Premier voyage à bord du train à hydrogène d'Alstom

Les premiers trains à hydrogène produits par Alstom dans son usine de Salzgitter ont commencé à circuler lundi 17 septembre entre Bremerhaven et Cuxhaven avec des voyageurs.

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Premier voyage à bord du train à hydrogène d'Alstom
Première journée d'exploitation pour le train à hydrogène d'Alstom.

C’est une première mondiale qui se déroule de l'autre côté du Rhin, en Basse-Saxe. Des trains bleu ciel et silencieux roulant à l’hydrogène, sans émission de CO2, parcourent sur une petite ligne à voie unique la campagne bas-saxonne.

En gare de Bremervörde, une station transforme l’hydrogène liquide d’un camion-citerne fourni par Air Products. Un camion suffit pour assurer l’énergie des deux trains pendant un mois. Des tuyaux et des machines compressent l’hydrogène qui arrive jusqu’au branchement du train.

L’hydrogène est stocké sur les toits. Les piles à combustible transforment l’oxygène et l’hydrogène en électricité. Sous les deux wagons, des batteries sont rechargées en récupérant l’énergie sur le freinage. En un quart d’heure, le train fait son plein d’énergie pour la journée. Il fait deux allers et retours par jour, soit environ 600 kilomètres.

L’hydrogène vert prévu à partir de 2021

Deux trains vont circuler sur cette ligne jusqu’en 2021 en service commercial. Il s’agit des deux prototypes transformés en pré-série qui ont été homologués. Mais dans moins de trois ans, l’industriel Alstom devra livrer 14 nouveaux trains Coradia iLint à l’autorité organisatrice, LNVG.

Le constructeur français est pour l’instant largement en avance sur cette technologie. Certains n’y croient pas et misent sur des super batteries, mais le train à hydrogène est déjà prêt à combler un manque. Remplacer les trains diesel polluants pour cette technologie.
En France, 41 % du réseau n’est pas électrifié, contre 38% en Allemagne et même 62% au Royaume-Uni. "Nous sommes partis du constat qu’une part considérable du réseau n’est pas électrifiée", explique Stefan Schrank, responsable du projet. Il évoque également un critère économique avec la hausse à moyen et long termes du prix du diesel, sans oublier les contraintes environnementales. "Actuellement, l’hydrogène gris permet de réduire les émissions de CO2 de 45%. Avec l’hydrogène vert, ce sera moins 100%."

Quand les 14 nouvelles rames Coradia iLint seront livrées en 2021, la station actuelle sera remplacée par une installation plus conséquente et Linde fournira l’hydrogène. Ce dernier devra être vert et il faudra environ trois-quarts d’heure pour recharger chaque train qui effectuera quatre à cinq allers-retours par jour. L'hydrogène gazeux sera injecté dans les trains depuis un conteneur en acier d'environ 12 mètres de haut, près des voies toujours en gare de Bremervörde. Avec un plein, les trains auront une autonomie totale de 1 000 kilomètres.

La France veut homologuer un train en 2022

Sur le quai de la petite gare de Bremervörde, et tout au long du parcours, à chaque arrêt, les habitants sont venus voir cette curiosité pour la prendre en photo. Habitués à un train plutôt bruyant, ils ont été surpris par son silence. Ce projet démarré il y a quatre ans a déjà franchi les principales étapes. D’autres Länders allemands sont intéressés pour leurs transports régionaux, comme la Basse-Saxe et l’exploitant du réseau EVB, mais aussi l’Italie, le Royaume-Uni, le Canada, la Suède et la France dont le gouvernement souhaite que le train soit homologué en 2022. Et si les trains sont produits en Allemagne, le site d’Alstom à Tarbes a conçu la chaîne de traction.

Olivier Cognasse, en Basse-Saxe

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