Le top départ d’EDF, pour le lancement d’Ecocombust 2, projet de conversion à la biomasse de la centrale électrique à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique), tarde à venir. Le feu vert pourrait même ne jamais être donné. C’est la crainte de la CGT qui appelle ce mercredi 17 avril à un rassemblement sur le site auquel participeront plusieurs élus du territoire.
85 millions d’euros d’aides
«La direction d’EDF et son président Luc Rémont s’apprêteraient à annuler purement et simplement le programme Ecocombust 2 pour des raisons financières», croit savoir la CGT. En juillet 2021, une première version d’Ecocombust, portée par EDF et Suez, avait été abandonnée pour les mêmes raisons.
Pour mémoire, Ecocombust 2, porté par Paprec Waste from Energy avec le soutien d’EDF, vise à installer sur le site une usine de black pellets, un biocombustible à base de déchet de bois pour remplacer progressivement le charbon. L’investissement est estimé à 250 millions d’euros. L’État et la région Pays de la Loire ont confirmé le 8 décembre un soutien "maximum" de 85 millions d’euros en faveur du projet qui a franchi l’essentiel des étapes administratives obtenant, fin février, son autorisation définitive par arrêté préfectoral.
«Une conversion totale à la biomasse d’ici 2027 nécessite de définir les modalités de régulation d’un tel fonctionnement. Plusieurs réunions de travail ont déjà eu lieu et les travaux se poursuivent pour pouvoir prendre une décision d’ici l’été 2024», confirme EDF à L’Usine Nouvelle. Le 9 avril dernier, le sénateur de Loire-Atlantique Philippe Grosvalet (PS dissident) exprimait, lors des questions au gouvernement, les mêmes craintes, pointant «l’attitude ambigüe» d’EDF sur le sujet. L’énergéticien «ne s’appuie que sur des hypothèses les plus pessimistes. Le prix de l’électricité produite serait alors prohibitif», a déclaré l’élu, estimant qu’il est «inacceptable qu’une entreprise nationale agisse à l’encontre de politiques décidées au plus haut niveau de l’Etat».

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Pour sa part, le gouvernement «assure les travaux de progression technique de la solution étudiée en ce moment même par EDF et Paprec et l’analyse des conditions économiques de la réalisation de la conversion», lui a répondu Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des Entreprises, du tourisme et de la consommation. Rien n’est donc acquis.
Un large rayon de collecte
L’arrêté préfectoral du 29 février donne la mesure du projet. Il s’agirait d’implanter une chaudière alimentée par des combustibles solides de récupération (CSR à hauteur de 48 000 tonnes/an) de 19,9 MW thermique et une seconde de secours, de même puissance, fonctionnant au gaz. La quantité de déchets de bois traitée annuellement dans l’unité de densification pour la fabrication des pellets s’élèverait au maximum à 280 000 tonnes par an. Les déchets bois seront collectés dans un périmètre assez large pouvant aller, au plus loin jusque dans le Finistère, la Gironde et l’Eure-et-Loir. Selon la CGT, le projet permettrait de maintenir 80 emplois sur le site. La centrale de Cordemais emploie actuellement 500 personnes, dont 350 salariés d'EDF, les autres étant des sous-traitants.





