Quand Taïwan tousse, le monde économique s’enrhume. Et c’est le cas après le tremblement de terre d’une magnitude de 7,2 qui s’est produit au matin du 3 avril au large de Hualien, sur la côte est de l’île.
TSMC, plus gros fondeur mondial de semi-conducteurs, a activé des mesures préventives de sécurité en arrêtant la production et en évacuant le personnel de certaines de ses usines sur le parc scientifique de Hsinchu, dans le nord de Taïwan. «Tout le personnel est sain et sauf et les personnes évacuées commencent à regagner leur lieu de travail», affirme l’entreprise dans une brève déclaration officielle transmise à L’Usine Nouvelle. Des inspections sont en cours pour évaluer les dégâts et leurs conséquences sur les équipements de production.
Par précaution, TSMC a également suspendu les chantiers de construction de nouvelles usines à Taïwan, le temps de mener les vérifications approfondies de sécurité avant la reprise des travaux, même si «les premières inspections montrent que les chantiers se déroulent normalement», selon la société.
Des usines d'écrans plats aussi touchées
Selon le site d'information Focus Taiwan, deux fondeurs de semi-conducteurs plus petits, UMC et PMSC, ont pris des mesures similaires dans leurs usines au nord de l’île et en sont au stade de l’inspection des équipements et de l’évaluation des dégâts. Le tremblement de terre a aussi affecté des usines d’écrans plats de AU Optronics et Innolux sur le parc scientifique de Hsinchu. Il a également touché les usines de puces mémoires de Micron Technology, Winbond et Nanya Technology. Selon les sites, l'intensité du séisme varie de 5 dans le Nord à 3 dans le Sud sur l'échelle de Richter.
Si le monde entier s’inquiète des répercussions sur l’économie, c’est que Taïwan occupe une place centrale dans l’écosystème mondial de semi-conducteurs. Selon le cabinet Counterpoint, l’île détient 68% du marché mondial de fonderie de puces au quatrième trimestre 2023. À lui tout seul, TSMC truste 61% du pactole. Il fabrique les puces d’acteurs fabless (sans usines) majeurs comme Apple, Nvidia, AMD, Broadcom, Qualcomm ou encore MediaTek. Le cabinet TrendForce se montre toutefois rassurant et entrevoit un impact minime sur la chaine logistique.
Dans une nouvelle déclaration, TSMC affirme que ses usines touchées ont repris la production à plus de 70 % (plus de 80 % pour les toutes nouvelles usines) de leur capacité 10 heures après le tremblement de terre et prévoit un retour à 100 % à la normale au courant de la nuit. Le groupe déplore l'endommagement de certains équipements impactant partiellement la production mais affirme n'avoir subi aucun dommage sur les équipements critiques comme ceux de lithographie EUV fournis par le néerlandais ASML.
Une industrie sensible aux vibrations et aux secousses
La fabrication des semi-conducteurs et des écrans plats est particulièrement sensible aux vibrations et secousses engendrées par les tremblements de terre. C’est pourquoi les dernières usines au Japon et à Taïwan sont conçues pour résister à des séismes atteignant une magnitude 7 sur l’échelle de Richter. Cela n’empêche pas certains équipements de subir des dégâts, sans compter la perte d’une partie de la production en cours.
À Taïwan et au Japon, les industriels sont habitués à gérer des tremblements de terre et des typhons à répétition. Les mesures préventives mises en œuvre garantissent la sécurité du personnel et limitent leurs conséquences sur la production.






