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L'Usine Aéro

Des drones aux voitures autonomes, comment Thales et Gemalto comptent s’imposer dans la cybersécurité

Olivier James , , , ,

Publié le

Thales compte boucler l’acquisition de Gemalto d’ici le second semestre 2018. Les deux groupes vont faire jouer leurs complémentarités pour devenir le numéro deux mondial de la cybersécurité.

Des drones aux voitures autonomes, comment Thales et Gemalto comptent s’imposer dans la cybersécurité
Avec l'acquisition de Gemalto, Thales sera notamment en mesure d'améliorer la sécurisation des données des centres de contrôle.
© Thales

Annoncée le 17 décembre 2017, l’acquisition de Gemalto par Thales devrait être finalisée d’ici le second semestre de cette année. C’est l’objectif affiché vendredi 12 janvier par le groupe d’électronique spécialisé dans l’aérospatial et la défense, qui au nez et à la barbe d’Atos s’est emparé de Gemalto dans une opération qui valorise l’entreprise à 4,8 milliards d’euros. Maintenant que l’acquisition est sur les rails, la constitution du nouveau numéro deux mondial revendiqué de la cybersécurité – avec un chiffre d’affaires qui aurait pesé dans ce segment 4,2 milliards de dollars en 2016 – nécessite pour Thales et Gemalto de jouer à plein la carte de la complémentarité dans un marché estimé à 90 milliards de dollars.

Thales cherche à couvrir toute la chaîne de valeur de la sécurité numérique des objets connectés industriels. Voitures autonomes et connectées, drones, navires militaires, avions… "Avec la numérisation de l’économie et de l’industrie, les besoins d’authentification et de sécurisation seront de plus en plus importants", explique Philippe Vallée, le directeur général de Gemalto. Après les acquisitions successives de Sysgo (systèmes d’exploitation sécurisés), Live TV (connectivité pour l’aviation), Vormetric (solutions de protection des données) et plus récemment Guavus (analyse de données massives), Thales acquiert avec Gemalto des savoir-faire qui lui faisaient jusque-là défaut en matière de sécurité numérique.

Un sésame digital dans les aéroports

"Alors que Thales bénéficie d’une solide expertise dans les capteurs et l’analyse des données, Gemalto apporte ses forces dans la sécurisation des objets connectés, qui comprend la vérification d’identité des objets et l’extraction des données sécurisées", précise Philippe Keryer, directeur de la stratégie de Thales. Au vu de cette stratégie d’intégration, pourquoi n’avoir pas procédé au rachat de Morpho, l’ex filiale sécurité de Sfarn, désormais dans le giron d’Oberthur ? "Nous nous sommes intéressés à Morpho, mais leurs solutions biométriques sont davantage tournées vers la police scientifique et l’investigation alors que celles de Gemalto sont plutôt axées sur des applications dans la sécurité des aéroports et les contrôles d’identité", répond Philippe Keryer.

Des propos confirmés chez Gemalto. "Nous comptons bénéficier des canaux de commerciaux de Thales pour accélérer notre développement dans certains marchés, comme celui des aéroports par exemple, indique Philippe Vallée. Nous avons développé une carte d’embarquement qui pourrait devenir un sésame digital, pour fluidifier le passage dans les points de contrôle et effectuer des paiements". L’enjeu pour le groupe : mettre au point des combinaisons physiques et logicielles les plus performantes possibles.

De la carte SIM à l'eSIM

Car si le marché de la carte SIM physique, activité historique de Gemalto, est aujourd’hui en déclin – comme en témoigne la mauvaise passe que connaît le groupe contraint de supprimer des postes –, les nouvelles solutions de sécurisation sont promises à un bel avenir, à l‘instar de l’eSim, une puce SIM directement soudée à une carte-mère. "La valeur ajoutée de la carte SIM n’est pas dans le composant physique mais dans le logiciel de sécurisation, qui sera de plus en plus intégré aux processeurs", détaille Philippe Keryer.

Alors que la carte SIM – activité historique de Gemalto –, ne représente plus que 17% du chiffre d’affaires, le groupe est de plus en plus tourné vers les solutions numériques. "Nous visons également l’authentification à distance dans le domaine bancaire, application dans laquelle l’intelligence artificielle permettra d’authentifier un client sans lui demander ses mots de passe", tient à préciser Philippe Vallée.

Deux français sur le podium

Fort de l’acquisition de Gemalto, Thales compte jouer un rôle de premier plan dans le segment de la sécurité numérique – un sous-ensemble de la cybersécurité – incluant l’identification, les objets connectés et la sécurisation des données, soit un sous marché de 26 milliards de dollars tout de même. Thales se situe juste derrière le spécialiste américain des antivirus, Symantec, mais devant Idema, groupe constitué du rapprochement entre le français Oberthur et Morpho, l’ex-filiale sécurité de Safran. Autrement dit, on trouve sur le podium mondial deux champions français.

Si les américains ont gagné la bataille numérique côté logiciels et réseaux sociaux et les allemands pour tout ce qui touche à l’industrie 4.0, la France semble bien positionnée pour s’imposer dans le domaine de la sécurité digitale. Avec pour corollaire un nécessaire investissement massif – public et privé – dans l’intelligence artificielle, rouage essentiel de la sécurité. C’est d’ailleurs l’une des batailles menée par Patrice Caine, le patron de Thales, qui appelle les pouvoirs publics à mettre en place un fonds dédié.

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