L'Usine Nouvelle - Qu’est-ce qui a motivé la volonté du groupe Saint-Gobain de racheter une partie du capital du suisse Sika ?
Laurent Guillot - Sika est une entreprise magnifique avec laquelle nous travaillons depuis très longtemps. Nous sommes parmi leurs premiers clients. La famille qui détient l’entreprise a souhaité nous vendre sa participation dans le capital et nous permettre de devenir le premier actionnaire avec le contrôle et la majorité des droits de vote [16,1 % du capital et 52,4 % des droits de vote, ndlr].
Des éléments peuvent-ils faire échouer ce projet ?
Non. Il nous faut obtenir l’aval des autorités de la concurrence dans de nombreux pays, ce qui ne devrait pas poser de difficultés. Il s’agit d’une acquisition basée sur des synergies de développement et de croissance.
A quelle date sera finalisée cette acquisition partielle ?
Autour de l’été. Il faut six à neuf mois.
Existe-t-il des doublons entre les deux entreprises ?
C’est très marginal. Quelques activités se recoupent dans certains pays émergents. Mais nous sommes surtout très complémentaires.
Envisagez-vous de prendre une part plus importante dans le capital de Sika au cours des prochaines années ?
Nous n’avons pas d’obligation, pas de besoin et pas l’intention de le faire .
En parallèle à ce projet, vous souhaitez vendre Verallia, spécialiste de l’emballage en verre. Est-ce pour financer l’acquisition partielle de Sika ?
On aurait pu financer cette opération sans vendre Verallia, mais ces deux opérations montrent que nous sommes une entreprise en mouvement. Nous accélérons la croissance du groupe tout en réduisant l’intensité capitalistique. Nous développons des activités avec des produits différenciés qui demandent moins de mobilisation de capitaux contrairement à l’emballage en verre.
Avez-vous des acheteurs et à quel prix Verallia sera-t-il mis en vente ?
Je ne peux pas vous donner le montant, mais je peux vous dire que cette vente rapportera bien plus que ne coûtera le projet d’acquisition [2,3 milliards d’euros, ndlr]. Nous allons lancer le processus compétitif de cession et nous pensons trouver un acquéreur avant l’été. Nous avons reçu beaucoup de marques d’intérêts de fonds d’investissements et d’industriels.
Allez-vous exiger auprès du futur acquéreur des garanties en termes de maintien de l’emploi ?
C’est un métier local, il faut produire localement pour vendre localement. Des emplois locaux resteront nécessaires.
La loi sur la Transition énergétique est récemment passée au Parlement. Comment se positionne Saint-Gobain sur la croissance verte ?
Cette loi est une excellente nouvelle. Nous sommes un grand acteur de l’efficacité énergétique. Tous nos métiers liés à la croissance verte sont en forte progression et notre PDG, Pierre-André de Chalendar, est très impliqué dans la future COP 21, le sommet Paris-Climat 2015.
Sika est-elle positionnée sur ces nouveaux métiers ?
Sika offre une large gamme de produits pour l’efficacité énergétique et l’amélioration de la construction durable. De même, dans l’automobile, leurs adhésifs permettent d’assembler des matériaux composites, qui remplacent des composants métalliques plus lourds.
Olivier Cognasse





