Les mines du futur seront-elles des champs ? À en croire Genomines, l’idée n’est pas aussi farfelue qu’elle n’en a l’air. La start-up, qui a levé 45 millions d’euros en septembre 2025, a récolté un total de 62 millions d’euros. Parmi ses investisseurs, elle compte des noms prestigieux comme Engine Ventures, le fonds français Lowercarbon Capital, Bpifrance ou le géant sud-coréen de l’automobile Hyundai Motor.
Cette jeune pousse propose de transformer la manière d’extraire du nickel, ce métal stratégique utilisé dans la production d’acier inoxydable et les batteries électriques. Genomines a été créé dans le cadre du programme Entrepreneur First, en 2021, par Fabien Koutchekian, un ingénieur minier, passé par le conseil et la création d’une première start-up dans le médical, et Dali Rashid, une scientifique spécialisée dans les biotechnologies.
L’équivalent d’une mine en 2035
L’idée ? Utiliser des plantes dites hyperaccumulatrices, originaires d’Afrique du Sud et optimisées par la start-up dans son laboratoire des Ulis (Essonne) dont les racines captent le nickel, naturellement présent dans le sol, avant de brûler la biomasse obtenue pour récupérer le métal... Une méthode plus écologique mais aussi plus économique. Elle cible des zones où le nickel est trop faiblement concentré pour faire des mines, mais trop polluées pour l’agriculture.
Avec trois champs pilotes dans le Mpumalanga, en Afrique du Sud, l’entreprise compte une petite trentaine de personnes. Elle doit désormais prouver les performances de son modèle à l’échelle, avant de se déployer en vendant sa solution. Son ambition ? Produire autour de 100 000 tonnes de nickel en 2035. L’équivalent d’une grosse mine. #
Les challengers
• ECONICK Issue des laboratoires de l’Inrae et du CNRS, la start-up a été fondée en 2016, à Nancy. Elle est pionnière dans la phytoextraction pour produire des métaux ou dépolluer les sols. Avec le champion de l’acier inoxydable Aperam, elle a formé la coentreprise Botanickel, en 2023.
• METALPLANT La start-up américaine combine extraction de nickel avec des plantes et... captage de carbone dans l’océan (en dispersant des roches broyées qui améliorent leur pousse tout en attrapant du CO
• ENDOLITH La jeune pousse américaine n’utilise pas des plantes mais des microbes ! Modifiés, ceux-ci s’attaquent à des gisements de cuivre et des résidus d’ordinaire inexploitables, promet la start-up qui a levé 13,5 millions de dollars en novembre.





