Sur les gaz de schiste, il est faux de dire que nous avons tout essayé. Pour l'instant, nous n'avons même rien fait. Ou plutôt, sous couvert de principe de précaution, on s'est interdit de regarder si oui ou non la France avait un avenir en la matière. Les partisans de cet hydrocarbure non-conventionnel assurent que notre potentiel serait le plus prometteur en Europe. Ses opposants jurent que cette nouvelle ressource défigurerait à jamais nos chers terroirs. La vérité, c'est que nous n'en savons rien. Pour en avoir le coeur net, il faudrait laisser les ingénieristes et les pétroliers entamer leur campagne de prospection... et donc autoriser, à titre expérimental, la technologie de fracturation hydraulique interdite depuis juillet 2011.
Alors que s'ouvre la conférence environnementale, nous avons le devoir de réengager le débat, mais surtout de regarder ce qui se cache sous nos pieds. Pas seulement pour alléger notre facture énergétique qui grève le déficit commercial de la France de 45 milliards d'euros cette année. Mais également pour le redressement de notre pays. Comme le concluait le rapport commandé par le ministère de l'Écologie et publié en février, « il serait dommageable, pour l'économie nationale et pour l'emploi, que notre pays aille jusqu'à s'interdire, sans pour autant préjuger des suites qu'il entend y donner, de disposer d'une évaluation approfondie de la richesse potentielle en gaz de schiste ».
Bien sûr, nous ne pourrons pas exploiter cette ressource comme des cow-boys. Bien sûr, il faudra analyser finement les risques (environnementaux, sismiques, hydriques...) que font courir cet hydrocarbure et son exploitation à nos territoires. Mais il convient aussi de regarder honnêtement les opportunités que nous procurera cette énergie « drill in France ». Aux États-Unis, les gaz de schiste ont déjà contribué à créer plus de 400 000 emplois. Ils ont attiré dans leur sillage des milliards de dollars d'investissement. Ils ont aussi permis de relancer toute une série d'activités industrielles qui avaient été délocalisées en Asie en leur apportant une matière première bon marché. En réalité, en forant notre sous-sol, ce n'est pas seulement du gaz que nous allons extraire. C'est aussi de la croissance, des emplois, des investissements et des usines que nous ferons remonter à la surface. Ça vaut le coup de regarder, non ?





