Une usine ouverte il y a trois ans… et déjà sur le point de fermer. C’est ce qu’a annoncé le fabricant suisse de panneaux solaires, Meyer Burger, le 23 février dans un communiqué. L’usine de Freiberg, située dans l’est de l’Allemagne, qui compte quelque 500 salariés, avait ouvert en mai 2021, peu de temps après un autre site à Thalheim (Allemagne), dans un élan souverainiste européen. «Il faudrait mettre en place des incitations lors des appels d’offres, par exemple, pour promouvoir l’utilisation des produits locaux, avec une limite d’émissions de CO2 comme le fait la France, ou encore favoriser le solaire sur toiture dans lequel nous avons une avance technologique», avait alors déclaré Gunter Erfurt, PDG de Meyer Burger, à l’Usine Nouvelle.
Une fermeture motivée par l'IRA
Depuis, le paysage de l’industrie verte a été bouleversé par l’avènement de l’Inflation Reduction Act (IRA) américain. Ce dispositif mis en place en 2022 par les Etats-Unis offre plus de 391 milliards de subventions d’aide fiscale aux entreprises liées aux énergies renouvelables qui souhaitent augmenter leur production dans le pays. Depuis les investissements étrangers y ont explosé. Meyer Burger n’y fait pas exception. Le plan stratégique de l’entreprise suisse, annoncé en janvier, vise à «stopper les pertes subies en Europe et profiter du marché américain, très attractif».L’usine de Freiberg va donc être mise à l’arrêt dans «la première moitié de mars» en préparation de sa fermeture totale en avril. Toutefois, le média suisse Le Temps rapporte que «l’arrêt de la production pourrait n’être que temporaire», d’après Gunter Erfurt. Un ultimatum adressé aux institutions européennes ?
En plus de la fermeture de l’usine, Meyer Burger a convoqué ses actionnaires pour une assemblée générale extraordinaire le 18 mars, pour approuver des «droits d’émissions de 200 à 250 millions de francs suisses» qui seront dirigés vers la finalisation des usines américaines de cellules photovoltaïques de l’entreprise en Arizona et au Colorado. Le fabricant de modules et de cellules solaires s’appuie également sur des crédits d’impôts américains allant jusqu’à 300 millions de dollars, et un prêt garanti de 200 à 250 millions de dollars, de la part du Département de l’Energie des Etats-Unis. Meyer Burger compte sur ces sources de financement pour combler son déficit de financement, d’un montant de 450 millions de francs suisses (soit environ 470 millions d'euros ndlr).
Une réorientation industrielle de l’Europe vers les Etats-Unis que l’entreprise justifie par l’absence de «décision sur des mesures de soutien pour remédier aux actuelles distorsions de marché créées par l’excès d'offre et le dumping dans les modules solaires». Le ministre de l’Economie de Saxe, Martin Dulig, a qualifié la fermeture de l’usine de Freiberg de «coup dur pour l’industrie solaire locale et pour l’ensemble de l’Europe» et a appelé à l’empêcher, selon le média allemand Mitteldeutscher Rundfunk. Le communiqué de Meyer Burger ne fait pas mention de ce qui adviendra des 500 salariés du site.





