La malfaçon sur la cuve de l’EPR de Flamanville pourrait être plus grave qu’imaginée

Après plusieurs tests réalisés sur la cuve de l’EPR de Flamanville (Manche), les teneurs anormales de carbone dans le fond et le couvercle de la pièce pourraient être plus étendues que prévu. EDF et Areva doivent donc renforcer et allonger les tests à réaliser sur cet équipement clé de la sûreté nucléaire.

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Actualités du chantier EPR Flamanville, N° 172, Ja Actualités du chantier EPR Flamanville, N° 172, Ja

Cuve du réacteur de Flamanville DR

Dans un communiqué commun mercredi soir, EDF et Areva ont annoncé que les tests à mener sur la cuve du réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville (Manche) allaient être étendus. En cause, une très mauvaise surprise : "Les premières analyses effectuées sur deux pièces analogues à celles de Flamanville 3 ont montré, sur l’une d’entre elles, une extension du phénomène de ségrégation carbone au-delà de la mi-épaisseur", explique les deux entreprises.

Comprendre : l’anomalie détectée en 2015 sur la cuve de l’EPR pourrait être beaucoup plus étendue qu’imaginé. Il y a un an, une trop forte concentration de carbone dans le fond et le couvercle de la cuve avant été identifiée. Cette anomalie a soulevé de vraies inquiétudes sur la solidité de l’équipement de 550 tonnes qui abritera la réaction de fission nucléaire.

"Les prélèvements de matière et les essais associés seront étendus aux trois quarts de l’épaisseur de la pièce concernée", annoncent donc EDF et Areva. "Ces adaptations du programme d’essais conduisent à doubler le nombre d’éprouvettes qui seront analysées. Au total, 1200 échantillons de matière seront prélevés, permettant de conforter le caractère représentatif des 3 pièces de forge testées, à la fois pour la teneur en carbone et les propriétés mécaniques requises", peut-on lire.

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Un démarrage en 2018 ?

Au-delà de l’incertitude sur la qualité de la cuve, cela entraîne un nouveau décalage dans un calendrier déjà très serré. Les rapports de l’analyse seront transmis à l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) seulement fin 2016 au lieu de l’été. Cela repoussera d’autant la décision finale de l’ASN, seule autorisée à juger si la pièce incriminée est utilisable ou non. Un travail qui prendra de nombreux mois, assure-t-on du côté du gendarme de l’atome.

Pour autant, les deux entreprises ne remettent pas en cause le calendrier du chantier de l’EPR : "EDF et Areva réaffirment leur confiance en leur capacité à démontrer la qualité et la sûreté de la cuve pour le démarrage du réacteur de Flamanville 3 fixé au quatrième trimestre 2018. Sur le chantier, les activités de montage et d’essais se poursuivent conformément au planning annoncé", indique le communiqué.

Ludovic Dupin

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