Opération bouclée ! Il aura fallu quinze mois à Thales pour finaliser l’acquisition de Gemalto, comme le groupe l’a fait savoir mardi 2 avril lors d’une conférence de presse organisée à la Digital Factory de Thales, à Paris. C’est un bond de croissance historique pour le groupe d’électronique et de défense : le chiffre d’affaires de Thales s’élève à 19 milliards d’euros, contre 15,8 milliards d’euros en 2018, et il emploie désormais 80 000 personnes, soit 16 000 salariés supplémentaires.
Et avec uneforce de frappe prometteuse qui fait de Thales un groupe de tech de premier ordre comme il en existe peu en France et en Europe : le montant de la R&D autofinancée atteint le seuil du milliard d’euros par an, de quoi faire le régal des 3000 chercheurs et des 28 000 ingénieurs.A titre de comparaison, elle s’élevait à 879 millions d’euros en 2018. Quant aux synergies attendues, elles sont toujours estimées entre 100 à 150 millions d’euros par an jusqu’en 2022, comme le groupe l’avait déjà annoncé.
Au-delà des chiffres, Thales revendique avec l’achat du fabricant de cartes à puces le titre de leader mondial en identité et sécurité numérique et créé au passage une activité du même nom intégrant également Guavus. "Elle englobe l’ensemble des technologies qui permettent de contrôler les chaînes de décisions critiques des entreprises et des Etats", précise Patrice Caine, le PDG de Thales. Des solutions liées à la biométrie, la protection des données ou bien encore la cybersécurité et qui seront appliquées dans des secteurs tels que l’aéronautique, l’espace, les transports terrestres, la défense et la sécurité.
Optimiser les flux passagers

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Conscient de la nécessité d’expliciter des cas d’usages concrets derrière des concepts touchant au monde numérique, le groupe s’est livré à l’issue de la conférence de presse à un louable exercice de pédagogie. De quoi faire comprendre que Thales s’immiscera, discrètement, de plus en plus dans le quotidien de tout un chacun. Banques, aéroports, télécoms, administrations, opérateurs de services…. Si Thales ne s’adresse pas directement aux particuliers, il deviendra avec Gemalto un médiateur incontournable, à la faveur de la digitalisation de l’économie. D’un côté Thales bénéficie d’une solide expertise dans les capteurs et l’analyse des données, de l’autre, Gemalto possède un savoir-faire dans la sécurisation de données.
Un exemple ? Tout à la fois pour absorber l’afflux de voyageurs – qui doit croître de 4 milliards aujourd’hui à 16 milliards en 2015 – et maximiser les achats en boutique, les aéroports cherchent à fluidifier le parcours des passagers. Répartition des rôles pour Thales et Gemalto : au premier en tant qu’intégrateur systèmes d’assurer la sécurité globale de l’aéroport (caméras, analyse de données…), au second d’optimiser les contrôles d’accès (reconnaissance faciale, biométrie…) pour y réduire les temps de passages. Une offre globale transposable à l’échelle des villes, de certains sites critiques et d’événements de grande ampleur.
Le juteux marché de l'internet des objets
Autre complémentarité d’usage sur laquelle mise Thales : assurer la sécurité d’un espace aérien qui va voir surgir de plus en plus de drones. Pour contrôler ce nouveau trafic d’aéronefs, qui devrait véritablement décoller vers 2025, Thales s’appuiera sur ses compétences dans le domaine de la gestion de trafic et fera interagir celles issues de Gemalto, liées à la connectivité entre les drones et les pilotes ainsi qu’à l’identification de ces drones.
Quant à l’internet des objets, c’est l’un des autres segments du numérique que Thales compte investir en raison des astronomiques besoins en sécurisation. En 2021, pas moins de 21 milliards d’objets devraient être connectés, contre 8 milliards en 2017, glisse un expert pendant la présentation. Et le groupe lorgne en particulier dans ce domaine du côté des transports terrestres (maintenance prédictive, gestion des actifs, géolocalisation des wagons…) et du spatial (collecte des données, analyse d’images…).





