sont pour rien. Ce surnom a été donné en Corée du Sud à un texte, adopté fin août par les députés du pays, qui tord le bras d’Apple et de Google sur le paiement dans les applications.
Les deux mastodontes américains sont en situation d’abus de position dominante : ils obligent les développeurs proposant des applications sur leurs magasins App Store et Play Store à faire passer tout achat par leurs systèmes de paiement, prélevant au passage une importante commission. La loi sud-coréenne vient casser ce comportement anti-concurrentiel, en stipulant que les utilisateurs doivent pouvoir choisir un système de paiement.
RGPD chinois
Alors que la pratique suscite aussi la colère des développeurs en Europe et aux États-Unis - où le sujet a été mis devant les tribunaux par l'éditeur de jeux vidéo Epic Games - la Corée du Sud est la première grande puissance économique à adopter une telle législation. Tout un symbole. Le mois de septembre en a connu un autre : l’adoption par la Chine d’une loi sur les données personnelles, inspirée du RGPD. Pékin veut reprendre la main sur les entreprises du numérique.
Celles nationales d’abord, qui exploitent les données personnelles à outrance, y compris pour pratiquer des prix différents entre consommateurs. Mais le texte s’attaque aussi aux géants américains. Il stipule que les informations personnelles stockées en Chine ne pourront pas être transférées vers des pays aux « normes réglementaires inférieures » à celles édictées par Pékin dans le domaine. Ce qui est le cas des États-Unis, qui ne disposent pas de loi nationale sur la protection des données. De quoi mettre des bâtons dans les roues des Gafa, dont le business model repose sur l'exploitation de données.
Reste à voir à quel point le texte sera contraignant. Pour non respect du RGPD, l'Europe ne cesse d’infliger des amendes record aux Gafa. La dernière en date, contre la messagerie WhatsApp, s’élevant à 225 millions d’euros. Amendes qui sont toujours contestées et font rarement changer les pratiques.





