Hydrogène : la CNR reporte son projet d'électrolyseur sur le barrage de Pierre-Bénite

La Compagnie nationale du Rhône (CNR) stoppe son projet d'électrolyseur pour produire de l'hydrogène vert sur le Rhône. Un autre emplacement est recherché dans la vallée de la chimie.

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Vallée de la Chimie, Lyon
Le pipeline d'hydrogène vert envisagé par la CNR devait alimenter la vallée de la chimie (archives).

La Compagnie nationale du Rhône (CNR) reporte son projet d'électrolyseur sur le barrage hydroélectrique de Pierre-Bénite (Rhône) et arrête son projet de canalisation hydrogène sous le Rhône. «Les contraintes techniques liées au PPRT (plan de prévention des risques technologiques) de la vallée de la chimie renchérissent le coût final de l'hydrogène produit», résume Frédéric Storck, directeur transition énergétique et innovation de la CNR, qui est une filiale d'Engie disposant d'une concession sur le Rhône jusqu'en 2041.

Ce projet devait être l'une des plus importantes sources de production d'hydrogène vert dans le bassin lyonnais. Il avait été annoncé en octobre 2022 : le barrage hydroélectrique de Pierre-Bénite, en aval de Lyon, aurait fourni l'électricité pour alimenter un électrolyseur de 5 à 10 MW. Les travaux devaient démarrer en 2025.

Un report de trois ans

Pour livrer ses clients, à savoir l'usine Symbio de piles à combustible et un point de distribution du réseau de stations HYmpulsion, un pipeline de 1 kilomètre devait relier l'électrolyseur à la zone industrielle de Saint-Fons, de l'autre côté du Rhône.

Autre point qui a fait reculer la CNR : le raccordement électrique demandé à RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité, n’aurait pas été possible avant 2028. «Nous cherchons un autre site pour installer notre électrolyseur, dont la première tranche pourrait entrer en service avant 2030», ajoute Laurence Borie-Bancel, présidente de la CNR, qui n'abandonne donc pas cette technologie. «L'hydrogène bas carbone est un vecteur de flexibilité de notre production», assure-t-elle. La production d'énergies renouvelables est par nature dépendante des conditions météorologiques (éolien, solaire) et du débit du Rhône (hydroélectricité). L'hydrogène pourra jouer le rôle de stockage de l'énergie, selon la CNR.

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Impact limité sur une filière naissante

Du côté des potentiels clients, on minimise l'impact de la décision. Symbio dispose de son propre électrolyseur. Et chez HYmpulsion, société privée créée par le Conseil régional Auvergne Rhône Alpes avec le soutien d'actionnaires privés dont Michelin, Engie et le Crédit agricole pour développer les infrastructures, on insiste sur le fait qu'il s'agit d'un report et que d'autres projets plus importants sont proches de voir le jour. «Personne ne parlait de l'électrolyseur que Lhyfe construit entre Grenoble et Chambéry. En quatre ans, il est sorti de terre et il sera opérationnel en début d'année prochaine», tempère Jean-Christian Beaumont, directeur général de HYmpulsion, qui a déjà investi 59 millions d'euros dans les infrastructures.

Cette annonce de la CNR intervient alors que cette société vient d'officialiser avec le Conseil régional le lancement de quatre premières lignes régulières de bus retrofités avec des piles à hydrogène. Ces 16 véhicules transformés par la société GCK à Cournon (Puy-de-Dôme) circuleront d'ici quelques semaines, sur des lignes régionales interurbaines, dont Annonay - Lyon et Annecy (Haute-Savoie) - Valserhône (Ain).

Pour l'instant, HYmpulsion a déployé 7 stations hydrogène dans la région, il y en aura 13 d'ici fin juin, mais toujours un seul électrolyseur, qui produit 800 kg d'hydrogène par jour. HYmpulsion a investi 5 millions d'euros aux Gravanches à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) grâce au soutien opérationnel de Michelin.

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