Arkema mise toujours sur l’Europe qui concentre 40% de ses investissements

Malgré la conjoncture en Europe, le chimiste français Arkema continue de consacrer 40% de ses investissements sur le continent, essentiellement en France. Les efforts restent toutefois limités aux développements plutôt réglementaires quand les projets capacitaires bénéficient davantage aux implantations du groupe en Asie et en Amérique du Nord.

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Si Arkema investit majoritairement en Aise et Amérique du Nord pour ses renforcements capacitaires, l'Europe concentre 40% des investissements du groupe, avec un effort de 130 millions d'euros en cours à Carling (Moselle, photo).

En se limitant à dénombrer les investissements annoncés par Arkema ces dernières années, il serait tentant de penser que le chimiste français ne mise plus un kopeck sur l’Europe. Sur la douzaine d’investissements en cours, ou tout juste finalisés dans le monde, un seul concerne l’Europe. Il s'agit de son site de Serquigny, dans l’Eure, pour augmenter ses capacités de sa gamme Pebax, un élastomère à haute valeur ajoutée. Les autres se répartissent en Amérique du Nord et en Asie. Le dernier en date, annoncé par le chimiste français le 26 février, concerne un engagement de 20 millions de dollars (un peu plus de 19 millions d’euros) pour augmenter de 15% les capacités de son usine américaine de Calvert City en PVDF (polyfluorure de vinylidène). Arkema veut pouvoir répondre à la demande locale pour les applications dans les batteries de véhicules électriques. Pourtant, l’Europe concentre 40% des investissements du groupe. Ce qui fait, au final, beaucoup de kopecks.

«Nous avons toujours 40% des investissements industriels du groupe en Europe, c’est le cas en 2024, ce le sera encore en 2025», assurait Thierry Le Hénaff, le PDG d’Arkema, lors de la présentation des résultats annuels à Paris, le 27 février. Dans sa communication, le groupe met essentiellement en lumière ses développements industriels, ce qui concerne très majoritairement ces dernières années ses sites nord-américains et asiatiques. Cela correspond d’une part à un plan stratégique, mené depuis des années par le groupe, de rééquilibrage de ses implantations industrielles sur les trois grands continents, pour privilégier des productions locales pour les marchés locaux. D’autre part, cela permet au groupe de s’adapter à la croissance et la dynamique de ses différents marchés géographiques.

En Europe, Arkema investit surtout pour des projets comme la décarbonation

«Nous travaillons ligne de produit par ligne de produit, pays par pays, même aux États-Unis, même en Asie, nous ajustons en permanence par rapport à la demande, ce n’est pas une histoire de l’Europe contre l’Asie et l’Amérique du Nord», souligne Thierry Le Hénaff. De fait, pour ces raisons de rééquilibrage et de dynamisme, Asie et États-Unis concentrent les investissements capacitaires ces dernières années. En Europe, en particulier en France, les investissements industriels du groupe sont surtout orientés vers les exigences réglementaires, comme les enjeux de décarbonation. Thierry Le Hénaff pointe ainsi les «plus de 100 millions d’euros investis ces dernières années à Lacq [Pyrénées-Atlantiques, ndlr] sur des projets d’adaptation» ou encore «les 130 millions d’euros à Carling [Moselle, ndlr] un de nos plus grands investissements de décarbonation», pour réduire l’impact des productions de monomères acryliques.

Comme la grande majorité des chimistes, Arkema a connu une année en repli en Europe, toujours plombée par les coûts de l’énergie et des matières premières de base, ainsi que par une demande faible. En France, au-delà de la conjoncture morose, le tableau s’est aussi assombri pour le groupe avec l’abandon inattendu des productions de sel de Vencorex en Isère qui alimentaient le site d’Arkema à Jarrie, entraînant de fait une restructuration du site et des coupes dans les effectifs pour réorienter les activités. Mais «l’Europe a plein d’atouts, notamment technologiques, et nous avons beaucoup de très beaux clients européens qu’on va continuer à servir», précise encore Thierry Le Hénaff. Assurant qu’«Arkema restera un grand acteur en Europe», et en particulier en France avec le siège du groupe, son héritage historique dans l’Hexagone, et la majorité de ses implantations industrielles européennes.

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