Joaillier de la rétine
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Du BEP au doctorat, le parcours atypique de Lionel Rousseau.

La curiosité ne lui fait pas défaut. Bien au contraire. Ce trait de caractère a même poussé Lionel Rousseau dans une aventure où son imagination bouillonnante fait des merveilles. Depuis 2007, ce mordu d'électronique de 38 ans est impliqué dans un projet scientifique qui a pour but de rendre la vue aux malvoyants. Rien de moins ! Lionel Rousseau, ingénieur à l'ESIEE (École d'ingénieurs des sciences et technologies de l'information et de la communication), à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), fait équipe avec des membres du CEA List (Laboratoire d'intégration des systèmes et des technologies) et de l'Institut de la vision. Au coeur de leur innovation encore en phase de test : l'utilisation d'électrodes en diamant dans un implant rétinien. « Ces électrodes font l'interface entre l'électronique et le vivant, résume Lionel Rousseau. Elles assurent la transmission des informations entre la puce électronique et les tissus neuronaux. » Le choix de ce matériau conducteur, en lieu et place de métaux, s'explique avant tout par une durée de vie bien plus élevée. Il est aussi mieux accepté par le corps.

Si la présence de Lionel Rousseau a été déterminante dans la mise au point de ces électrodes, elle n'en reste pas moins improbable. Ce touche-à-tout passionné a suivi un cursus atypique. Débutant avec un BEP, il vient d'obtenir son doctorat... Après sa 3e, Lionel Rousseau enchaîne sans conviction un BEP et un bac électronique. Mais ne sait pas comment s'orienter. Le déclic a lieu lors de son entrée à l'ESIEE, où il suit une formation bac + 3. Il apprend à fabriquer des circuits électroniques et à travailler en salle blanche. Il a trouvé sa voie. Il poursuit ses études avec une formation d'ingénieur en apprentissage durant trois ans via le Cnam. À 28 ans, il devient ingénieur process à l'ESIEE. Son insatiable curiosité scientifique l'incite à se lancer en 2007 dans une thèse qu'il soutient début 2010. Et qui est à l'origine de ses travaux actuels.

Lionel Rousseau a su se tailler une place importante dans l'équipe qui a mis au point cet implant rétinien. « Lionel est une sorte de Géo Trouvetou, estime Serge Picaud, directeur de recherche à l'Institut de la vision. Dès qu'un problème se pose, tout le monde se tourne vers lui. Il a toujours une solution pour le contourner. » Pour preuve : l'une des difficultés dans la conception de l'implant rétinien résidait dans le dépôt du diamant à haute température alors que les supports médicaux souples à base de polymère supportent mal de telles conditions. Il a fait sauter le verrou. « Lionel a eu l'idée d'inverser le procédé en incorporant le polymère seulement après avoir déposé le diamant sur un support transitoire », explique Gaëlle Lissorgues, professeur à l'ESIEE. Lionel Rousseau obtient ici une reconnaissance de ses travaux et de sa ténacité.

Les autres nommés

DAVID VISSIÈRE de Sysnav, pour le développement d'un système de géolocalisation à bas coût. SÉBASTIEN BIGO d'Alcatel-Lucent Bell labs, pour le développement d'une transmission optique à 100 gigabit/s.

SON DÉCLIC

« Lors de mon entrée à l'ESIEE, pour devenir technicien. J'ai été séduit par le travail en salle blanche. »

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