[Etude Gafanomics] Facebook, Amazon, Tesla, Tencent... La valorisation des géants de la tech décryptée par Fabernovel

Chaque trimestre depuis trois ans maintenant, Fabernovel livre une analyse des performances financières et opérationnelles des géants internationaux de la tech, les américains mais aussi les chinois. La pandémie aura contribué à doper la croissance des entreprises numériques. Facebook est en vedette, alors que le chinois Tencent rencontre des difficultés. Décryptage avec Jean-Christophe Liaubet, associé  de Fabernovel et Jérémy Taïeb, analyste senior.

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[Etude Gafanomics] Facebook, Amazon, Tesla, Tencent... La valorisation des géants de la tech décryptée par Fabernovel
Les résultats opérationnels et financiers des géants de la tech sont décryptés par les experts de Fabernovel. Et Facebook tire bien son épingle du jeu.

L'Usine Nouvelle. - Comme chaque trimestre, vous publiez une étude sur la valorisation des géants de la tech dans le monde. Elle est en recul malgré de très bons résultats. C'est l'heure de la correction qui arrive ?

Jean-Christophe Liaubet. - Il faut séparer la performance opérationnelle des résultats financiers en bourse. Les Gafa et les autres entreprises de la tech de notre indice ont globalement profité de la crise du Covid. Alors que normalement, la croissance ralentit avec la taille de l'entreprise, il n'en est rien. La croissance médiane annuelle des ventes est de 25 % au premier trimestre de 2021 ! Depuis trois ans que nous avons lancé ces études trimestrielles, nous avons atteint un point haut une fois encore. Les usages ont progressé, que ce soit pour les loisirs avec Netflix ou les achats en ligne avec Amazon, ou au travail avec Microsoft et Zoom.

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Ajoutez à cela que le Covid a eu un effet à la baisse sur les coûts de ces entreprises. Alphabet a annoncé plus d’un milliard de dollars sur l’année 2021 d'économies sur les coûts. Cela provoque mécaniquement une amélioration des marges, à l'instar de celle de Facebook qui a augmenté de plus de 10 points. Cela se reflète sur les résultats opérationnels qui sont globalement au-dessus des attentes des analystes. Mais c'est sans compter le contexte macro économique qui joue avec la croissance forte aux Etats-Unis, faisant craindre un retour de l'inflation qui est toujours défavorable aux actions. Les déclarations de Joe Biden sur la fiscalité des entreprises ont aussi inquiété les marchés, même s'il a tenté de rassurer.

A chaque fois, vous désignez une valeur surprise. Cette fois ci c'est Facebook qui continue de vous surprendre... Pourquoi ?

Jérémy Taïeb : A la fin de 2020, l'action Facebook avait déçu. De manière générale, les investisseurs sont toujours un peu réticents avec Facebook dont la valorisation n'est pas à la hauteur de ce qui se passe pour les autres grandes sociétés du numérique. L'activité de réseau social est perçue comme plus "fragile", car les résultats opérationnels et donc la valeur de l'entreprise restent très dépendants de la relation de confiance avec la base d'abonnés.

Nous observons des cas de transformation réussies comme Nike ou Procter dans les biens de grande consommation, Disney pour l'entertainment ou encore Walmart dans la distribution, ou Volkswagen ou Schneider Electric pour l'industrie

Jean-Christophe Liaubet

Les investisseurs n'anticipaient pas d'aussi bons résultats, notamment en raison de la bataille entre Apple et Facebook. Or cette entreprise a réussi dans son métier traditionnel de réseau social, mais aussi en se développant dans le social commerce ou vers les activités de paiement. Cette entreprise continue d'expérimenter.

J.-C. L. : L'ensemble des applications de Facebook ont été utilisées par 3,4 milliards de personnes en 2020. Quelles que soient les critiques, les articles ou même les affaires comme Cambridge Analytica, le nombre d'utilisateurs ne baisse pas et les usages se développent. Les prix des publicités ont crû de 20 % et les volumes ont fait +12 % ! Le résultat opérationnel a presque doublé (+93%) au premier trimestre. En même temps, ils ont réduit leur budget d'investissement.

Dans votre étude, vous rappelez que les entreprises de la tech ont du cash et innovent moins. Or, certaines utilisent leurs liquidités pour racheter leurs actions...

J.-C. L. : En général, on rachète ses actions quand elles sont sous-cotées, ce qui n'est pas vraiment le cas de Google qui vient de le faire. Sur la question de l'innovation, quand vous êtes une entreprise valorisée entre 1 et 2 trillion de dollars, il devient très difficile de trouver une innovation véritablement transformante et les acquisitions ne sont pas toujours faciles à réaliser compte tenu des contraintes croissantes en termes d'antitrust. Les cas d'innovation les plus intéressants que nous observons concernent les acteurs traditionnels, qui sont moins bien valorisés.

Nous observons des cas de transformation réussies comme Nike ou Procter & Gamble dans les biens de grande consommation, Disney pour l'entertainment ou encore Walmart dans la distribution, et Volkswagen ou Schneider Electric pour l'industrie. Les investisseurs - qui sont toujours intéressés quand ils estiment qu'une entreprise est sous-valorisée - commencent à aller voir de ce côté. Rappelons toujours que Tesla est 10 fois mieux valorisé que Volkswagen.

Les géants de la tech ont beaucoup acheté d'entreprises ces derniers mois. Cela peut-il continuer et être un relais de croissance ?

J.-C. L. : Microsoft a été très actif au cours du premier trimestre, notamment avec le rapprochement avec Discord. Il faut surveiller la suite. Globalement, on voit que ces entreprises peuvent avoir des deals qui les amènent vers des entreprises qui appartiennent à des secteurs plus traditionnels comme le commerce ou les services financiers.

J.T. : Quand on a du cash disponible, on peut plus facilement racheter une innovation intéressante. On a encore observé un nombre très élevé de deals à des montants très élevés. En moyenne, pour le secteur tech, le deal moyen est de 50 millions. Il atteint 250 à 400 millions pour les Gafam.

On a encore observé un nombre très élevé de deals à des montants très élevés. En moyenne, pour le secteur tech, le deal moyen est de 50 millions. Il atteint de 250 à 400 millions pour les Gafam.

Jérémy Taïeb

Pour un achat inspirant comme Amazon qui a racheté Pillpack, une société de livraison de médicaments à domicile avec de fortes possibilités de synergies, il existe d'autres cas où le rachat ne débouche sur rien ou presque. L'acquéreur ne fait rien de sa proie. Qu'est devenu Skype, par exemple, qui aurait dû être très utilisé pendant le confinement ?

Pourquoi alerter sur Tencent plus que sur Tesla, le deuxième obtenant de plus mauvais résultats que le premier ?

J.T. : Le cours de Tesla a toujours été très volatile et vu les niveaux atteints, la correction n'est pas vraiment une surprise. C'est un retour à la normale.

Pour Tencent, nous n'avons pas eu les résultats financiers du 1er trimestre de 2021, mais cette entreprise commence à avoir des problèmes avec le gouvernement chinois. Elle a eu des amendes pour pratiques anti-concurrentielles et mauvais reporting. Tencent a dû limiter ses ambitions dans les fintechs également. Malgré une forte rétention utilisateur sur WeChat avec son rôle de Super-App, l’entreprise a de vraies problématiques d’expansion de son business.

Pour accéder à l'intégralité de l'étude, cliquez ICI

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