Les étudiants qui s'ennuient désespérément en cours ne le savent que trop bien : pour construire un avion, rien de tel qu'une bonne feuille de papier. En dehors des salles de classe, l'industrie du transport s'intéresse elle aussi de très près à ce matériau millénaire en raison de ses vertus écologiques. Cake, une start-up suédoise qui construit des vélos et des motos électriques, a justement dévoilé fin mars un objectif s'inscrivant dans cette dynamique : remplacer le plastique de ses véhicules par du papier.
Une tendance générale
Pour atteindre son but, cohérent avec ses ambitions environnementales, elle s'est associée avec son compatriote PaperShell. Fondée en 2021, cette entreprise a mis au point une fibre naturelle composée de cellulose, un polymère nécessaire à la fabrication du papier. Résistant au feu, aux UV, aux rayures et aux chocs, son matériau n'émettrait selon elle que 0,65 kg d'émissions de CO2 pour chaque kilo produit, contre 4,95 kg pour le polypropylène et 25,05 kg pour le plastique renforcé en fibres de verre (GFRP). Grâce à ce partenariat, l'entreprise compte sortir d'ici à 2025 une moto électrique avec « la plus petite empreinte carbone possible », et espère qu'elle fera un carton.
« Cake a été fondée avec l'ambition d'inspirer une société neutre en carbone, cela implique d'étudier attentivement les meilleurs matériaux possibles, a déclaré Stefan Ytterborn, PDG de la start-up, dans un communiqué. Nous espérons pouvoir jouer un rôle crucial en recherchant un matériau capable de minimiser, voire d'éradiquer, l'utilisation de plastiques conventionnels dans nos motos. Il s'agit d'une collaboration qui rayonnera au final sur l'ensemble de l'industrie automobile et même au-delà ». Substituer le papier au plastique est en effet une option considérée par de nombreux secteurs, à l'image de la filière agroalimentaire. Nestlé, Heineken ou encore Coca-Cola se sont déjà emparés du sujet et sont peu à peu rejoints par de multiples industriels désireux de redorer leur blason au niveau écologique.






