AMR/SMR : quel est ce nouveau secteur du nucléaire qui recrute ?

Le volet nucléaire du programme France 2030 prévoit près d'un milliard d'euros d'investissement pour le développement des Small et Advanced Modular Reactors (SMR et AMR), des réacteurs nucléaires innovants de petite taille. Au niveau mondial, plus de 80 projets de ce type ont été recensés. Les premiers modèles devraient être construits dès 2030 et fournir d'ici 2050, 10 % de l'énergie produite par le nucléaire dans le monde selon l'OCDE.

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AMR/SMR : quel est ce nouveau secteur du nucléaire qui recrute ?

Mais pourquoi ces réacteurs innovants suscitent-ils tant d'intérêt de la part des gouvernements et des industriels ? Quelles sont les technologies développées ? Quelles étapes reste-t-il à franchir avant les premières mises en service et le secteur des SMR/AMR offre-t-il des perspectives de carrière intéressantes ? Éléments de réponse avec Julien Jachmich, Directeur du programme SMR/AMR d’Assystem !

Quelle est la différence entre un SMR et un AMR ?

Il n’y a pas encore de définition universelle. Il est aujourd’hui admis que les SMR sont des réacteurs qui se basent principalement sur des technologies déjà existantes, telles que les réacteurs à eau pressurisée (REP) – la même technologie utilisée pour le parc nucléaire en France – ou les réacteurs bouillants (REB). Les SMR ne demandent pas de ruptures technologiques majeures, mais ils apportent quelques innovations : systèmes de sûreté passive, simplification du design, standardisation des phases d’industrialisation…

Les AMR (réacteurs à sels fondus avancés) intègrent ces innovations, mais ils remettent au goût du jour des technologies plus disruptives et portent une attention particulière à l’utilisation de combustibles usagés. On peut citer comme exemples les technologies à neutrons rapides (RNR), les réacteurs rapides refroidis au plomb ou au sodium, les réacteurs à sels fondus dont le combustible se trouve sous forme liquide, ou encore les réacteurs à gaz haute température (RGHT).

Une caractéristique commune des SMR et AMR est qu’on parle de puissance généralement inférieure à 300 MWe. À titre de comparaison, l’EPR de Flamanville délivrera prochainement 1650 MWe.

Que signifie "modularité" dans le contexte des petits réacteurs modulaires (SMR) ou des réacteurs modulaires avancés (AMR) ?

Le terme “modularité” fait référence à une double caractéristique. La première réside dans la capacité à concevoir et construire ces réacteurs sous forme de modules de production distincts et interconnectés : leur installation peut s’envisager de manière progressive sur un même site par adjonction de modules complémentaires. Cela permet d’ajuster la taille et la capacité de production en ajoutant des unités en fonction des besoins croissants de la demande énergétique.

La deuxième caractéristique de la modularité réside dans l’ingénierie de la conception et de la construction du réacteur : l’idée, déjà pratiquée dans d’autres industries, navale ou spatiale par exemple, consiste à préfabriquer et tester en usine des ensembles de composants qui seront ensuite assemblés sur site. Cela ouvre la voie à d’importantes économies d’échelle, à une réduction importante des délais de construction et, dans l’optique d’une rénovation partielle, la possibilité de remplacer plus facilement certaines parties d’un réacteur. Certains concepteurs font même le choix de rendre modulaire le cœur du réacteur lui-même. Cela ouvre toutefois de nouvelles questions quant à la démonstration de sûreté ou les phases de mise en service, pour ne citer que ces deux aspects.

A quels usages sont destinés ces réacteurs de nouvelle génération ?

Si les SMR/AMR n’ont pas vocation à remplacer les réacteurs de large puissance, ils représentent un moyen complémentaire d’accélérer la transition énergétique en décarbonant une partie de la production d’électricité et en permettant la décarbonation d’activités industrielles et tertiaires.

Leur coût d’investissement étant inférieur à celui des réacteurs « traditionnels », ils se présentent comme une alternative pour remplacer des centrales à gaz ou au charbon. Ils permettent une décentralisation progressive de la production et une plus grande proximité avec les consommateurs, sans toujours nécessiter l’adaptation des réseaux électriques existants. Ils peuvent se présenter comme une option crédible pour produire de manière continue de l’électricité bas-carbone dans des régions reculées.

Certains de ces petits réacteurs combinent production électrique et fourniture d’énergie thermique, ce qui élargit considérablement les champs d’application. Ils sont envisagés pour alimenter des industries chimiques, et même des aciéries ou des cimenteries pour ceux opérant à de plus hautes températures. On envisage également de les utiliser pour fournir la chaleur utile aux réseaux de chauffage urbain, d’alimenter des unités de production d’hydrogène ou encore des usines de dessalement d’eau de mer.

Quels défis reste-t-il à surmonter avant de voir les premier SMR/AMR construits ?

En Europe, la plupart des projets de SMR/AMR en sont encore à des phases de conception. Les niveaux de maturité technique varient selon la technologie choisie et la démonstration de leur faisabilité et de leur sûreté demeure prioritaire. Les phases de qualification expérimentale des composants ou des matériaux sont également cruciales pour leur validation.

Dans la même lignée, la qualification et la fabrication des combustibles relèvent encore, dans certains cas, de démarches de recherche et nécessiteront des expérimentations poussées. De plus, la conception des lignes de production de combustible doit être menée de front avec celle des réacteurs.

La question de la réglementation revêt également une importance capitale. Les régulateurs nationaux et internationaux doivent continuer leurs efforts pour adapter et harmoniser leurs méthodes et processus de certification afin de faciliter l'accès au marché international. C'est l'une des conditions clés de la réussite économique de ces projets.

Enfin, les projets devront franchir l'étape de l'industrialisation. Cela nécessitera la mise en service d'un démonstrateur (FOAK - First of a Kind). Ensuite, viendra la production en série, qui demande de mettre en place une réelle supply chain, de maitriser la production sous forme de module etc.

Comment Assystem accompagne-t-il les projets de SMR/AMR ?

Assystem est né en 1966 pour accompagner la mise en service du parc nucléaire français. Le groupe a ainsi développé une solide expertise dans l'ensemble du cycle de vie des installations nucléaires, de l'ingénierie de conception au démantèlement en passant par le management de la construction.

Nous combinons des services d'ingénierie, digitaux et de management de projet à la fois pour les phases de développement des SMR/AMR et pour accélérer leur industrialisation et leur construction. Nous intervenons d’ailleurs dès les premières phases des projets, en accompagnant par exemple la caractérisation et la sélection du site, ou encore les premières phases de licensing.

Nos services s'adressent aux fournisseurs de technologies, aux utilisateurs finaux et aux gouvernements, tant pour les réacteurs que pour le cycle du combustible.

Quelles sont les opportunités de carrière dans le domaine des SMR/AMR chez Assystem ?

Elles sont multiples ! Nous sommes à un moment clé où beaucoup reste à faire et à imaginer pour que les SMR/AMR deviennent une réalité industrielle. Il y a ainsi de réelles perspectives d'évolution, que ce soit en termes de compétences ou de responsabilités chez Assystem. Nous rejoindre, c’est aussi la possibilité de travailler sur différentes technologies, comme celles de Blue Capsule, NAAREA, newcleo, NUWARD ou encore Thorizon.

On recrute des ingénieurs système, mécanique, piping, HVAC, contrôle commande, structure, sûreté… Et comme le succès de ces projets passe également par la digitalisation et la maîtrise des performances industrielles, on recherche aussi des ingénieurs méthodes et outils (PLM, BIM, MBSE...) ou des data scientists qui sont indispensables pour relever ce défi.

Il y a de la place pour tout le monde pour nous accompagner sur ces projets ambitieux et innovants, que vous soyez issus du secteur nucléaire ou non : on vous offre l’opportunité de vous former et de valoriser vos compétences !

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