Retour aux fondamentaux. Plutôt que de recourir à la crémation après le décès d’un animal de compagnie, cinq étudiants de Chimie ParisTech proposent le compostage mortuaire – appelé « humusation». «Quel est l’intérêt d’utiliser de l’énergie pour chauffer des fours crématoires à 1 000°C, alors que la nature fait très bien le travail ?», interroge Jeanne Maréchal, membre de l’équipe.
Une alternative écologique
Placé dans une boîte, le corps de l’animal, riche en azote, est recouvert de bois et de paille, riche en carbone. Les micro-organismes commencent alors à décomposer le cadavre. Ce processus naturel s’accompagne d’une montée de la température à 65°C, qui permet de réduire à néant virus, mauvaises bactéries et toutes traces des médicaments qui ont pu être donnés à l’animal. La terre est ensuite remuée afin d’être oxygénée. En ressort l’humus, un compost riche en matière organique et en nutriments, dans lequel pousse une plante qui est ensuite livrée au client.
Le groupe teste actuellement sa solution sur... des cuisses de poulet. Hamster ou dobermann, la durée du processus varie en fonction de la taille de l’animal. «La littérature traite surtout des humains, dont l’humusation du corps est légale dans certains États américains et atteindrait une durée d’environ quatre mois», indique Victor Lestriez-Légaut. Le cadre légal ne dresserait ainsi pas de barrière au projet. «Mais nous rencontrons des parlementaires afin de nous assurer d’avoir des appuis politiques si la loi venait à changer», précise l’étudiant de 22 ans. Le groupe vise la commercialisation de son offre en 2026 en Ile-de-France.
L’avis du jury
« Une idée iconoclaste pour revoir les rites funéraires à l’heure de la transition écologique. »





