Pourquoi EDF va rouvrir le dossier hydrogène

Dans le cadre de la grande consultation interne Parlons Energie, les salariés ont demandé à rouvrir le dossier hydrogène. Jusque-là, EDF ne croyait à cette technologie que pour la mobilité lourde, et encore…

Station hydrogène
L'hydrogène est une alternative ou un complètement aux batteries pour la mobilité électrique (ci-dessus une des premières stations d’avitaillement) comme pour le stockages des énergies renouvelables.

L’hydrogène, EDF n’y croit pas vraiment. Dans son cahier d’acteur au débat public sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), publié en mai dernier, il l’oppose aux batteries expliquant que "La compétition entre ces deux technologies est ouverte". Quant à l’avenir des piles à combustibles pour la mobilité, il devrait "se concentrer sur le transport lourd, maritime, ferré (lorsqu’il n’est pas électrifié) et routier" et non sur les véhicules individuels. 

Poussé par les salariés

L’électricien français va devoir revoir sa position. Non pas parce que les choses ont changé, mais parce que les salariés du groupe le

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réclament. Dans le cadre d’une grande consultation interne Parlons Energies, lancée début 2018 sur la stratégie du groupe et sa contribution à la transition énergétique, ses employés ont en effet massivement demandé à ce que soit de nouveau étudié le potentiel de cette technologie sur laquelle mise beaucoup l’autre énergéticien français, Engie (ex. GDFSuez). Et ils ont enfin été entendus.

La demande n’est pas nouvelle. L’hydrogène a durant très longtemps fait débat chez EDF. "Il y avait deux écoles. Celle de ceux qui disaient qu’il faut y aller, et une école assez importante qui estimait que l’hydrogène n’est pas assez rentable, et qu’il ne faut pas y aller", explique Philippe Méchet, conseiller de Jean-Bernard Lévy, PGD d’EDF, et pilote stratégique du projet Parlons énergies.

Grâce à Parlons énergies et la forte demande des salariés sur le sujet, "on est obligé d’aller étudier ce dossier. Ils veulent aller au bout pour voir et que l’on regarde toutes les opportunités qui peuvent exister".  Le dossier hydrogène a donc été complètement rouvert par le Comex, qui a décidé de se ré-intéresser aux perspectives possibles et au potentiel de l’hydrogène. "Il n’avait jamais été abandonné. C’était un petit dossier. Là il a pris de l’ampleur", précise Philippe Méchet.

Un des 20 défis à relever

Ce n’est pas la seule affaire sensible d’EDF que les salariés poussent la direction à étudier. Ils réclament aussi une organisation plus agile avec un raccourcissement de la ligne managériale, qui est "un sujet décapant", pour Philippe Méchet. Ils ont aussi fait ressurgir l’idée d’une agence de l’innovation, que "l’on ne voulait pas faire" et qui va être actualisée. Il y a également des propositions en faveur de la définition d’un protocole d’accès à la donnée au sein du groupe, ou encore du lancement d’une campagne grand public diffusant le message présentant EDF comme un acteur responsable du numérique. Mais ces questions "sont des débats internes, absolument pas tranchées", prévient Philippe Méchet.

En tout, 200 propositions des salariés, classées en 20 défis, ont ainsi émergé de la consultation Parlons énergies et ont été retenues pour être étudiées en 2019 par des collectifs de salariés volontaires afin de les transformer en actions. Le Comex décidant en fin de course de les lancer au non. L’hydrogène en fait partie, au même titre que la condition de réussite du nouveau nucléaire, la mobilité électrique, l’organisation agile ou le stockage. Et pour une fois, les experts de la R&D ne seront pas seuls à avoir droit au chapitre.

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