Au salon Euronaval, les industriels de la défense navale tirent aussi les leçons de la guerre en Ukraine

Préparation à la guerre de haute intensité, capacité de neutraliser les drones kamikazes, efficacité des munitions face aux nouvelles menaces… Le conflit en Ukraine trouve déjà des échos à Euronaval, le salon de défense navale qui se tient à Paris-Le Bourget du 18 au 21 octobre.

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Euronaval 2022
Après une édition entièrement numérique en 2020, le salon Euronaval accueille plus de 450 exposants et des délégations venues d’une centaine de pays.

La guerre en Ukraine est présente dans tous les esprits des visiteurs du salon Euronaval, qui se tient à Paris-Le Bourget du 18 au 21 octobre. Venu inaugurer la 27e édition de cet événement bisannuel consacré aux technologies et aux armements de la défense navale, le ministre français des Armées Sébastien Lecornu a immédiatement fait référence à la guerre en Ukraine. «C’est un salon qui se tient malheureusement dans des circonstances assez particulières. On redécouvre une guerre d’intensité beaucoup plus forte que ce que nous avions l’habitude de connaître ces dernières années. Elle affecte directement les terres ukrainiennes, mais impacte également les mers, qui constituent un espace de conflictualité important sur lequel nos compétiteurs peuvent potentiellement nous engager», a indiqué le ministre.

Après une édition entièrement numérique en 2020 pour cause de Covid-19, le salon accueille plus de 450 exposants ainsi que des délégations venues d’une centaine de pays. Environ 25 000 visiteurs professionnels sont attendus.

Accélération du tempo militaire

Lors de sa visite, Sébastien Lecornu s’est rendu sur le stand des différents industriels, en particulier les français comme Thales, qui présente des technologies de défense anti-aériennes. «Tout va de plus en plus vite. Il faut détecter les menaces de plus en plus loin pour espérer les contrer», explique l’un de ses démonstrateurs, qui déroule sur son écran le scénario d’une attaque de navire par des missiles supersoniques. «La destruction du navire amiral russe Moskva en mai dernier a montré l’importance de disposer de technologies de défense anti-aérienne de dernière génération ainsi que celle d’avoir un équipage en état d’alerte permanente», souligne-t-il.

Pour sa part, Nexter dévoile sa dernière tourelle navale de moyen calibre, le RAPIDFire. Selon l’industriel, dont les canons Caesar équipent les armées ukrainiennes, cet armement protège les navires contre un panel varié de menaces: jet-ski, embarcations, munitions rôdeuses, drones aériens, avions légers ou missiles jusqu’à 4 000 mètres de distance. Nexter expose également toute une gamme de munitions navales (de 20 à 127 millimètres), qu'il qualifie de «game changer» dans les conflits de haute intensité et d'atout dans le domaine de la lutte anti-drones.

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Le ministre des Armées a tenu à rappeler que la France consacrait des moyens importants pour sa marine nationale. La loi de programmation militaire 2019-2025 a permis d’engager le renouvellement de ses frégates multi-missions, de ses sous-marins nucléaires d’attaque (famille Barracuda). Par ailleurs, la Direction générale de l’armement a lancé ces dernières années deux programmes majeurs: le porte-avions de nouvelle génération (Pang) qui succèdera au Charles-de-Gaulle et celui des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de troisième génération.

Design quasi-définitif du futur porte-avions

Sur son stand, Naval Group dévoile justement la maquette du Pang, dont le design est quasi-définitif. Son entrée en service est prévue en 2038. Avec 75 000 tonnes, le navire pourra accueillir près de 40 avions et hélicoptères de combat ainsi qu’un équipage de 2 000 personnes à son bord. Selon Naval Group, il s'agira du plus grand bâtiment militaire jamais construit en Europe.

Le ministre a insisté pour qu’une large part de l’effort soit consacrée à l’innovation. Parmi les priorités évoquées: la détection des menaces, l’interconnexion accrue entre les forces navales et les forces terrestres, la capacité de défense dans le milieu sous-marin. «On l’a vu avec la récente actualité. La préservation de nos intérêts sous les mers, pour l'énergie ou les câbles sous-marins… constitue des enjeux de souveraineté nouveaux, a indiqué celui qui a occupé auparavant les postes de ministre de l’Outre-Mer, et de secrétaire d’Etat à l’écologie en charge de l’action de l’Etat en Mer. Notre capacité à assumer et assurer nos missions de souveraineté prendra forcément quelques modes opératoires un peu nouveaux.»

Sebastien Lecornu a aussi précisé ce qu’il attendait des industriels de l’armement. Selon lui, la BITD (la base industrielle et technologique de défense) doit être capable de développer une offre souveraine, indépendante de pays tiers. «On doit avoir une BITD engagée à la hauteur de l’engagement de nos marins. On a le choix, nous ne sommes pas obligés d'acheter à Washington, à Moscou ou à Pékin. C’est un modèle précieux, qui fonde notre autonomie stratégique.»

Pendant que le salon Euronaval bat son plein, le ministère des Armées prépare la loi de programmation militaire 2024-2030, qui doit être présentée au Parlement en 2023. En plus de la nécessité de régénérer les stocks de munitions, celle-ci doit favoriser la consolidation des programmes existants pour faire face aux conflits actuels ou faire la part belle à l’innovation pour mieux préparer les armées aux conflits du futur. «On est à un carrefour. On va devoir faire des choix importants», reconnaît le ministre.

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