Bercy bloque définitivement la vente de Segault et de Velan SAS à l'américain Flowserve

Après une instruction de plusieurs mois, le ministère de l’Economie s’oppose au rachat des actifs stratégiques français du groupe canadien Velan par l’américain Flowserve. Ses sociétés Velan SAS et Segault produisent des équipements de robinetterie industrielle pour les sous-marins de la dissuasion nucléaire et les centrales du parc nucléaire français.

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Selon Bercy, il serait long et difficile de trouver des solutions alternatives de robinetterie pour sous-marins nucléaires à celles développées par l'entreprise française Segault

Les actifs stratégiques français du groupe canadien Velan, soit sa filiale française Velan SAS et l’entreprise Segault, ne passeront pas sous le contrôle de l’entreprise américaine Flowserve. Bercy a officiellement annoncé son véto ce 6 octobre aux ambitions du groupe texan, fournisseur de pompes, vannes et joints, de mettre la main sur les deux entités françaises à travers le rachat du groupe Velan. Flowserve avait annoncé le 10 février dernier cette opération pour un montant à 245 millions de dollars.

Après des mois d’instruction, les services de Bruno Le Maire en charge du contrôle des investissements étrangers ont officialisé leur refus de céder les deux entreprises françaises. Motif : elles sont considérées comme stratégiques pour les intérêts de la nation. «Sur la base de cette instruction, le ministre a pris cette décision de refus du rachat considérant que les engagements qui auraient pu être proposés (par l’acquéreur, ndlr) n’étaient pas de nature à réduire suffisamment les risques associés à cette opération», fait-on savoir du côté de Bercy. Ces entreprises fournissent en effet la robinetterie industrielle des sous-marins chargés d’assurer la dissuasion nucléaire ainsi que celle des centrales du parc nucléaires français. «Ce sont des produits qui sont très difficilement substituables. Il y a des procédures de certification et il faut plusieurs années pour pouvoir qualifier un produit. Ils sont présents dans des quantités très importantes. On parle de plusieurs centaines de milliers de pièces dans des produits très stratégiques pour la France comme les sous-marins et les centrales nucléaire», justifie-t-on encore au ministère de l'Economie.

L'opposition du ministère des armées

Ce refus intervient alors que la France a lancé un programme de défense majeur avec le renouvellement de la flotte de sous-marins SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, ndlr). Fondé en 1921, Segault est une PME de 80 employés, installée à Mennecy (Essonne). Elle a réalisé un chiffre d'affaires de 13,7 millions d'euros en 2020.

Aucun détail n’a filtré concernant l’insuffisance des garanties proposées par Flowserve. Le dispositif de contrôle des investissements étrangers prévoit pourtant des garanties de natures multiples comme le maintien sur le territoire national des bureaux d’études, des centres de production, des instances juridiques, des effectifs…ou encore la possibilité pour l’Etat de détenir une action dite de préférence afin d’assurer la protection de ses intérêts.

Cette décision est loin d’être une surprise. En mai dernier, le ministre des Armées Sébastien Lecornu avait déjà fait part de son intention de s’opposer au rachat de Segault à l’occasion des débats à l’Assemblée nationale sur la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030. En avril dernier, à l’occasion des questions au gouvernement, Jean-Noël Barrot, alors ministre délégué auprès du ministre de l'Economie, avait par ailleurs souligné que les États-Unis disposaient d'une réglementation particulièrement offensive, qui pourrait menacer la confidentialité et la souveraineté des informations relatives aux technologies développées par Segault.

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