Le couperet est tombé, Doux va être liquidé

Le volailler Doux va être liquidé. Le tribunal de commerce de Quimper (Finistère) va être saisi du dossier, la liquidation judiciaire du groupe Doux, basé à Châteaulin (Finistère), est attendue le 4 avril. Les discussions avec l'ukrainien MHP se poursuivent.

Doux
La liquidation judiciaire du groupe Doux, basé à Châteaulin (Finistère), est attendue le 4 avril 2018

Le volailler Doux basé à Châteaulin (Finistère) va être liquidé. Son actionnaire Terrena situé à Ancenis (Loire-Atlantique) a annoncé le 23 mars, au cours d'un comité central d'entreprise, qu'il allait s'adresser au tribunal de commerce de Quimper (Finistère). Selon les syndicats, la liquidation judiciaire devrait être prononcée le 4 avril.

Terrena avait prévenu depuis plusieurs semaines, il ne pouvait plus soutenir à bout de bras sa filiale Doux qui emploie 1 200 salariés et perd 3 millions d'euros par mois, principalement sur ses principaux marchés du Moyen-Orient, l'Arabie Saoudite notamment. Terrena avait donné comme date butoir le 31 mars. Dans un communiqué, le groupe coopératif indique qu'il "restera attentif à l'accompagnement des salariés et s'impliquera dans la recherche de solutions". L'industriel ukrainien MHP est toujours candidat à la reprise des activités bretonnes de Doux, mais "les discussions ne sont pas achevées à ce jour". Cependant, "il reste un partenaire sérieux pour élaborer un projet".

Pour ce qui concerne l'abattoir de volailles de Doux situé à Chantonnay (Vendée), il n'y a pas à ce jour de solution éventuelle de reprise, mais "une cellule d'écoute" a été mise en place pour tenter d'accompagner les 150 salariés en CDI de cette usine qui emploie également 150 intérimaires et CDD.

Réorienter les productions

MHP a précisé il y a plusieurs jours les contours de son projet qui consiste à reprendre tout ou partie du périmètre breton de Doux sachant que les abattages de volailles destinées au Moyen Orient seront progressivement transférés en Ukraine pour limiter les prix de revient et ne plus vendre à perte. En Bretagne, MHP veut donc réorienter les productions afin de transformer des volailles pour le marché européen, la France notamment qui importe à ce jour 50 % de ses besoins en poulets. Les syndicats sont évidemment très inquiets de la situation.

Loïg Chesnais-Girard, le président du conseil régional de Bretagne indique que "les discussions se poursuivent". "Lundi, dit encore l'élu, je demanderai aux élus régionaux de me donner mandat pour accompagner un éventuel projet à condition qu'il préserve au maximum les emplois et les éleveurs, qu'il soit profitable à l'avenir de la filière."

Stanislas du Guerny

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